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31.10.2007

Le directeur de l'ESSEC a des problèmes...

Difficile à croire, mais 9400 Euros sont requis contre le directeur de l'ESSEC, pour usage abusif de CDD et inégalité de traitement. C'est l'inspection du Travail qui a pointé du doigt les drôles de méthode de management de l'ESSEC, accusée d'avoir "embauché des salariés par CDD pour pouvoir durablement des emplois liés à l'activité normale de l'école - des postes d'enseignant de langues et de gestion.

Cette nouvelle n'est pas relayée par les médias nationaux mais bien par la Gazette du val d'Oise. Je ne suis pas parvenue à transférer l'article proprement sur le blog. Mais je l'envoie à qui le souhaite...

Affaire à suivre. Fin novembre.


Merci pour les messages envoyés par des vacataires.
A bientôt Vakater

25.10.2007

Courrier des lecteurs

Julie a raison, pas beaucoup de messages sur mon blog et aucun message de vacataire relatant son expérience.
Cela me paraît relativement normal. Les vacataires sont des précaires qui vivent dès lors en permanence dans la crainte de perdre leur moyen de subsistance. Vous vous rappelez les manifestations des stagiaires? Les vacataires eux aussi, quand ils protestent, avancent masqués. L'anonymat du blog ne semble pas les protéger de manière suffisante... Que Julie se rassure. Je ne suis pas si seule : j'ai reçu beaucoup de messages de soutien, mais en live.

A bientôt

20.10.2007

vakater blues (suite)

Je suis revenue vous parler de Carmen. Vous ne l’avez pas oubliée ? Elle a apporté cette semaine sa modeste, mais méritoire, contribution à la formation intellectuelle de l’élite de la nation : 5 heures d’espagnol à l’ENTA. Elle était toute fière, toute contente, comme un gamin qui aurait décroché … Mais la rencontre avec les autres vacataires a mis un sacré bémol à son enthousiasme juvénile. Oui, elle a rencontré les professeurs d’allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, français, japonais, portugais, russe (voyez, pour ne blesser aucune susceptibilité, je respecte l’ordre alphabétique), qui travaillent à l’école. Des femmes majoritairement. Et, comme on dit poliment, d’un certain âge. « Moi, ça ne m’arrivera jamais, a pensé Carmen, à cet âge-là, moi, j’aurai un emploi stable. » Le pire, c’est que, comme elle est nouvelle, à la pause autour d’un café imbuvable servi dans un gobelet en plastique, les collègues ont voulu lui faire entendre le « blues du vacataire». Ce n’est pas un chant révolutionnaire qui vous mène au combat, c’est une chanson clandestine qu’on chante entre soi sans surtout élever la voix. Vous avez de la chance, j’ai noté le texte.

« Après les angoisses du début d’année
T’as travaillé trois mois, toujours pas payée
Et les heures supprimées, pas rémunérées

T’auras pas de contrat, c’est l’Etat
N’attends pas le syndicat, il est pas là
Gare à toi, sois toujours sympa

C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire
Si ça te plaît pas, tu peux rentrer chez ta mère
Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire » ;


Le refrain, si je me souviens bien, était plutôt simple :

Tu ne peux rien changer
Si tu protestes, tu te fais virer
Des bottes, tu devras lécher
Surtout, ne te fais pas détester

Quand Carmen a voulu introduire une note plus positive, on lui a répondu avec toujours les variations du même thème : T’as aucun droit, ici c’est chacun pour soi.

Si j’ai mal noté les paroles, si j’ai oublié une ligne, vous pouvez me contacter. Le blues, elle est en train d’en faire un rap.

13.10.2007

Carmen. Suite

Chère lectrice, cher lecteur,

C'est pour forcer votre empathie - pas brillant chez vous, l'empathie, la fonction est trop souvent sollicitée -, que je vous ai précipité(e), sans accord préalable et sans ceinture de sécurité, dans un monde virtuel, une Second life probablement aussi banale, si pas plus que la première. Mais avec Carmen... Ceux qui arrivent en retard, ont droit à une séance de rattrapage : cliquer donc sur "Aventure de Carmen" ou "Virée".

Il faut imaginer Carmen heureuse ce matin. Elle a décroché cinq heures de cours à l'ENTA. Le responsable du département d'espagnol étant absent pour cause de congrès en Lituanie, elle a été reçue par le directeur du département lui-même. En sortant, elle a retrouvé Bruno, qui l'attendait à l'Ancre marine, bistrot bien connu de la rue de Siam. Bruno, Bruno...Je vois que ça vous intéresse. Vous pensez bien que Carmen n'est pas revenue poser ses valises à Brest - ville qu'elle avait découverte lors d'un séjour Erasmus pendant ses études - pour les audaces architecturales de la Place de la Liberté ou la Penfeld rendue aux Brestois. Je ne vous raconterai pas leur rencontre. C'était un jeudi soir.. De Bruno, il vous suffit de savoir aujourd'hui qu'il est supporter du Stade Brestois, technicien de plateau, qu'il travaille pour un salle de spectacle bien connue. Ce qu'ils vont se dire à l'Ancre marine, cela ne vous regarde pas. Il faut leur souhaiter un bon week end et à vous aussi.

12.10.2007

LES AVENTURES DE CARMEN

Mon objectif, en créant ce blog, n'était pas de régler des comptes personnels, mais de contribuer à faire connaître la situation des vacataires, de devenir - en toute modestie - la "porte-parole" d'un groupe dont les revendications légitimes ne sont jamais relayées par la presse. Je veux parler de la situation des enseignants vacataires. La situation que je connais le mieux, c'est celle des professeurs de langues étrangères. Si ça vous intéresse.

Alors imaginez : Vous avez fait des études de langue, puis vous avez séjourné à l'étranger, vous avez une formation pédagogique. Non je me trompe, vous êtes madrilène, vous avez fait des études de français et d'espagnol, vous avez choisi de vivre à Brest, parce que pour vous, c'est la plus belle ville du monde. Vous aurez certainement envie d'enseigner l'espagnol, votre langue maternelle. Vu le nombre d'écoles supérieures, vous vous dites que cela ne doit pas être si difficile, si on a les diplômes requis. Vous allez appliquer bien sûr les techniques de recherche d'emploi classiques. D'abord, vous allez être surpris, car il n'y a aucune offre de ce genre à l'ANPE, ni dans les journaux. Mais justement, par chance, vous connaissez quelqu'un qui connaît quelqu'un qui s'entend bien avec un responsable dans une école et ils ont besoin de quelqu'un en espagnol. La première question que l'on vous posera lors de l'entretien vous étonnera sans doute : "Vous avez un employeur principal. Vous ne pouvez pas travailler chez nous sans employeur principal." Un employeur principal ? Je vous explique : la présence d'un employeur principal garantit que vous n'allez pas, après quelques années, réclamer indûment un poste. De plus dans certains cas, si vous avez un poste à temps plein, votre nouvel employeur n'aura pas à payer la totalité des charges. Dans ce secteur d'activité, on donnera donc de préférence du travail aux personnes qui n'en ont pas besoin. Cela ne vous arrange guère, évidemment. Mais on trouvera une solution. Peut-être, le portage salarial. Pas très répandu évidemment, car c'est un service payant. On suggèrera aussi que vous deveniez votre propre employeur en créant votre petite entreprise. Vous deviendrez donc prestataire de service du service public. Vous trouvez que c'est bizarre. Votre prestation, l'enseignement, relève du service public, surtout dans une école publique. Les mauvaises langues vous diront bien sûr que c'est un cas de salariat déguisé, qu'il y a un lien de subordination. Ne les écoutez pas, vous voulez travaillez, non? Certaines écoles, heureusement, n'ont pas cette exigence. Bon, pour vous tout s'arrange, vous avez des heures. Bienvenue au vivier ! Sachez quand même que le nombre d'heures que vous pourrez faire dans une école est plafonné. Toujours pour éviter toute velléité de titularisation. Si vous avez de la chance, vous aurez assez de travail en partageant votre temps entre 2 ou 3 écoles. Ecolo ou pas, tant pis, vous consommerez pas mal de carburant. J'oubliais de vous dire que vous serez payé pour les heures de cours réellement donnée. Donc pas de grippe cet hiver et évitez le ski, trop dangereux. D'ailleurs les vacances, comme vous ne serez pas payé, évitez les grosses dépenses. Et puis question sécurité de l'emploi, ce n'est pas idéal. C'est ce que répondra le banquier quand vous lui demanderez un prêt (pour acheter une voiture moins polluante). Mais quand on a du travail aujourd'hui... A bientôt. Votre nom, c'est Carmen ?

11.10.2007

PAS AMERE, EN COLERE...

Pour répondre à Noël, non, je ne suis pas amère, je suis en colère. En colère de voir que la tendance lourde de notre société, c'est la paupérisation et la précarisation d'un nombre de plus en plus grand de personnes. De voir aussi que l'Etat, dans son rôle d'employeur, contribue fortement à cette précarisation. Je suis un cas parmi d'autres.
Et
"...la précarité est la traduction d'un renforcement des inégalités sociales qui est devenu en quelques années le plus problème le plus considérable que la société française ait eu à affronter de puis longtemps. Ses causes et ses effets vont bien au delà de la population visible des exclus. (Pierre Bourdieu)

A demain

08.10.2007

VIRÉE...

Licenciée, congédiée, mise à la porte, renvoyée, lourdée, vidée, jetée, saquée, écartée, virée…

… Mais pas remerciée pour mes 14 années de travail à l'Ecole Nationale des Télécommunications. Privée de mes revenus, sans aucun droit à des allocations de chômage, puisqu'en 1994 - pour faciliter la vie de mon employeur, qui a déjà tant de soucis avec la législation du travail et les charges patronales - j'ai adopté le statut libéral. Me voilà en plus dépossédée de mon identité professionnelle, car un prof sans école et sans élèves, ce n'est plus un prof, non? D'ailleurs est-ce que j'étais vraiment un prof ? Car, pour tout dire, j'étais vacataire.

Oui, je faisais partie de l'armée des professeurs vacataires, qui, année après année, assurent, dans les établissements publics, les cours de langues de nos étudiants. Ils sont certes compétents et qualifiés, néanmoins intermittents de l'éducation sans contrat de travail et payés à la tâche. Ils sont privés de toute initiative pédagogique et soumis à l'arbitraire d'un chef de département. Ils travaillent en marge du code du travail, dans l'indifférence des syndicats, pourtant si prompts à intervenir quand il s'agit de défendre d'autres catégories.

Cette précarité, je m'en suis lassée. Les entretiens, les courriers n'ont pas donné de résultats. Alors, transgression des transgressions, avec l'aide d'un avocat, qui assure que ma situation est absolument scandaleuse au regard du droit, j'ai déposé une plainte au Tribunal Administratif. La réponse (plutôt la non-réponse) du Groupement des Ecoles de Télécommunication est arrivée en septembre : je me suis fait écarter, blacklister, priver d'emploi.

Ma situation n'est hélas pas unique, loin s'en faut. Cependant, la précarité que subissent les vacataires et l'absence de statut reconnu n'encouragent pas vraiment l'expression de leurs revendications. J'aimerais donc que ce blog puissse devenir un lieu de discussion et d'information pour les vacataires de l'enseignement, pour les travailleurs précaires en général ainsi que pour tous ceux qui se sentent concernés.

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