« 2007-11 | Page d'accueil | 2008-01 »
30.12.2007
ENCORE DES CHIFFRES
Bienvenue sur le site ... A lire une note sur l'enseignement du FLE
Moins de 11 euros : c’est le taux horaire minimum conventionnel d’un formateur D1 technicien qualifié.
5 ans : c’est le délai prévu par la Convention Collective pour que les formateurs D ou E accèdent automatiquement à l’échelon supérieur (2) de sa catégorie. La réalité est toute autre : rares sont les salariés qui y parviennent, l’employeur renâclant à nous accorder l’entretien prévu à cet effet.
25 euros : c’est la rémunération horaire proposée à un ‘bénévole’ volontaire à l’enseignement du FLE (Français Langue Etrangère) aux étrangers désireux d’obtenir le DILF (diplôme initial de langue française). Ce sésame, créé par décret en décembre 2006, valide les premiers apprentissages en français.
38 h : c’est la durée de la formation estimée suffisante pour transmettre à ce personnel volontaire les techniques et compétences pédagogiques le rendant apte à enseigner le FLE à un public dont ce n’est pas la langue maternelle.
Le gouvernement Sarkozy fait peu de cas du statut, des droits du formateur et de la CCN OF. Il se moque d’une branche professionnelle toute entière. Il discrédite notre langue en décrétant qu’elle peut être enseignée sans compétence particulière. Il accentue la précarité, le chômage dans notre secteur.
Sa politique autoritaire en direction des étrangers primo arrivants est l’aboutissement de la disparition du FASILD (Fonds d'Action et de Soutien pour l'Intégration et la Lutte contre les Discriminations) et de l’application du Code des marchés publics envers les dispositifs de formation pour migrants et plus généralement liés à l’insertion. La CGT a alerté sur l’abandon progressif du FASILD au nom du droit commun, des actions liées aux étrangers vivant en France. Le SNPEFP s’opposera partout dans les régions à l’application de cette politique méprisante et indigne.
+ 8% : c’est l’augmentation du chiffre d’affaires des Organismes de Formation en 2007 pronostiquée par l’Observatoire Economique de la FFP. Les prévisions pour 2008 prévoient, grâce au DIF, une croissance dépassant les + 9%.
+ 1,5% : c’est la proposition des représentants patronaux de la FFP d’augmentation de nos salaires pour l’an prochain. Le SNPEFP a la conscience tranquille puisque nous n’avons pas signé l’accord précédent, croyant peu en leur promesse –verbale- d’une revalorisation qui aurait dû avoir lieu en juin dernier. Non seulement le patronat n’a pas tenu ses engagements, mais il a tenté d’arracher un nouvel accord à minima qui l’exonérerait de toute revendication future. Les organismes s’enrichissent, investissent, vantent et vendent le professionnalisme de leurs personnels ; parallèlement, ils mènent une politique salariale exécrable. Ni les salariés, ni les usagers, ni les commanditaires ne peuvent rester insensibles à ces coups portés à la qualité et à la dignité.
100 000 :c’est le nombre de salariés de la FPC (formation professionnelle continue: Au cœur du dispositif, il y a les stagiaires bénéficiaires des formations. A leur côté, il y a les personnels des organismes de formation et, en particulier, les formateurs, principaux acteurs du secteur. Face à nous, il y a les employeurs. Parmi eux, il y a la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle) qui, aussi légitime soit-elle, ne représente que 300 adhérents. Bientôt peut-être, un 2ème, voire un 3ème interlocuteur patronal pour représenter environ 40 000 entités viables. Nos patrons, avec qui nous négocions, ne sont que des intermédiaires prestataires de service.Derrière et au dessus d’eux, il y a les donneurs d’ordre, les commanditaires, les clients, les services achat, les collectivité territoriales, la région. Les disparités en matière de politique salariale ainsi que les nombreux accords d’entreprise signés nous invitent à la nécessité de moderniser notre Convention Collective devenue désuète. Un autre défi serait d’être présents si des négociations se mènent au niveau régional.
3/4 : c’est le taux de l’offre privée (actions de formation que le secteur privé, associatif ou marchand propose au public salarié ou demandeur d’emploi). Ce sont les personnels dans nos associations et organismes de formation qui assurent cette mission. Notre dernière CEN (Commission Exécutive Nationale) a confirmé l’incontournable nécessité de participer à et de nous exprimer dans les collectifs et groupes de travail confédéraux et fédéraux CGT.
Smail LAMARA
SNPEFP CGT
19:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : étranger, FLE, précarité, Brest, municipales
15.12.2007
CARMEN ET LE PRIX DES NOUILLES
Vous connaissez ma copine Carmen. (Si vous arrivez sur ce blog, rattrapez vite le temps perdu et lisez nos archives.) Je suis allée la voir ce matin, justement, ma copine Carmen. Quand je suis arrivée sur son palier, elle discutait avec ses voisins. Ils parlaient du temps.
« Il fait froid, sale temps pour les pauvres. »
Et les voisins de renchérir.
« Il fait froid, mais le problème, c’est pas le froid, c’est le prix du gaz. »
Vous l’aurez compris, on se chauffe au gaz chez Carmen.
« Et les SDF, tu crois qu’ils aiment ça, le froid ? Ils s’en fichent, les SDF, qu’on skie ou pas à Noël… Combien de SDF, en France ? Plus de 100 000, non ? Et il y en a qui travaillent… et avec des enfants.
- Et en plus, vous avez vu dans le Télégramme, ça fait 29 % d’augmentation en trois ans chez Edouard Leclerc et les autres. Et toi, Carmen, ils t’augmentent tes patrons ? »
Carmen ne répond pas, elle a un gros souci. Elle vient d’apprendre qu’un de ses cours s’arrête après Noël. Alors si, en plus, le prix des nouilles continue à augmenter.
« 32,8 % les nouilles depuis 2004 » ! C’est écrit dans le Télégramme. C’est qu’c’est vrai.
- D’ailleurs, vous n’avez qu’à regarder, dans les supermarchés. Tout le monde baisse les yeux, ça devient une habitude. D’abord voir le prix dans les rayons du bas, discrètement. On a sa fierté. Et puis les ménagères qui tournent et retournent le jambon éco pour trouver quelque chose de mangeable à mettre dans les nouilles au beurre. Et la caissière qui s’excuse presque, et compatit, 72 Euros, pour presque rien.
-Tu ne pourrais pas trouver un job à la fac Carmen avec tous tes diplômes ?
-Tu as vu tout ce qu’elle a promis la ministre, la blonde, pour les étudiants, histoire de calmer les lycéens ? Des heures de langue en plus, non ?
-Tu crois qu’on va créer des postes ? »
Non, Carmen, désolée de te décevoir. Les syndicats réclament, certes, des créations de postes statutaires. Mais la blonde ministre a déjà répondu : travailler plus pour gagner plus, augmenter le nombre de vacataires et faire travailler les bénévoles.
« Et la redevance, tu te rends compte, la vieille dame du troisième avec son chat. Elle a déjà du mal, elle, à payer les nouilles, non ? C’est prendre l’argent dans des poches vides,ça… »
Je suis partie. Elle a de la chance, Carmen, d’avoir des voisins comme ça. Il faudra que je lui dise.
09:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : inflation, vacataire, étudiants, municipal Brest
06.12.2007
CARMEN N'ARRÊTE PAS DE SE PLAINDRE ....
Chers visiteurs du site, bonjour.
Ce blog n’est ni humoristique, ni poétique, ni surtout consensuel. C’est le blog d’une emmerdeuse, d’une râleuse, d’une vacataire virée. Si vous voulez plus d’infos, allez donc chercher dans les archives. Le 8 octobre, encore sous le choc, j’ai longuement expliqué comment j’ai été ‘blacklistée’ pour avoir tenté de défendre mes droits de manière légale (Virée). Depuis, rien de nouveau car le GET, celui que j’appelle mon ex-employeur et qui prétend, lui, être mon client, n’a toujours pas répondu au juge du Tribunal Administratif. La patience est une vertu. Au cours des notes suivantes, je vous ai beaucoup parlé de ma copine Carmen, espagnole vous l’aurez deviné, qui est venue vivre à Brest avec Bruno, son amoureux. Vous avez sûrement aimé Les aventures de Carmen. (Vous pouvez les relire) . Depuis lors, Carmen, prof de langue, travaille comme vacataire dans quelques grandes écoles de Brest, notamment à l’ENTA. Je vous ai déjà raconté tout cela. Les années ont passé et elle a découvert la réalité de sa situation de précaire. C’est alors qu’elle a commencé à chanter « le blues des vacataires ». S’il vous prenait l’envie d’en faire un tube, pensez à moi pour les droits d’auteur.
Et Carmen maintenant n’arrête pas de râler. Dès la fin du mois d’août, chaque année, elle a peur. « J’aurai des cours? J’aurai pas de cours ? Ils vont me donner combien d’heures ? - Donner, donner. Le boulot, ce n’est pas un cadeau, répond Bruno. – Mais il faut bien travailler plus pour gagner plus. Le salaire horaire des profs vacataires a à peine augmenté depuis 15 ans. » Après une période de stress, elle a enfin, début septembre, son emploi du temps. Quand on l’a appelée pour lui proposer des heures, elle a dit oui à tout par peur du manque. Résultat : un horaire pas du tout aménagé. Beaucoup de périodes d’attente. Beaucoup de cours du soir. A la maison, quand elle rentre près de son Bruno, elle râle. A l’école, elle sourit, elle n’ose rien dire, sa position n’est pas stable et elle veut travailler, hein ? Octobre. Elle remarque, cette année encore, que ses tickets de cantine, elle les paie plus cher que ses collègues permanents. C’est vexant. Elle en parle à la secrétaire qui en parle au directeur, qui promet comme chaque année de faire quelque chose. La bronchite en novembre, une mauvaise blague, un coup tordu. La faute à pas de chance. Elle va au boulot malade, parce qu’elle tient à son salaire. Et puis elle veut faire bonne impression. C’est fou ce que c’est important de faire bonne impression dans ce métier. Il n’y a pas d’évaluation objective du travail des profs. Alors ramener le chef de département en voiture, ça tient lieu finalement d’évaluation positive. Toujours veiller à donner une impression de sérieux. Ne rien dire qui fâche. Être toujours prête pour un remplacement au pied levé. « Le cinéma, ce soir, je peux pas. Pas le choix ». Et évidemment, pas le droit d’être malade. Décembre. Les collègues permanents parlent sans vergogne de leur treizième mois. Sans ce petit cadeau, ils ne pourraient pas s’en sortir, c’est clair. Et c’est tellement bien en ce moment, disent-ils, avec le Comité d’Entreprise, on a des tickets de cinéma, des places au cirque beaucoup moins chères. La fête de Noël des enfants du personnel, c’est bientôt. « Quand j’aurai des enfants, ils ne seront pas invités... », qu’elle se dit Carmen. Enfin Carmen, des enfants, c’est pas raisonnable. Bruno dit oui ? Il est inconscient et toi tu plaisantes. Imagine que tu aies une grossesse difficile. Absente 6 mois, on t’aura complètement oubliée. A la rigueur, si tu pouvais accoucher fin juillet. On en parlera une autre fois. A +
09:37 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vacataire, précaire, Brest, municipalité







