08.05.2008

CARMEN N'EST PAS A LA FÊTE

Pas drôle, le mois de mai pour Carmen. Tous ces jours fériés ! Le 1er mai, le 8 mai, la Pentecôte.
Et en plus ces 2 ponts. Le jeudi, c'est pas grave, on ne travaille pas beaucoup dans les écoles de Carmen. Le jeudi après-midi, les étudiants font du sport. Alors, elle a juste une heure. Vous vous rendez compte une heure. Se déplacer pour une heure, au prix de l'essence. Mais le vendredi, elle a quatre heures de cours. Le 2 mai et le 9 mai, ça lui fait 8 heures en moins. Plus lundi ... Carmen est payée à l'heure, alors son salaire de mai....Et en juin, les examens. Et après le 15 juin, plus rien. Elle ne l'avait imaginée pas comme ça, sa vie, Carmen, quand elle a décidé de rester à Brest. Vous vous souvenez ? Elle a passé un an ici dans le cadre des échanges Erasmus. Puis, elle est restée. Pour Bruno, évidemment. Elle se disait qu'aves toutes les écoles supérieurs à Brest, elle pourrait trouver du travail. C'est un vrai prof d'espagnol, vous savez, avec diplôme, stage. Elle a cherché : ANPE, petites annonces, rien. Ses premières vacations, elle les a eues grâce à une copine. Après, on lui a proposé des interventions dans d'autres grandes écoles de Brest. Toujours par relation. On lui a donné des heures. Bruno bondit quand il entend ça, 'donner des heures'. « Le travail, c'est pas un cadeau. On ne dit pas merci au patron, quand même ! » Les vacataires disent comme cela : « X m'a donné 6 heures. » X (h/f), c'est le/la responsable du département langue. En mai et juin, il vaut bien s'entendre avec lui/elle, parce que c'est lui/ elle qui peut décider si vous avez du boulot ou pas. On se rappelle à lui ou à elle discrètement, on lui demande des nouvelles des enfants d'un air intéressé. « Ta voiture est en panne, tu veux un lift ? Pas de problème. » On assure les remplacements au pied levé avec le sourire. « J'avais prévu d'aller au cinéma, mais si ça peut t'aider, je peux le faire. » Il n'y a pas de véritable évaluation du travail de vacataire. Tout est dans le ressenti. Il faut juste avoir le 'look' du vacataire qui assure. Le sourire et ne pas faire d'histoire. Carmen a compris tout ça. En juin, c'est important. Il faut poser la bonne question : « Tu auras des heures pour moi, l'année prochaine? Je t'appelle début septembre, c'est ça ? J'aimerais travailler plus, tu sais » En juin, il faut aussi se renseigner auprès des autres vacataires. Ce sont eux qui savent s'il y a des 'heures à donner' dans l'une ou l'autre école. Alors il vaut mieux bien s'entendre avec ses collègues, pas trop râler, pas piquer le boulot des copains, pas crâner avec de nouvelles méthodes et des idées géniales. Les collègues aussi peuvent te griller. Une petite remarque bien sentie auprès du responsable, et toi, tu quittes le vivier. Sans savoir qui t'a enfoncé ce poignard dans le dos. L'idéal du vacataire, au fond, c'est carpette et gris muraille. Carmen sait tout cela. C'est pour ça qu'à cette saison, elle n'est pas à la fête. Sympa Carmen, hein? Vous (f/h), avec tous ces jours de congés, peut-être que vous avez le temps, alors allez faire un tour dans les archives et lire ses aventures, qui paraissent sur ce blog depuis octobre 2007. Il y a le blues des vacataire, une incursion au pays des jouets, une histoire de SMS, le prix des nouilles... Entre deux épisodes, les syndicats font leur pub aussi. (On parlera des syndicats une autre fois, si vous le voulez bien.) Il est sympa le blog du Télégramme, bien aéré, bien présenté. Et en plus, vous n'êtes n'es pas agressé par la pub. Et tout cela gratuitement. Mieux que Le Monde et Libération. Et en plus, ils m'ont mis en blog du jour. Carpette, moi ? Ben, j'ai été vacataire, moi aussi, c'est vrai. Et si vous voulez savoir, comment ça s'est terminé, allez lire 'Virée'.
(Archives d'octobre)

27.04.2008

Carmen n'a plus rien à se mettre

Carmen – si vous êtes un habitué(h/f) de ce blog, vous connaissez mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire dans les Grandes Ecoles de Brest et région. Dans le cas contraire, pas de problème, rattrapage (gratuit) en ligne. Et si vous voulez vraiment tout savoir et tout comprendre, lisez les archives jusqu'en octobre 2007. Moi, j 'étais chez elle cet après-midi. J'ai tout de suite vu qu'elle avait un problème : elle allait de la chambre au salon (vous vous souvenez, il est petit, son appart), retournait dans la chambre, ouvrait la porte de sa penderie, prenait un vêtement, le regardait en soupirant, le roulait en boule et l'envoyait avec rage dans un coin de la pièce, où il y avait déjà un joli petit tas. Bon, vous aurez compris, Carmen n'a plus rien à se mettre.
« Une petite robe, ce serait mieux quand même, non? Mais, il me faudrait des chaussures. Pour les sandales, il fait peut-être encore froid. Et puis, t'as vu, sur ma robe, il y a une tache. Des jeans, tu dis. Un T-shirt et et un pull, au cas où ... En plus, Bruno ne veut pas venir à cette soirée. Pourquoi? Il dit qu'il n'aime pas les cumulards, qu'il va la jeter dans la piscine. Oui, il y a une piscine ... une petite pour les enfants. T'as raison, une piscine à Brest ... Si, moi je vais y aller, je l'aime bien, cette fille. Elle s'appelle Anne, d'ailleurs. On boit souvent un café ensemble le vendredi soir. C'est le seul jour où elle a un peu de temps. Sinon, elle est toujours pressée. On n'est pas nombreux à cette heure-là, 18 heures. Presque tous les permanents sont partis. C'est un horaire de vacataire, on dit comme ça, ici. C'est un peu sinistre quand on finit à 7 heures et demie ou 8 heures. D'un autre côté, on est tranquilles pour discuter un peu avant le cours. Elle travaille dans un collège, elle est titulaire et ça fait au moins 15 ans qu'elle fait des vacations à l'ENTA. C'est pour ça que Bruno dit que c'est une cumularde, mais elle est sympa. Les vacations ici et là, elle dit que c'est pour les vacances des enfants, la neige et tout. C'est cher les enfants, on dirait. Alors, c'est clair qu'elle galère un peu - jongler avec tous les emplois du temps - elle arrive pile à l'heure ou un peu après. Dans deux grandes écoles qu'elle va pour faire des heures sup. Bruno dit que c'est scandaleux, évidemment. Il est comme ça, Bruno. Mais, avant, des profs qui faisaient des heures sup, il y avait encore beaucoup plus. Mais maintenant qu'il dit, il y a plein de profs au chômage, alors voir des gens qui cumulent, ça l'énerve un peu, Bruno. D'un autre côté, je lui ai expliqué, que pour travailler dans la plupart des Grandes Ecoles publiques, il faut un employeur principal. Eux, pas de problème. Et il paraît que les profs du secondaire, comme ils travaillent déjà pour l'Etat, ils sont moins chers que nous, les vacataires. On ne doit pas payer toutes les charges. Je ne voudrais pas être méchante, mais, Anne, si on la payait vraiment pour ce qu'elle fait, avec ou sans charge, elle coûterait pas cher à l'Etat ... Je te balance une cassette vidéo. Merci Almodovar ! Ou un petit exercice de conjugaison. Merci la photocopieuse ! De temps en temps, quand elle est vraiment trop à la bourre, je lui file un cours. C'est normal, elle a pas le temps de préparer ses cours. Je vais quand même y aller à cette fête. C'est la crémaillère de sa nouvelle maison, avec (petite) piscine. Sûrement qu'il va y avoir un tas de profs. Au fond, c'est mieux que Bruno ne vienne pas, lui qui n'aime pas trop les profs. Faut pas exagérer, ils sont pas tous cumulards. Et puis, elle est sympa Anne. Et quand elle part en vacances, ou qu'elle a vraiment trop de boulot, c'est à toujours à moi qu'elle demande de la remplacer. C'est sympa de sa part, ça me fait des heures en plus. En ce moment, comme tout est cher... Bon, je mets un jeans et un pull. Mais tu sais, toi, de quoi ils causent les profs ? Ils parlent de politique, de boulot, de leurs élèves? T'aurais pas envie de venir?»
Non, j'ai rien à me mettre ! Tu me raconteras.

08.04.2008

ON EMBAUCHE !!!!

Chers visiteurs (f/h), bienvenue sur ce blog. J'allais vous parler, une fois de plus, de mon amie Carmen. Carmen, vous savez, mon amie vacataire. Souriante et sympa. Là, j'étais en train de rêver devant mon écran blanc - vous n'imaginez pas comme c'est dur d'écrire pour des lecteurs anonymes – et voilà on sonne à la porte. C'était elle, justement, Carmen.
- »Vakater, me dit-elle, j'ai pensé à toi. »
Entre nous, cela ne m'étonne pas, Carmen pense toujours aux autres. Si la discipline « empathie » était représentée aux Jeux Olympiques, elle raflerait plein de médailles, juste un peu moins que le Dalaï Lama, quand même.
« Regarde. Il y a une offre à l'ENTA . Ils veulent embaucher un prof de français langue étrangère. C'est le boulot que tu faisais avant de te faire virer, non? Tu dois postuler...
-Hein, mais Carmen... Ils m'ont virée justement parce que je demandais un poste, ou du moins un contrat de travail. Faut dire, comme ils étaient réticents, j'ai déposé ma demande au tribunal administratif. C'est pas une bonne base pour des relations amicales. Et puis, ils ont eu peur que je fasse école, que j'organise une rébellion des vacataires. Rien à craindre pourtant, les vacataires, c'est pas le genre à prendre d''assaut le Palais d'Hiver tous les matins. Enfin, résultat, virée...
- C'était une mesure disciplinaire. Et alors ... Tu as fait le boulot pour lequel ils veulent embaucher quelqu'un. Tu dois écrire, toi aussi. Evidemment, ils disent qu'ils souhaitent un doctorat. Souhaiter, c'est pas exiger... D'ailleurs, t'as vu, ils mettent même pas en quoi il faut avoir écrit une thèse. Justement, mon dentiste me disait qu'il en a marre, je vais lui dire ...
-Beaucoup de boulot, quand même, des cours, du travail administratif, recherche ...
-Je pars, je dois voir Bruno. Ecris ta lettre, toi ...
- Mais, Carmen, je n'ai aucune chance...
-Si tu n'écris pas, c'est clair. Et en plus, ils diront qu'au fond, tu n'étais pas intéressée par le poste, que tu n'avais pas envie de faire de la recherche. Tu te rends compte, ils veulent embaucher quelqu'un de l'extérieur alors que des vacataires font ce boulot d'enseignement du FLE depuis des années. C'est scandaleux, non? »
Carmen est rentrée chez elle. Moi, j'étais convaincue. Au lieu d'écrire une nouvelle note pour ce blog, j'ai répondu à l'annonce de l'ENTA ( l'ENTA est dans notre 'second life' du blog une grande école nationale où on s'occupe principalement des nouvelles technologies de la communication. Motus, j'ai pas dit ....). J'ai parlé de mes qualifications, de mes connaissances, de mes savoir-faire et savoir-être qui avaient été évalués plus d'une fois. J'ai parlé d'un projet de recherche super intéressant ... Mais honnêtement, je crois que j'ai peu de chances. Parce que, s'ils m'ont virée, c'est pour ne plus me voir. Mais vous, peut-être que ça vous intéresse. N'hésitez pas à répondre. Pour les lecteurs (f/h) de ce blog qui habitent dans d'autres régions, sachez que Brest est une ville fabuleuse. Bon, je vous donne le lien.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_04TB_1023.html

N'hésitez pas à répondre à cette annonce. Et puis, j'avais oublié. Ils cherchent aussi une perle rare pour enseigner l'anglais. Je veux dire, quelqu'un de vraiment bien, pas comme tous ces professeurs d'anglais vacataires qui travaillent dans cette école depuis des années. Tous des incapables, en fait. Je me demande pourquoi on leur donne des heures de cours, année après année. Ils n'ont pas de contrat, on pourrait les virer facilement. J'en connais un qui travaille là depuis 17 ans. Il ne sera pas embauché. Il continuera probablement à enseigner comme vacataire. Mais, vous ... Bonne chance.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_03TB_1021.html

Et le pire, vous savez ce que c'est, s'ils trouvent leurs super profs géniaux grâce à mon blog, qui a une sacré diffusion maintenant, ils ne penseront même pas à me dire merci.

16.03.2008

Trouvé sur le net ...

http://www.lcpan.fr/rattrapage_dossier_urgent.asp?tc=du_120308_lien2&#

où on parle de "dérive des vacataires"
Emission concernant les vacataires de l'Education Nationale ... Couper, coller et c'est parti ...

Bon dimanche ...

Une petite note des syndicats (toujours du privé bien sûr) reçue hier. Ils nous indiquent un site pour s"informer (destinés aux salariés du privé). Voir le lien indiqué dans le message figurant ci-dessous. Du côté des syndicats du secteur public, je n'ai reçu aucune réponse à a question : " Les profs de langues ont-ils des droits ?". Que conclure ?

"Je suis à la fois content de voir ce genre d'article qui appelle à la mobilisation et aussi chagrin de voir que notre site n'est pas cité...Sniiiiiiifff! :D [mode chouineur=off] Donc, pour ceux et celles qui souhaitent s'informer de leurs droits ou tenter de comprendre ce que signifie cette @#! de convention collective des organismes de formation, je vous invite à venir faire un tour du coté de http://synaforidf.googlepages.com/home Oui, c'est un site syndical, mais on ne mord pas! Promis juré! ......

15.03.2008

Carmen a (encore) un problème

Bonjour,
Pour en savoir plus si les origines de ce blog (encore une sombre histoire de vacataire mal luné) et les aventures de Carmen, allez faire un tour dans les archives. Vous saurez tout ou presque sur 'Carmen et le prix des nouilles', 'Carmen au pays des jouets' ... Appel aux commentaires du service public brestois ...

On ne parle plus que de ça, l’augmentation du coût de la vie. Dans l’immeuble de Carmen, ça râle à tous les étages. Employées, étudiantes, ouvriers, retraités et pères de familles ( choisissez vous-même le genre grammatical qui vous convient). Travailler pour gagner plus. Justement, on lui propose de travailler plus à Carmen. N’oubliez qu’elle est prof d’espagnol vacataire et qu’elle a perdu des heures après Noël. Avec le prix des nouilles et de l’essence… Et voilà que, jeudi, le chef de département de l’ENTA fait venir Carmen dans son bureau.
« Tu voudrais plus d’heures, non ? »
Il lui explique que B. - le chef de département d’une autre grande école publique de la région brestoise qu’il connaît bien (évidemment, ils se connaissent tous) – lui a fait part de ses besoins : un ou une vacataire qui assure 4 heures d’espagnol/semaine. Peut-être plus pour l’année prochaine. Mais pas sûr. Le problème, c’est que ce ou cette vacataire doit avoir un employeur principal. Un employeur principal, c’est super. Vous êtes sûr comme ça que votre vacataire ne va pas venir un jour vous embêter en brandissant le code du travail et en réclamant un contrat. Imaginez la pagaille : tous les vacataires qui protestent… Imaginez cette cacophonie. Tous les vacataires au Tribunal administratif . « Je travaille 6 heures/semaine depuis 10 ans, 8 heures depuis 4 ans…J’ai droit à … ». D’où l’utilité de l’employeur principal. Ouf… Heureusement qu’il est là. De toute façon, les directives sont strictes. On ne transige pas. Et puis des professeurs avec un employeur principal, on en trouve évidemment qui n’ont rien contre le cumul, une pratique pourtant réprouvée par les instances officielles de leurs syndicats. Un peu plus de beurre dans les épinards, ça ne se refuse pas, surtout avec le petit qui est à la fac et le prix des vacances à la neige. Mais cette fois, B. a beaucoup de mal, pas de cumulard pour les cours de lundi 18 heures, mardi 12 heures, mercredi 8 heures. Aucun professeur en poste n’est prêt à assurer cet emploi du temps. Comme un problème dans son vivier.
« Je sais, Carmen, tu n’as pas d’employeur principal. Mais, tu es intelligente, tu as envie de travailler. Tu pourrais t’inscrire en libéral comme Alison, la prof d’anglais. Pour elle, ça roule… C’est vrai, il y a moins de travail en espagnol. Mais réfléchis, si tu veux ces heures, tu t’inscris à l’URSSAF. D’ailleurs, c’est pareil pour la professeur d’allemand. Si elle choisit pas le statut libéral, on ne pourra pas la garder. Dommage, ça fait 7 ans qu’elle travaille ici. Mais les directives sont claires.»
Vous imaginez bien que Carmen réfléchit. Travailler plus à condition de choisir le statut libéral. C’est cornélien…
Faire des factures comme le garagiste et le plombier. Tenir une comptabilité. Se joindre à l’équipe des geignards : « Mes charges … » . Comme toutes les écoles n’accepteraient pas de la payer à la facture. Elle cotiserait donc à deux caisses de sécurité sociale. Et la retraite en libéral, ce n’est pas brillant. Tout le monde sait ça. Et l’Urssaf . L’Urssaf, le grand méchant loup dans le recueil des contes d’entreprises. Carmen sait tout cela et elle a un peu peur. Et Bruno, qui n’est pas d’accord.
« Enseigner, c’est la fonction d’une école. Non ? C’est un établissement public. Carmen, ton travail relève du service public. T’inscrire en libéral pour exécuter un travail qui relève du service public, c’est le délire.»
Ce qui dérange Carmen, c’est qu’en plus, elle ne cotisera pas au chômage. Travailler 10 , 15 ou 20 ans et n’avoir droit à rien… Et puis, le bébé, Carmen en rêve toujours. Et les congés de maternité en libéral, ce n’est pas génial. Réfléchis bien Carmen…

Je pense qu'on va la laisser réfléchir tout le week-end. Que va-t-elle faire ? Le suspens risque d’être insoutenable pour vous, je m’en doute. Pour vous détendre, allez faire un tour, peut-être dimanche dans votre bureau de vote… Bon samedi et à bientôt...

07.03.2008

Bienvenue sur ce blog

Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.

05.03.2008

Carmen et les EVS

Carmen a une bonne copine qui travaille dans une école primaire de Brest et fait plein de choses indispensables. Des choses prévues dans son contrat ... et d'autres pas. Donc, on n'en parle pas ici... C'est un contrat EVS, un contrat aidé. Vous connaissez? La copine de Carmen est contente d'avoir ce boulot, parce qu'à son âge... Evidemment, elle ne touche pas un gros salaire. Ce n'est pas comme si elle avait un poste de secrétaire. Je dis secrétaire, parce que c'est un peu le travail qu'elle fait. La directrice lui a dit : "Écoute, l'année prochaine ... Je ne pense pas que ton contrat..." La copine de Carmen, furieuse, a écrit une lettre au président Sarkozy, spécifiant qu'elle voulait travailler, qu'elle aimait ce travail. Voici donc la réponse qu'elle a reçue :


La réponse du Président aux EVS

Nous publions ci-dessous la réponse que reçoivent les EVS sous CAV inquiets pour leur avenir, qui écrivent au Président Sarkozy.

M ,

Vous avez appelé l’attention du Président de la République, qui a transmis votre message à M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale, sur l’arrivée à échéance de votre contrat d’avenir (CAV) ayant permis de vous recruter en qualité d’emploi vie scolaire dans les services de l’éducation nationale.

Les recrutements d’emplois vie scolaire par contrats aidés répondent à un double objectif : satisfaire certains besoins jusque là non couverts dans les établissements scolaires et constituer une première étape d’un parcours d’accès ou de retour à l’emploi. Ce dernier objectif explique que votre contrat ait eu une durée limitée, sans possibilité de renouvellement.

Néanmoins, un entretien individuel de diagnostic doit vous être proposé à son échéance par l’ANPE. Cet entretien permet d’examiner les possibilités qui s’offrent à vous en matière d’emploi. Si aucun entretien ne vous a été proposé, je vous invite à contacter un conseiller dans l’agence la plus proche de chez vous. La liste et les coordonnées des agences ANPE figurent sur leur site Internet (www.anpe.fr).

En outre, le ministère de l’Education nationale aide ses anciens agents à trouver un emploi dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, à la fin de votre contrat, vous recevrez une attestation de compétence sur laquelle figureront les activités et compétences que vous avez développées durant votre recrutement. Grâce à cette attestation, vous pourrez notamment accéder aux dispositifs de validation des acquis de l’expérience qui peuvent vous permettre d’obtenir un diplôme en fonction des activités et compétences développées.

Concrètement, vous pouvez vous présenter auprès des services responsables du dispositif académique de validation des acquis (DAVA) de votre rectorat. Vous trouverez la liste et les coordonnées des rectorats sur le site Internet du ministère de l’Education nationale (www.education.gouv.fr).

L’obtention éventuelle d’un diplôme grâce à ces dispositifs, ainsi que l’expérience acquise durant votre recrutement par contrat aidé, pourront ainsi faciliter vos démarches en vue d’accéder à un nouvel emploi.

Je vous prie de croire, M , en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
La réponse du Président aux EVS
mardi 19 février 2008, par *, AC ! 54. Voir leur site. http://exil.ac.eu.org/spip.php?rubrique16


La copine de Carmen est un peu triste. Elle a été embauchée parce qu'elle ne trouvait pas de travail ailleurs. "Trop vieille...", luis disait-on. Et maintenant.

25.02.2008

Appel à projet d'écriture ...

Chère lectrice, cher lecteur,

Il y a quelques mois, Carmen nous a chanté le blues des vacataires, dont vous trouverez les paroles ci-dessous.
J'avoue que je ne suis pas très satisfaite de ce texte, écrit un peu vite. Vous pourriez pas nous aider un peu, ajouter, compléter...

Figurez-vous que Bruno a trouvé des copains qui sont prêts à le chanter en public...
Donc on attend vos propositions. Merci

« Après les angoisses du début d’année
T’as travaillé trois mois, toujours pas payée
Et les heures supprimées, pas rémunérées

T’auras pas de contrat, c’est l’Etat
N’attends pas le syndicat, il est pas là
Gare à toi, sois toujours sympa

C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire
Si ça te plaît pas, tu peux rentrer chez ta mère
Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire » ;


Le refrain, si je me souviens bien, était plutôt simple :

Tu ne peux rien changer
Si tu protestes, tu te fais virer
Des bottes, tu devras lécher
Surtout, ne te fais pas détester

20.02.2008

CARMEN AU PAYS DES JOUETS

C’était un matin comme les autres. J’ai mis ma ceinture. Je me suis arrêtée au feu qui était rouge. J’ai respecté les limitations de vitesse et je me suis garée sur le parking d’un hyper. Comme d’habitude, j’ai poussé mon caddie tout droit, sans tourner la tête ni à droite ni à gauche. J’ai évité le rayon des magazines, j’ai ignoré les vêtements, chaussures, housses de couette, jouets… Mais là, …
- Qu’est-ce que tu fais là, Carmen ?
Carmen au rayon des playmobils ! Je croyais que Bruno avait dit que … Pas question avant qu’elle ait un boulot fixe. Et puis, les playmobils, c’est pas pour les bébés. Pas avant 36 mois…
- Je cherche du matériel pédagogique…
- Hein ?
- Tu vois, c’est formidable. Pour des petits de 8 ans. Tu viens dans une classe avec tes figurines et tu as tous les objets de la vie quotidienne. Tu leur apprends le nom des objets en les montrant, le nom des couleurs… Ensuite, tu inventes avec eux des dialogues. Ils créent des histoires et les font vivre aux personnages de playmobil. Tu vas dire, c’est cher… D’accord, mais il y a un copain de Bruno qui va m’en faire en bois, et je les peindrai. Super, hein ? Et puis, j’ai demandé à ma sœur de m’envoyer des CD de musique de chansons pour enfants en espagnol et des dessins animés… Des films sympa. Je vais développer une méthode géniale, apprendre l’espagnol aux petits en stimulant la créativité. Les enfants apprennent tellement vite. C’est important, les langues, non ? Et puis avec toutes mes observations, j’écrirai une thèse. Pas une thèse qui reste dans les rayons parce qu ‘elle n’intéresse personne. Un vrai travail de terrain avec des conseils pour l’enseignement des langues aux enfants. On pourrait ensuite fabriquer du matériel pour les autres langues sur la base de ce travail. C’est passionnant, l’apprentissage des langues aux petits. J’ai lu deux ou trois bouquins sur des expériences en Catalogne.
- Mais, Carmen…
- C’est vrai, je n’ai jamais travaillé avec les enfants. Mais je les aime. Et puis, tu sais bien que j’en ai marre des vacations. Alors, j’aimerais avoir un poste dans l’enseignement primaire. Et je voudrais devenir une vraie pro, faire une vraie carrière…
- C’est pas possible, Carmen !
- Tu sais, je vais m’inscrire à la formation du CNED …
- C’est pas ça, Carmen. On ne demande aucune formation particulière, ni aucun talent pédagogique aux profs qui donnent les cours de langues étrangères dans le primaire. Mais on ne les embauche pas plus de deux ans consécutifs. Pour des questions de statut…
- Deux ans ! Alors, quand on a appris le boulot, on doit partir !
- C’est vrai, ils ont du mal à recruter dans ces conditions.
En France, enseigner les langues, ce n’est pas un métier. On a besoin d’un certificat d’aptitude professionnelle pour laver les cheveux dans un salon de coiffure ou repeindre une façade, mais pas pour enseigner l’espagnol ou l’allemand aux enfants… Dans la plupart des cas, il suffit de dire que tu es ‘native speaker’ et tu as du travail. Du travail, oui… Presque toujours précaire. Souvent comme vacataire.
- T’es déçue, Carmen ?

14.02.2008

J'ai reçu un SMS... (Les aventures de Carmen)

Oui, un SMS de Bruno. « Carmen pas bien. Viens ! » Dans la rue, au pied de l’immeuble, je l’entends déjà, mon amie Carmen. Au premier, c’est encore plus précis. Ma doué ! Quelle voix! Loi de Murphy oblige, j’imagine le pire. Encore un drame brestois ! Et Carmen, si elle t’aime pas, prends garde à toi ! Sur le palier, j’hésite une poignée de secondes. J’entre finalement, la porte était ouverte. Carmen arpente « la grande pièce » de son T1bis, du canapé au buffet, du buffet au fauteuil, accrochée au téléphone, elle hurle. Je comprends quelques mots : «Je n’en veux pas… Crapuleux … » Suivent des propos orduriers que je ne noterai pas dans ce blog, parce que je n’en connais pas l’orthographe. Un dernier cri, elle raccroche, s’écroule sur le canapé.
- C’est quoi, cette histoire ?
- Un contrat pourri…
- On te propose un contrat ? Pourri ou pas, t’en as de la chance…
- Tu sais que je cherche un boulot stable, non ? Je te le répète tout le temps. À chaque rentrée, lire dans le marc de café pour savoir si j’ai des cours ou pas. Les heures qui sautent, pas payées. Pas de droit à la formation. C’est usant. Tu vois, j’aimerais bien déménager, pour un appart plus grand. Et puis en plus, Bruno et moi, on voudrait un bébé. Enfin, surtout moi, et Bruno trouve que c’est trop risqué. Il répète : « Tu nous imagines, tous les trois sous une tente de chez Décathlon ! » Alors, je regarde toutes les annonces. Et je réponds pour être vendeuse, traductrice, secrétaire, télé-prospectrice, même parfois prof d’espagnol, formatrice… Ils ne me répondent jamais. Un jour, je vois une annonce pour une école de langues qui cherchait un auteur/tuteur pour cours d’espagnol en ligne. J’expédie une lettre, un CV. Et là, une responsable m’appelle. On branche bien au téléphone et je commence tout de suite. 45 Euros l’heure de cours mise en ligne, c’est payé en droits d’auteur et pour le tutorat à distance 20 Euros de l’heure…à la facture.
- C’est nul. Pour une heure de cours à distance. Et tu devais payer toi-même ton matériel ?
- Ils devaient m’envoyer un micro, une webcam… Jamais eu.
- Tu as travaillé longtemps pour eux ?
- Deux mois…
- Sans contrat ?
- La fille, qui était sympa, me disait toujours : on prépare votre contrat, ne vous en faites pas … mais la secrétaire était malade, elle avait trop de travail…
- Panne informatique, papier en rupture de stock… Et là, tu l’as enfin eu, ce contrat ?
- Ce matin. Et tu vois là : le paiement des droits d’auteur est étalé sur trois ans…
- Tu pourras toujours expliquer ça à ton propriétaire …
- Et pour être payée, je dois apporter les mises à jour pendant trois ans. Pieds et poings liés pendant trois ans... C’est écrit noir sur blanc. Si mon texte et les exercices ne sont pas actuels, c’est à moi de mettre à jour.
- Tu choisis un article sur la corruption ou la pollution, tout à fait par hasard. Par miracle, pollution et corruption disparaissent l’année suivante. Pas de chance pour toi, tout le boulot est à refaire.
- D’après ce contrat, ma responsabilité est engagée … À moi de payer les frais de justice et d’avocat, au cas où…
- Je peux l’emporter, ton contrat ?
Oui, mais t’en parles à personne, hein ? Il y a aussi une clause de confidentialité...

10.02.2008

Sans titre

Trois jours au lit avec (à cause de ?) la grippe. Je suis allée faire un tour chez Carmen. Elle m'a dit : "ça bouge chez les vacataires. C'est à cause des élections. En ce moment, il suffit de demander. La preuve, les buralistes, les chauffeurs de taxi... Et nous ? On fait quoi ? " Et puis, il paraît que Bruno a une idée ... Mais, c'est pour plus tard. Promis. A plus ..




"Pour les langues mais aussi les autres disciplines, la précarité sévit dans les 2 secteurs, formation continue et formation initiale. La convention collective des organismes de formation ne couvre pas les enseignants de l'enseignement supérieur privé. Certaines écoles supérieures relèvent d'une convention collective non étendue, comme les écoles de la FESIC (EDHEC, ESPEME, ESSCA, ESSEC, IESEG, ISIT, EPMI, ESCOM, ESEO, HEI, ISEN, ISEN, ISEP, LASALLE, LOUIS de BROGLIE ...). Les autres établissements d'enseignement supérieur privé relèvent, je pense, de la convention collective nationale de l'enseignement privé hors contrat signé récemment en novembre 2007 (http://www.fep-cfdt.fr/actu/breves/pdf/CHORSCONTRAT2007.pdf). Violaine a raison, il est nécessaire de coordonner tous les efforts afin de faire respecter le droit et en finir avec l'équation "vacataires" = absence de droits. martin.and@aliceadsl.fr"





"Le SNPEFP participe aux réunions de négociation et d’interprétation des principales conventions : Supérieur et Hors-Contrat : même combat ! Dans ces secteurs, il s’agit la plupart du temps de faire appliquer le code du travail ou plutôt de faire comprendre aux dirigeants qu’ils n’ont pas le choix! Les problématiques sont souvent les mêmes. Nous sommes sur un « marché » concurrentiel et dans un combat afin que soient appliqués les droits des salariés : pressions auprès d’employeurs pour mettre en place les élections de délégués du personnel ou pour stopper les entraves au fonctionnement du comité d’entreprise ; soutien aux syndiqués qui souhaitent implanter la vie syndicale dans l’établissement ; montage de dossiers pour discrimination syndicale face à des licenciements / pressions à l’encontre de salariés, syndiqués ; suivi de dossiers pour souffrance morale au travail, accompagnement de salariés abusivement licenciés pour raison économique ; paiement des heures supplémentaires au taux majoré, respect de la vie privée... Dans ces écoles ou établissements, certains dirigeants ne voient rien d’autre que des entreprises qui passent du statut d’association à but non lucratif au statut de société (SA, SCP, …) quand ils souhaitent avoir une plus grande autonomie quant à l’affectation des bénéfices. Les professeurs et les salariés sont en général payés des misères alors que certains étudiants payent plus de 15.000 € de frais d’études par an ! * Lutter pour des coefficients d’heures de face à face raisonnables (condition nécessaire pour un suivi efficace des étudiants) et une valorisation de l’ensemble des activités hors face à face, … * Faire pression sur les employeurs : salaires, temps de travail, peu de permanents, … avec le risque de perte de reconnaissance de l’établissement par l’Etat … Une CCN du Hors Contrat supérieur vient d'ête signée. Les défis pour l’enseignement supérieur privé sont nombreux ! Contacts : Enseignement Supérieur et Hors-contrat Privé : Privé supérieur : Christine Fourage christine.fourage@snpefp-cgt.org Privé hors contrat : Pascal Régnier pascal.regnier@snpefp-cgt.org Evelyne Martin (région Est) evjomartin@snpefp-cgt.org)"

02.02.2008

Les profs de langue ont-ils des droits ?

Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.



Aujourd'hui Carmen se pose sérieusement cette question. "Les profs de langue ont-ils des droits en France ? Les mêmes droits que les autres ?" Violaine vient de lui poster cette réponse - qui concerne les profs de langue du privé. Une sorte d'appel à mobilisation, qu'elle me prie de vous transmettre, chers lecteurs. Si cela vous intéresse. Puisque vous venez souvent nous rendre visite sur ce blog, laissez donc un petit mot, un petit message. C'est anonyme.





"Organismes de formation: Oui, les profs de langues ont des droits aussi Vous travaillez dans une école de langues en France depuis des années, ou bien vous venez d’arriver. Vous enseignez les langues parce que vous aimez ça, ou bien vous faites ce travail par obligation. Vous aimez votre travail, mais les conditions qui vous sont faites ne vous satisfont pas. Ou, peut-être, vous n’appréciez pas trop votre travail, mais vous pensez que vous l’aimeriez davantage si les conditions étaient meilleures. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas que vous avez les mêmes droits, et le droit de demander de meilleures conditions, que les autres salariés en France. Aujourd’hui, la formation en langues est un métier hautement professionnel qui a vocation à se développer de plus en plus dans un monde de plus en plus mondialisé. Le métier de formateur (comme tous les métiers en France) est réglementé par une Convention Collective, un accord national négocié entre les syndicats et les organisations patronales. Cet accord, la Convention Collective des organismes de formation n° 3249, réglemente vos droits en ce qui concerne les contrats de travail, la rémunération, le temps de travail, l’embauche et le licenciement, la maladie, les vacances, la formation, la retraite, etc. Vous pouvez vous procurer ce document au Journal Officiel (www.legifrance.gouv.fr), sur le site du syndicat SNPEFP-CGT (Syndicat national des personnels de l’enseignement et de la formation privés) (www.snpefp-cgt.org) ou sur le site de l’organisation patronale FFP (Fédération de la formation professionnelle), www.ffp.org. Les problèmes qui préoccupent les formateurs dans la plupart des écoles de langues sont à peu près les mêmes depuis des années: les temps de disponibilité et de transport non rémunérés, les faibles salaires, le manque de promotion et, particulièrement pour les formateurs en langues dites ‘rares’, une précarité totale. Et pourtant, le secteur de la formation professionnelle est en plein essor. D’après les chiffres de la fédération patronale, l’augmentation du chiffre d’affaires des organismes de formation était de 8% en 2007, et sera de 9% en 2008. Si les organismes se restructurent, le travail ne manque pas…il n’est que de consulter les journaux spécialisés ! Mais apparemment, les employeurs sont les seuls à profiter de cette conjoncture favorable. C’est peut-être le bon moment pour les salariés du secteur d’exiger de meilleures conditions de travail. De toute manière, personne ne le fera à leur place ! De plus en plus de profs de langues se mobilisent, s’organisent, discutent de leurs problèmes ensemble, prennent contact avec un syndicat, voire se syndiquent. Les choses peuvent avancer si nous sommes plus nombreux, plus nombreuses, à exiger le respect de nos droits. Prendre contact avec un syndicat peut être un premier pas. Envoyez-nous un courriel à snpefp@ferc.cgt.fr. SNPEFP-CGT: un syndicat pour les formateurs en langues"

20.01.2008

L'AFFAIRE DU RHÔNE : FLE ATTAQUE

Quand on reparle de FLE Attaque. Merci pour le message retransmis par Violaine


L'AFFAIRE DU RHONE
Voici un article de Carole Bianchi publié dans 20 minutes qui présente la désastreuse suite de l’Affaire du Rhône
LES COURS DU PREFET CHAHUTES PAR DES PROFS
Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier sur le campus de Bron, ce dispositif « dévalorise » les professeurs diplômés, selon un collectif d'enseignants et le syndicat Rhône-Alpes des personnels de la formation (Syrafor).

Ce dernier, affilié à la CFDT, a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée hier au préfet, Jacques Gérault. Tout comme le collectif de professeurs de français langue étrangère (FLE) Attaque. « Des professeurs sont formés pour enseigner le français aux étrangers. Nous avons tous entre bac + 4 et bac + 8, alors que les personnes recrutées par la préfecture vont être formées en quatre jours. Notre métier est totalement ignoré », s'indigne Aurélie Tardy, 32 ans, relais du collectif FLE Attaque.

Cette professeure qui enseigne depuis 1999 dans le Rhône explique par ailleurs que sa profession, où les vacations sont nombreuses, reste très précaire et méconnue. « Pour une fois qu'un projet était mis en place, nous ne sommes pas sollicités. C'est dévaloriser le diplôme que les étrangers obtiendront à la fin », poursuit-elle.

« Cette position n'est pas fondée, assure Alain Régnier, préfet délégué pour l'égalité des chances qui a participé à l'élaboration du dispositif. Les enseignants ne vont pas être lésés, car ils seront davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Il explique d'ailleurs vouloir travailler main dans la main avec les six organismes de formation du département, qu'il doit rencontrer aujourd'hui. »

Alors que conclure après ce nouvel épisode ? Eh bien que malgré la mobilisation des profs de FLE, le préfet délégué Alain Régnier continue de se foutre de nous puisqu’il nous assure que nous ne serons pas « lésés, car [nous serons] davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Je suis vraiment rassuré.

Cependant, juste une question : les profs de FLE ne sont-ils là QUE pour faire passer des examens ? Ou bien est-ce que, si ça ne dérange pas trop, on pourrait donner aussi quelques cours ? Quant aux retraités de l’Education Nationale et de la préfecture, puis-je suggérer qu’ils aillent tranquillement en retraite au lieu de nous piquer notre boulot !

Livre noir de l'animation culturelle

Merci à Violaine qui attire notre attention sur le livre noir de l'animation culturelle. Que faut-il conclure de cette lecture ? Que les rapports de pouvoir peuvent corrompre? Que chacun de nous peut se transformer en méchant patron exploiteur ? Que le code du travail qui protège les salariés n'est pas un luxe mais une nécessité?



Le livre noir de l’animation socioculturelle
Sous la direction de Marion Peyre, Collection ‘Questions contemporaines’
L’Harmattan, 267 pages, 23,50€

Un livre noir ? N’est-ce pas exagéré ? Non, car la réalité est parfois pire !
Il ne s’agit pas pour les auteurs, membres du syndicat USPAOC-CGT d’intenter un procès aux mouvements d’éducation populaire. Les syndicalistes qui ont écrit ces pages viennent tous du monde de l’économie sociale et défendent l’Education populaire.

Ce livre analyse la situation dans maintes entreprises socio-éducatives associatives se réclamant d’une démarche de transformation sociale et affichant des valeurs qu’elles bafouent ; des dirigeants associatifs, militants de leurs propres syndicats, se comportant comme des patrons et balayant les droits de salariés ; des pratiques condamnables et loin d’être isolées que l’on imagine plutôt réservées aux patrons de l’industrie ou du commerce. Rien n’est laissé au hasard. De très nombreux témoignages montrent le harcèlement moral, la répression anti-syndicale, l’utilisation importante de personnels précaires et, entre autres, le non respect du code du travail.

Tous pourris ? Heureusement, non ! Mais de nombreuses associations d’éducation populaire devraient réfléchir aux contradictions qui les minent.

Il faut défendre l’éducation populaire : contre la politique de ce gouvernement qui veut l’asphyxier mais aussi contre ces formes de management.

Le collectif auteur de ce livre analyse les raisons qui conduisent à de telles dérives. En voici une, parmi d’autres : « Qu’il s’agisse de fédérations ou de mouvements éducatifs devenus des machines à vendre des stages, des chantiers, des centres de loisirs, des activités de loisirs, ou qui se positionnent concurrentiellement sur toutes les délégations de services publics possibles dans les villes, la liste est longue, et peu de fédérations peuvent se vanter, démonstration à l’appui, d’avoir su garder la flamme militante, d’avoir résisté à l’institutionnalisation dans l’appareil d’Etat et à son cortège de pratiques commerciales, déguisées sous les bons sentiments des valeurs. »

Bon dimanche à tous ....

17.01.2008

LES VACATIONS DE CHRISTINE OCKRENT

VACATAIRES, PRECAIRES,JOURNALIERS DE LA PRESSE, DE L'EDUCATION, DU SPECTACLE, REJOUISSEZ-VOUS .
LA PIGE PEUT PAYER, VA PAYER


DEMANDEZ A MADAME OCKRENT



Polémique autour d'une pige de Christine Ockrent pour France 24
NOUVELOBS.COM | 16.01.2008 | 11:34

Selon Le Point, la journaliste est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire, réalisée en deux langues, pour France 24, une chaîne placée sous la tutelle du ministre des Affaires étrangères, son mari Bernard Kouchner.



Le site internet du Point rapporte, mercredi 16 janvier, que la journaliste de France 3, Christine Ockrent, est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire pour la chaîne France 24 qui se trouve sous la tutelle de son mari, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Selon Le Point, Christine Ockrent serait payée en échange d'un billet réalisé en deux versions, en français et en anglais. Or "l'affaire vient de se compliquer la semaine dernière", avec l'annonce faite par Nicolas Sarkozy le 8 janvier que France 24 ne serait plus que francophone, divisant ainsi par 2 la "pige" de la journaliste.

Intervention de Kouchner

"Bernard Kouchner a immédiatement fait savoir son désaccord sur le fond avec Nicolas Sarkozy, et entend plaider, auprès du Président, la cause d'une France 24 multilingue", affirme Le Point, précisant, "pas de mesquinerie : ce n'est pas la pige de sa compagne qu'il entend défendre, mais bien le rayonnement du point de vue français dans le monde".

15.01.2008

Contrat : Le CDD n'est pas la règle

Un message qui donne de plutôt bonnes nouvelles. Un arrêté condamne en effet une pratique courante dans la formation : la succession de CDD ...

"Des bonnes et des mauvaises....

Les patrons de la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle) et les Formateurs

A la question : ‘Comment résoudre la difficulté des formateurs-consultants soumis à des pics et des creux d’activité qui peuvent les mettre en difficulté ?’ Jean Wemaere, Président de la FFP, répondait : ‘’Un formateur-consultant doit pouvoir travailler pour 5 ou 6 organismes différents et avoir un volant d’affaires auprès de chaque organisme.’ ‘Profession formateur-consultant, n° 2, 4 ème trimestre 1998 CDD d’usage

La Cour de Cassation a condamné le procédé utilisé par un centre de formation qui consiste à engager un formateur avec plusieurs contrats en CDD pour dispenser des formations de même nature dans le même domaine.
La Cour de Cassation a rappelé que selon l’article 5-4-1 de la Convention Nationale des Organismes de Formation (N° 3249), les contrats de travail sont, de façon générale, conclus à durée indéterminée. La Cour de Cassation a précisé en outre que les contrats interrompus régulièrement, pour les périodes de congés qui sont présumées correspondre à l’activité normale et permanente de l’organisme, ne relèvent pas de l’article 5-4-3 de la Convention Nationale (éventuels CDD). Elle a donc condamné le Centre de Formation aux dépens. Arrêté rendu en février 2006 (N° du pourvoi 04-41015)"

Message envoyé par Christine Garcia
Avec les remerciements de vakater

14.01.2008

Les vacataires s'organisent

C'est d'actualité. Les vacataires s'organisent. Voilà un nouveau message. Des vacataires d'anglais tentent de centraliser les informations sur les conditions de travail pratiquées dans la plupart des écoles pour tenter d'imposer une charte de bonne conduite. Est-ce possible? Qu'en pensez-vous? A bientôt

"For those of you in France, a wiki has been set up for comments and networking on the "vacataire" issue. The idea is to accumulate information on all the schools hiring vacataires, so we can work out a kind of "charter of good practices" (being paid monthly, having access to equipment, etc) and eventually find a way to impose it on all schools.

P.S. You don't have to be a vacataire to put your 2 cents worth in. We do hope there are some non-vacataires who will get involved as well.

http://englishsup.pbwiki.com/

CDII, à nouveau....

Un nouveau commentaire vient d'être posté sur votre blog à la suite de la note Le CDII. Un nouvel épisode dans la lutte pour l'amélioration des conditions de travail des précaires. Merci de nous informer

"Convention Collective Nationale des Organismes de Formation Le CDII (Contrat de Travail Intermittent à Durée Indéterminée) Nouveau Groupe de travail paritaire entre représentants des employeurs et des salariés Réflexions sur la pratique de l’intermittence dans les organismes de formation linguistique * Quelle était la vocation initiale du CDII lorsqu’il a été inclus dans la CCN OF ? Il s’agissait d’encadrer les rapports jusque-là informels entre un vacataire et un employeur. * De quelle manière ? Par la conclusion d’un contrat écrit supposé déterminer les droits et devoirs de chacun, cela, dans un contexte où il n’existe aucune prévisibilité dans les interventions. * Quel était l’objectif du groupe de travail CDII exploratoire réuni en 2005 et 2006 ? L’instauration d’un échange entre les membres de la CPN afin d'éviter la recrudescence des dossiers de saisine concernant les CDII. I. Le besoin de clarté et de cadrage de l'intermittence Pour ce nouveau groupe de travail, moins informel, les attentes communes sont de faire œuvre pédagogique. 1. clarification de l'article 6 Objectifs : sécuriser les pratiques = éviter les interprétations hasardeuses dues aux ambigüités du texte, les dérives et abus, les litiges qui en découlent 2. clarification de l’art. 14 Objectif : rédiger de façon plus équitable les garanties du régime de prévoyance des CDII, qui, pour l’instant, est atypique. Les dispositions concernant les CDII doivent être alignées sur les dispositions concernant les CDI prévues à l'article 14 de la CCNOF. La CPNP (Prévoyance) est chargée de préparer la rédaction de l’article 14 et l’harmonisation d’une partie de l’article 6 relatif au CDII pour une pratique homogène. 3. réflexion sur les accords dérogatoires (dans les organismes non linguistiques) Objectif : étudier la perspective d’une procédure formelle qui obligerait les entreprises à soumettre à la CPN leur désir d’accord d'intermittence. II. L’intermittence vue par les employeurs des organismes de formation linguistique a) Le caractère particulier de la formation linguistique est que 1. l’on ne preste pas des journées mais des heures 2. le client commande ou annule ses cours souvent la veille pour le lendemain b) Le caractère particulier du CDII est que 1. c’est un CDI et non un CDD ; les contrats conclus avec les salariés sont certains et pérennes. 2. l’équilibre est délicat entre la disponibilité offerte par le salarié et le volume d’heures annuel que l’employeur peut garantir (l’anglais emporte 80 % du marché par rapport aux autres langues). Même si le formateur consent une ou plusieurs journées fixes de disponibilité à son employeur, les heures de travail au sein de ces journées ne peuvent pas être déterminées à l’avance ; leur exécution est irrégulière et imprévisible. 3. la mise en place des refus (art. 6-2) permet une certaine souplesse. Certains formateurs souhaitent conserver la liberté de choix des cours. La liberté réciproque de chacun -proposition de cours vs. refus- est essentielle. Un organisme linguistique est ouvert potentiellement 70 hs / semaine (12 h x 6 jours) ; un formateur bon gestionnaire de son temps peut parfaitement, en cumulant 2 ou plusieurs CDIIs, atteindre ou même dépasser le temps plein. ‘La majorité des formateurs en CDII refusent un CDI temps complet lorsqu’il leur est proposé. L’intermittence en langues n’est donc pas du tout la précarité institutionnalisée que certains s’obstinent à dénoncer’. c) Le caractère particulier de la loi est que 1. quand bien même le texte serait clarifié, les organismes récalcitrants s’ingénieront à ne pas appliquer les dispositions conventionnelles ou même le droit du travail. 2. les abus ne doivent pas conduire à produire des textes toujours plus coercitifs. La multiplication des contraintes dans l’art. 6 ne nuirait qu’aux organismes sérieux, respectueux des dispositions conventionnelles, qui risquent d’être confrontés à des « usines à gaz » ou des effets pervers non prévus. ‘Si le toilettage de l’article 6 doit éviter les abus et les interprétations divergentes, il ne doit pas être une fin en soi’. Par ailleurs, inlassablement, la FFP poursuit son but : retoquer le ratio d'intervention FFP/ PRAA de 70/30 ou AF/ PR de 72/28 des formateurs. II. L’intermittence vue par les salariés en CDII qui la vivent au quotidien Les salariés, à l’unanimité, souhaitent de vraies contreparties et compensations à l’imprévisibilité des changements d’horaire ; leur intérêt de salarié doit être préservé. Il faut revenir à la base légale du concept d'intermittence : s’il y a une régularité périodes travaillées / non travaillées, l'intermittence ne doit pas être autorisée. Le CDII à garantie annuelle haute et importante (plus de 1000 hs / an) doit être privilégié car il cumule les quasi-avantages du CDI temps complet tout en permettant au salarié de refuser certaines prestations pour convenance personnelle. Il est plus humain que le CDII à garantie d’heure annuelle ridiculement basse qui implique précarité, zéro Assedic, insécurité et cumul de plusieurs employeurs pour accéder à un temps plein. Le SNPEFP-CGT souligne que les réflexions du Groupe de Travail ne peuvent en aucun cas être disjointes des autres travaux paritaires relatifs à la prévoyance ou à l’étude-diagnostic en cours sur ‘le temps de travail des formateurs D et E. Une définition très précise des cas de recours à l'intermittence évitera l'intermittence sauvage. Les salariés intermittents ne doivent pas être la variable d'ajustement des organismes de formation. Le groupe de travail se réunira toutes les 6 semaines jusqu'en juin 2008."

Ce commentaire a été posté par Violaine.

13.01.2008

REVENDICATIONS....

Bonjour,

Quand j'ai créé le blog "vacataire(s) en colère" j'avais l'ambition de créer un lieu d'échanges de vacataires et précaires. On dirait que ça marche. J'ai plaisir à laisser la place à vos notes.
Lisez donc les revendications du personnel d'un organisme de formation linguistique.
Bon dimanche ....





Le personnel d’un organisme parisien de formation linguistique dans lequel une collègue prof' de langues travaille (Convention Collective des Organismes de Formation) s’est mobilisé pour envoyer sa liste de Voeux 2008 aux Rois Mages


SALAIRES, REMUNERATIONS, AVANTAGES
Recevoir le salaire à la fin du mois et au plus tard le 8 du mois
Recevoir son salaire par virement
Porter les tickets restaurants à 7€
Recevoir les tickets restaurants sans retard
Bénéficier d’un ticket restaurant à partir de 4 heures de travail (AC)
Bénéficier d’une augmentation ou d’une réévaluation de salaire tous les ans
Bénéficier du 13ème mois pour tous
Définir des objectifs annuels avec versement de primes de réalisation
Bénéficier de la participation aux bénéfices
Etablir l’égalité des salaires
Rembourser le pass Navigo (Carte Orange) à 100%

PLANNING, TEMPS DE TRAVAIL, TEMPS DE DEPLACEMENT, CONGES, RTT
Faire apparaître les RTT sur la fiche de salaire en tant que congés
Rémunérer les heures supplémentaires
Installer 1 badgeuse
Bénéficier d’un logiciel planning plus performant
Recevoir un récapitulatif trimestriel des heures effectuées
Communiquer le règlement pour les congés payés : un(e) célibataire est-il / elle régi(e) par le même calendrier ?
Définir un temps de réponse maximum à respecter de la part de la direction pour les congés
Améliorer le respect du temps de déplacements
Laisser le temps du déjeuner…
Rémunérer les trajets en dehors de Paris le matin et le soir
Prendre en compte l’adresse du domicile pour planifier les déplacements
Limiter le nombre de déplacements dans la journée
Régler les déséquilibres de masse horaire dans les plannings des formateurs
Organiser des réunions d’équipe régulières et payées (e.g. tous les 2 mois)
Recevoir son planning en ligne ou par mail électronique


FORMATION, DEVELOPPEMENT DE CARRIERE
Etre informés en temps et en heure sur les offres d’emploi et les postes à pouvoir en interne
Avoir un descriptif de nos postes
Avoir une grille salariale
Savoir clairement quels sont les critères de promotion et du développement de carrière
Mettre en place des entretiens annuels
Je devrais monter de catégorie après 5 ans – pourquoi ce n’est pas le cas?
Avoir une réunion d’information sur le DIF et un décompte des heures dues
Avoir une meilleure réponse aux demandes DIF (tout simplement une réponse)
Proposer des ateliers ‘gestion de stress’ et de bien-être ou de développement personnel
Pouvoir bénéficier de cours de langues
Avoir plus de reconnaissance

GESTION ADMINISTRATIVE, ORGANISATION GENERALE, COMMUNICATION
Avoir des ‘portes ouvertes’ multiculturelles
Créer un site Internet permettant des échanges entre formateurs
Avoir un responsable des Services Généraux
Améliorer la communication en général
Créer un esprit d’équipe
Présenter un organigramme
Avoir une meilleure visibilité sur la facturation – avoir un interlocuteur ‘facturation’
Avoir un vrai accueil
Recevoir un compte-rendu de la réunion générale si absent
Instaurer l’égalité entre les langues (ressources pédagogiques, coordination)

CADRE, ENVIRONNEMENT ET CONDITIONS DE TRAVAIL
Avoir un espace de travail pédagogique pour les formateurs (salle) ainsi que de rangements (e.g. casiers)
Gérer et renouveler les équipements (magnétophones, magnétoscopes, PC, fournitures…)
Améliorer la propreté en général
Avoir un bureau pour chacun
Désencombrer la cuisine
Avoir 2 formateurs ‘pompiers’ pour faire face aux urgences (démissions, maladies…)
Disposer d’un salle de pause / cafétéria
Disposer d’un 2ème photocopieuse
Avoir le café gratuit à volonté
Améliorer l’esthétique des locaux avec plus de décoration
Améliorer les conditions de travail quotidiennes (meilleure aération, nouveaux fauteuils, plus de place…)
Faire face au manque des salles de formation : Est-il prévu de louer de nouveaux locaux ?

Ecrit par : Sidonie | 12.01.2008


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08.01.2008

Des nouvelles de FLE Attaque

Bonjour et bonne année.

Bloavez Mad !

Pour commencer cette année de manière solidaire,je transmets aux lecteurs du blog un message reçu de FLE Attaque, association très dynamique de profs de FLE franciliens. Allez donc voir leur site...

Bonjour de Carmen et à +


Dans le cadre d'un travail avec des syndicats, nous réunissons des contrats de travail de professeurs de FLE/FLS/Alpha. L'objectif est de montrer la diversité des traitements pour un travail similaire et aussi de contrôler la "valeur" juridique de ces contrats. Nous avons besoin de réunir une centaine de contrats. C'est pourquoi nous faisons appel à votre participation.
Il s'agit donc de nous envoyer vos contrats accompagnés d'une fiche de paie (vous anonymez ces documents en passant du blanc ou rayant votre nom ou celui du directeur, vous laissez le nom de l'entreprise). Envoyez-nous un modèle de tous les types de contrats que vous avez pu avoir, que ce soit dans le public, privé, associatif..., pas seulement votre dernier contrat mais tous ceux que vous avez à disposition.
N'oubliez pas la fiche de paie correspondante.

Vous pouvez envoyer les documents à l'adresse suivante :

Odile Rouzin
21 rue d'Avron
75020 Paris

Nous vous remercions de votre aide.

Bonne année 2008

Maylis Martial
pour le collectif

--
FLE Attaque
Collectif francilien d'enseignants pour l'information et la défense des professionnels du FLE, du FLS, de la lutte contre l'illettrisme et de l'alphabétisation

http://metiersdufle.zeblog.com/

30.12.2007

ENCORE DES CHIFFRES

Bienvenue sur le site ... A lire une note sur l'enseignement du FLE

Moins de 11 euros : c’est le taux horaire minimum conventionnel d’un formateur D1 technicien qualifié.
5 ans : c’est le délai prévu par la Convention Collective pour que les formateurs D ou E accèdent automatiquement à l’échelon supérieur (2) de sa catégorie. La réalité est toute autre : rares sont les salariés qui y parviennent, l’employeur renâclant à nous accorder l’entretien prévu à cet effet.
25 euros : c’est la rémunération horaire proposée à un ‘bénévole’ volontaire à l’enseignement du FLE (Français Langue Etrangère) aux étrangers désireux d’obtenir le DILF (diplôme initial de langue française). Ce sésame, créé par décret en décembre 2006, valide les premiers apprentissages en français.
38 h : c’est la durée de la formation estimée suffisante pour transmettre à ce personnel volontaire les techniques et compétences pédagogiques le rendant apte à enseigner le FLE à un public dont ce n’est pas la langue maternelle.
Le gouvernement Sarkozy fait peu de cas du statut, des droits du formateur et de la CCN OF. Il se moque d’une branche professionnelle toute entière. Il discrédite notre langue en décrétant qu’elle peut être enseignée sans compétence particulière. Il accentue la précarité, le chômage dans notre secteur.
Sa politique autoritaire en direction des étrangers primo arrivants est l’aboutissement de la disparition du FASILD (Fonds d'Action et de Soutien pour l'Intégration et la Lutte contre les Discriminations) et de l’application du Code des marchés publics envers les dispositifs de formation pour migrants et plus généralement liés à l’insertion. La CGT a alerté sur l’abandon progressif du FASILD au nom du droit commun, des actions liées aux étrangers vivant en France. Le SNPEFP s’opposera partout dans les régions à l’application de cette politique méprisante et indigne.
+ 8% : c’est l’augmentation du chiffre d’affaires des Organismes de Formation en 2007 pronostiquée par l’Observatoire Economique de la FFP. Les prévisions pour 2008 prévoient, grâce au DIF, une croissance dépassant les + 9%.
+ 1,5% : c’est la proposition des représentants patronaux de la FFP d’augmentation de nos salaires pour l’an prochain. Le SNPEFP a la conscience tranquille puisque nous n’avons pas signé l’accord précédent, croyant peu en leur promesse –verbale- d’une revalorisation qui aurait dû avoir lieu en juin dernier. Non seulement le patronat n’a pas tenu ses engagements, mais il a tenté d’arracher un nouvel accord à minima qui l’exonérerait de toute revendication future. Les organismes s’enrichissent, investissent, vantent et vendent le professionnalisme de leurs personnels ; parallèlement, ils mènent une politique salariale exécrable. Ni les salariés, ni les usagers, ni les commanditaires ne peuvent rester insensibles à ces coups portés à la qualité et à la dignité.
100 000 :c’est le nombre de salariés de la FPC (formation professionnelle continue: Au cœur du dispositif, il y a les stagiaires bénéficiaires des formations. A leur côté, il y a les personnels des organismes de formation et, en particulier, les formateurs, principaux acteurs du secteur. Face à nous, il y a les employeurs. Parmi eux, il y a la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle) qui, aussi légitime soit-elle, ne représente que 300 adhérents. Bientôt peut-être, un 2ème, voire un 3ème interlocuteur patronal pour représenter environ 40 000 entités viables. Nos patrons, avec qui nous négocions, ne sont que des intermédiaires prestataires de service.Derrière et au dessus d’eux, il y a les donneurs d’ordre, les commanditaires, les clients, les services achat, les collectivité territoriales, la région. Les disparités en matière de politique salariale ainsi que les nombreux accords d’entreprise signés nous invitent à la nécessité de moderniser notre Convention Collective devenue désuète. Un autre défi serait d’être présents si des négociations se mènent au niveau régional.
3/4 : c’est le taux de l’offre privée (actions de formation que le secteur privé, associatif ou marchand propose au public salarié ou demandeur d’emploi). Ce sont les personnels dans nos associations et organismes de formation qui assurent cette mission. Notre dernière CEN (Commission Exécutive Nationale) a confirmé l’incontournable nécessité de participer à et de nous exprimer dans les collectifs et groupes de travail confédéraux et fédéraux CGT.

Smail LAMARA
SNPEFP CGT

15.12.2007

CARMEN ET LE PRIX DES NOUILLES

Vous connaissez ma copine Carmen. (Si vous arrivez sur ce blog, rattrapez vite le temps perdu et lisez nos archives.) Je suis allée la voir ce matin, justement, ma copine Carmen. Quand je suis arrivée sur son palier, elle discutait avec ses voisins. Ils parlaient du temps.
« Il fait froid, sale temps pour les pauvres. »
Et les voisins de renchérir.
« Il fait froid, mais le problème, c’est pas le froid, c’est le prix du gaz. »
Vous l’aurez compris, on se chauffe au gaz chez Carmen.
« Et les SDF, tu crois qu’ils aiment ça, le froid ? Ils s’en fichent, les SDF, qu’on skie ou pas à Noël… Combien de SDF, en France ? Plus de 100 000, non ? Et il y en a qui travaillent… et avec des enfants.
- Et en plus, vous avez vu dans le Télégramme, ça fait 29 % d’augmentation en trois ans chez Edouard Leclerc et les autres. Et toi, Carmen, ils t’augmentent tes patrons ? »
Carmen ne répond pas, elle a un gros souci. Elle vient d’apprendre qu’un de ses cours s’arrête après Noël. Alors si, en plus, le prix des nouilles continue à augmenter.
« 32,8 % les nouilles depuis 2004 » ! C’est écrit dans le Télégramme. C’est qu’c’est vrai.
- D’ailleurs, vous n’avez qu’à regarder, dans les supermarchés. Tout le monde baisse les yeux, ça devient une habitude. D’abord voir le prix dans les rayons du bas, discrètement. On a sa fierté. Et puis les ménagères qui tournent et retournent le jambon éco pour trouver quelque chose de mangeable à mettre dans les nouilles au beurre. Et la caissière qui s’excuse presque, et compatit, 72 Euros, pour presque rien.
-Tu ne pourrais pas trouver un job à la fac Carmen avec tous tes diplômes ?
-Tu as vu tout ce qu’elle a promis la ministre, la blonde, pour les étudiants, histoire de calmer les lycéens ? Des heures de langue en plus, non ?
-Tu crois qu’on va créer des postes ? »
Non, Carmen, désolée de te décevoir. Les syndicats réclament, certes, des créations de postes statutaires. Mais la blonde ministre a déjà répondu : travailler plus pour gagner plus, augmenter le nombre de vacataires et faire travailler les bénévoles.
« Et la redevance, tu te rends compte, la vieille dame du troisième avec son chat. Elle a déjà du mal, elle, à payer les nouilles, non ? C’est prendre l’argent dans des poches vides,ça… »
Je suis partie. Elle a de la chance, Carmen, d’avoir des voisins comme ça. Il faudra que je lui dise.

06.12.2007

CARMEN N'ARRÊTE PAS DE SE PLAINDRE ....

Chers visiteurs du site, bonjour.
Ce blog n’est ni humoristique, ni poétique, ni surtout consensuel. C’est le blog d’une emmerdeuse, d’une râleuse, d’une vacataire virée. Si vous voulez plus d’infos, allez donc chercher dans les archives. Le 8 octobre, encore sous le choc, j’ai longuement expliqué comment j’ai été ‘blacklistée’ pour avoir tenté de défendre mes droits de manière légale (Virée). Depuis, rien de nouveau car le GET, celui que j’appelle mon ex-employeur et qui prétend, lui, être mon client, n’a toujours pas répondu au juge du Tribunal Administratif. La patience est une vertu. Au cours des notes suivantes, je vous ai beaucoup parlé de ma copine Carmen, espagnole vous l’aurez deviné, qui est venue vivre à Brest avec Bruno, son amoureux. Vous avez sûrement aimé Les aventures de Carmen. (Vous pouvez les relire) . Depuis lors, Carmen, prof de langue, travaille comme vacataire dans quelques grandes écoles de Brest, notamment à l’ENTA. Je vous ai déjà raconté tout cela. Les années ont passé et elle a découvert la réalité de sa situation de précaire. C’est alors qu’elle a commencé à chanter « le blues des vacataires ». S’il vous prenait l’envie d’en faire un tube, pensez à moi pour les droits d’auteur.
Et Carmen maintenant n’arrête pas de râler. Dès la fin du mois d’août, chaque année, elle a peur. « J’aurai des cours? J’aurai pas de cours ? Ils vont me donner combien d’heures ? - Donner, donner. Le boulot, ce n’est pas un cadeau, répond Bruno. – Mais il faut bien travailler plus pour gagner plus. Le salaire horaire des profs vacataires a à peine augmenté depuis 15 ans. » Après une période de stress, elle a enfin, début septembre, son emploi du temps. Quand on l’a appelée pour lui proposer des heures, elle a dit oui à tout par peur du manque. Résultat : un horaire pas du tout aménagé. Beaucoup de périodes d’attente. Beaucoup de cours du soir. A la maison, quand elle rentre près de son Bruno, elle râle. A l’école, elle sourit, elle n’ose rien dire, sa position n’est pas stable et elle veut travailler, hein ? Octobre. Elle remarque, cette année encore, que ses tickets de cantine, elle les paie plus cher que ses collègues permanents. C’est vexant. Elle en parle à la secrétaire qui en parle au directeur, qui promet comme chaque année de faire quelque chose. La bronchite en novembre, une mauvaise blague, un coup tordu. La faute à pas de chance. Elle va au boulot malade, parce qu’elle tient à son salaire. Et puis elle veut faire bonne impression. C’est fou ce que c’est important de faire bonne impression dans ce métier. Il n’y a pas d’évaluation objective du travail des profs. Alors ramener le chef de département en voiture, ça tient lieu finalement d’évaluation positive. Toujours veiller à donner une impression de sérieux. Ne rien dire qui fâche. Être toujours prête pour un remplacement au pied levé. « Le cinéma, ce soir, je peux pas. Pas le choix ». Et évidemment, pas le droit d’être malade. Décembre. Les collègues permanents parlent sans vergogne de leur treizième mois. Sans ce petit cadeau, ils ne pourraient pas s’en sortir, c’est clair. Et c’est tellement bien en ce moment, disent-ils, avec le Comité d’Entreprise, on a des tickets de cinéma, des places au cirque beaucoup moins chères. La fête de Noël des enfants du personnel, c’est bientôt. « Quand j’aurai des enfants, ils ne seront pas invités... », qu’elle se dit Carmen. Enfin Carmen, des enfants, c’est pas raisonnable. Bruno dit oui ? Il est inconscient et toi tu plaisantes. Imagine que tu aies une grossesse difficile. Absente 6 mois, on t’aura complètement oubliée. A la rigueur, si tu pouvais accoucher fin juillet. On en parlera une autre fois. A +

20.11.2007

Jour de grève...

Bienvenue sur ce blog. Pour plus d'infos allez voir 'Virée' et 'Les aventures de Carmen'


Carmen ne fera pas grève aujourd'hui. On lui a expliqué bien sûr qu'il était essentiel de défendre le service publique. Elle le comprend. Car si tous les postes annoncés sont supprimés dans l'Education nationale, cela signifie plus d'emplois précaires et sous-payés, comme elle. Tous vacataires ...
Mais Carmen ne fera pas grève, même pas par solidarité. Elle restera quand même à la maison. On a supprimé ses heures. A bientôt.

18.11.2007

Toujours sur le C.D.I.I....

Je suis l'auteure de ce blog et suis heureuse que parfois l'alimentent.
Merci donc à Tilo et Christine Garcia pour leurs commentaires sur le contrat C.D.I.I.. Si je comprends bien, il serait urgent de se mobiliser pour que les conditions de travail dans les écoles de langues n'empirent encore. A vos stylos, donc ... A bientôt. Vakater

11.11.2007

Le CDII

Connaissez-vous le CDII? Ce n'est pas nouveau ! lisez donc la note de Tilo du 8. 11. et vous saurez tout sur cette forme de contrat. A bientôt pour de nouvelles aventures de Carmen. Mais ça va de plus en plus mal. Vakater

Le CDII

Connaissez-vous le CDII? Ce n'est pas nouveau ! lisez donc la note de Tilo du 8. 11. et vous saurez tout sur cette forme de contrat. A bientôt pour de nouvelles aventures de Carmen. Mais ça va de plus en plus mal. Vakater

05.11.2007

CARMEN CHANTE LE BLUES

Vous vous rappelez Carmen, vacataire d’espagnol dans l’enseignement supérieur ? Si vous venez juste de vous joindre à nous, je vous accorde quelques minutes pour lire la note « Les aventures de Carmen »
Depuis votre dernière visite, les semaines et les années ont passé pour Carmen. Sachez qu’elle a appris le blues des vacataires - le texte figure dans « Vakater blues » - et qu’elle le chante maintenant vraiment très bien.
Vous vous souvenez : Carmen assurait 5 heures de cours à l’ENTA. Elle a entendu un homme politique très connu dire qu’il fallait : « travailler plus pour gagner plus ». Dans son cas, d’ailleurs, ça semblait une bonne idée. Travailler plus à l’ENTA, pourquoi pas, puisque ça se passait bien, mais on lui a répondu : « Ici c’est plafonné. Tu ne peux pas faire plus. Et il faut que je donne des heures à tout le monde. Tu n’es pas la seule.» Elle a crié, protesté, réclamé qu’on évalue et valorise son travail. « Non, Carmen, ce n’est pas possible.» Et là, c’est à Pedro, un nouveau venu qu’on a donné le plus d’heures. Beaucoup se demandaient d’ailleurs