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08.10.2007

VIRÉE...

Licenciée, congédiée, mise à la porte, renvoyée, lourdée, vidée, jetée, saquée, écartée, virée…

… Mais pas remerciée pour mes 14 années de travail à l'Ecole Nationale des Télécommunications. Privée de mes revenus, sans aucun droit à des allocations de chômage, puisqu'en 1994 - pour faciliter la vie de mon employeur, qui a déjà tant de soucis avec la législation du travail et les charges patronales - j'ai adopté le statut libéral. Me voilà en plus dépossédée de mon identité professionnelle, car un prof sans école et sans élèves, ce n'est plus un prof, non? D'ailleurs est-ce que j'étais vraiment un prof ? Car, pour tout dire, j'étais vacataire.

Oui, je faisais partie de l'armée des professeurs vacataires, qui, année après année, assurent, dans les établissements publics, les cours de langues de nos étudiants. Ils sont certes compétents et qualifiés, néanmoins intermittents de l'éducation sans contrat de travail et payés à la tâche. Ils sont privés de toute initiative pédagogique et soumis à l'arbitraire d'un chef de département. Ils travaillent en marge du code du travail, dans l'indifférence des syndicats, pourtant si prompts à intervenir quand il s'agit de défendre d'autres catégories.

Cette précarité, je m'en suis lassée. Les entretiens, les courriers n'ont pas donné de résultats. Alors, transgression des transgressions, avec l'aide d'un avocat, qui assure que ma situation est absolument scandaleuse au regard du droit, j'ai déposé une plainte au Tribunal Administratif. La réponse (plutôt la non-réponse) du Groupement des Ecoles de Télécommunication est arrivée en septembre : je me suis fait écarter, blacklister, priver d'emploi.

Ma situation n'est hélas pas unique, loin s'en faut. Cependant, la précarité que subissent les vacataires et l'absence de statut reconnu n'encouragent pas vraiment l'expression de leurs revendications. J'aimerais donc que ce blog puissse devenir un lieu de discussion et d'information pour les vacataires de l'enseignement, pour les travailleurs précaires en général ainsi que pour tous ceux qui se sentent concernés.

Commentaires

Et après ils vont nous parler de travailler plus pour gagner plus!
Voilà du foutage de G...
Et qu'est ce qu'on peut faire contre eux?
En tout cas si je peux être utile n'oublie pas chui là!

Ecrit par : Véronique | 08.10.2007

J'ignore si la situation à l'ENST est similaire, mais je peux parler brièvement de mon exemple : j'ai assuré l'an dernier quelques cours à l'UBO (Brest) ; cette année, il m'est interdit de le faire. Pour la bonne raison que je suis demandeur d'emploi. Paradoxal, direz vous. Et foncièrement injuste. C'est pourtant simple : l'an dernier, j'avais un emploi, un "employeur principal", comme on dit, qui payait mes charges. Ainsi fonctionne cet Etat voyou qui permet à certains de "travailler plus pour gagner plus", et de ce fait aggrave l'exclusion des travailleurs qualifiés.

Ecrit par : brazik | 08.10.2007

Bon courage. Beaucoup de gens comme vous vous lisent. Continuez de publier!

Ecrit par : Glubs | 08.10.2007

Je comprends que cette situation soit source d'amertume, mais je voudrais réagir à la phrase sur l'indifférence des syndicats. Pour être impliqué dans la section CFDT de l'ENST Bretagne, je précise que, grâce à son intervention, plusieurs vacataires ont été titularisés dans le passé. L'affaire mentionnée ici a également fait l'objet de plusieurs démarches de notre part auprès de la direction. Sans succès c'est vrai. Mais les représentants syndicaux n'ont pas le pouvoir d'une part, et, d'autre part la direction ne les considère plus comme des interlocuteurs pertinents lorsqu'un problème est confié à un avocat extérieur.

Ecrit par : Noël | 09.10.2007

Pour répondre brièvement à Noël, le "commun des mortels" a bien du mal à percevoir les syndicats en général, et dans des structures comme l'ENST en particulier, comme le fer de lance de la revendication des mal lotis, mais bien plutôt comme les défenseurs des acquis et privilèges des gens bien en place. Peut-être à tort ; à eux de démentir, surtout en cette veille de journée d'action du 18 octobre.

Ecrit par : yvon | 11.10.2007

Pour confirmer ce qu'a dit noel, je suis une ex-vacataire, titularisée il y a 10 ans grâce à l' intervention de la section CFDT. Faut dire qu'ils nous ont défendus avec énergie et rigueur.

Ecrit par : mary | 11.10.2007

Bravo pour cette intervention… d'il y a 10 ans. Et depuis, que s'est-il passé ?

Ecrit par : yvon | 11.10.2007

A toutes les Victimes des systémes viciés (par l'argent-roi) ,et dans une société peu clean,une issue (?) =
Faites vous Frère (Franc Maçon) Il existe aussi des loges Féminines, y compris à Brest.
Il y aurait (Le Télégramme il y a plusieurs mois ) à Brest ,au total,environ 400 "fils et filles" de la Veuve( nom de la Franc maçonnerie)
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Je n'en fais pas partie et n'en ferai Jamais.

Ecrit par : jean louis | 11.10.2007