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08.05.2008

CARMEN N'EST PAS A LA FÊTE

Pas drôle, le mois de mai pour Carmen. Tous ces jours fériés ! Le 1er mai, le 8 mai, la Pentecôte.
Et en plus ces 2 ponts. Le jeudi, c'est pas grave, on ne travaille pas beaucoup dans les écoles de Carmen. Le jeudi après-midi, les étudiants font du sport. Alors, elle a juste une heure. Vous vous rendez compte une heure. Se déplacer pour une heure, au prix de l'essence. Mais le vendredi, elle a quatre heures de cours. Le 2 mai et le 9 mai, ça lui fait 8 heures en moins. Plus lundi ... Carmen est payée à l'heure, alors son salaire de mai....Et en juin, les examens. Et après le 15 juin, plus rien. Elle ne l'avait imaginée pas comme ça, sa vie, Carmen, quand elle a décidé de rester à Brest. Vous vous souvenez ? Elle a passé un an ici dans le cadre des échanges Erasmus. Puis, elle est restée. Pour Bruno, évidemment. Elle se disait qu'aves toutes les écoles supérieurs à Brest, elle pourrait trouver du travail. C'est un vrai prof d'espagnol, vous savez, avec diplôme, stage. Elle a cherché : ANPE, petites annonces, rien. Ses premières vacations, elle les a eues grâce à une copine. Après, on lui a proposé des interventions dans d'autres grandes écoles de Brest. Toujours par relation. On lui a donné des heures. Bruno bondit quand il entend ça, 'donner des heures'. « Le travail, c'est pas un cadeau. On ne dit pas merci au patron, quand même ! » Les vacataires disent comme cela : « X m'a donné 6 heures. » X (h/f), c'est le/la responsable du département langue. En mai et juin, il vaut bien s'entendre avec lui/elle, parce que c'est lui/ elle qui peut décider si vous avez du boulot ou pas. On se rappelle à lui ou à elle discrètement, on lui demande des nouvelles des enfants d'un air intéressé. « Ta voiture est en panne, tu veux un lift ? Pas de problème. » On assure les remplacements au pied levé avec le sourire. « J'avais prévu d'aller au cinéma, mais si ça peut t'aider, je peux le faire. » Il n'y a pas de véritable évaluation du travail de vacataire. Tout est dans le ressenti. Il faut juste avoir le 'look' du vacataire qui assure. Le sourire et ne pas faire d'histoire. Carmen a compris tout ça. En juin, c'est important. Il faut poser la bonne question : « Tu auras des heures pour moi, l'année prochaine? Je t'appelle début septembre, c'est ça ? J'aimerais travailler plus, tu sais » En juin, il faut aussi se renseigner auprès des autres vacataires. Ce sont eux qui savent s'il y a des 'heures à donner' dans l'une ou l'autre école. Alors il vaut mieux bien s'entendre avec ses collègues, pas trop râler, pas piquer le boulot des copains, pas crâner avec de nouvelles méthodes et des idées géniales. Les collègues aussi peuvent te griller. Une petite remarque bien sentie auprès du responsable, et toi, tu quittes le vivier. Sans savoir qui t'a enfoncé ce poignard dans le dos. L'idéal du vacataire, au fond, c'est carpette et gris muraille. Carmen sait tout cela. C'est pour ça qu'à cette saison, elle n'est pas à la fête. Sympa Carmen, hein? Vous (f/h), avec tous ces jours de congés, peut-être que vous avez le temps, alors allez faire un tour dans les archives et lire ses aventures, qui paraissent sur ce blog depuis octobre 2007. Il y a le blues des vacataire, une incursion au pays des jouets, une histoire de SMS, le prix des nouilles... Entre deux épisodes, les syndicats font leur pub aussi. (On parlera des syndicats une autre fois, si vous le voulez bien.) Il est sympa le blog du Télégramme, bien aéré, bien présenté. Et en plus, vous n'êtes n'es pas agressé par la pub. Et tout cela gratuitement. Mieux que Le Monde et Libération. Et en plus, ils m'ont mis en blog du jour. Carpette, moi ? Ben, j'ai été vacataire, moi aussi, c'est vrai. Et si vous voulez savoir, comment ça s'est terminé, allez lire 'Virée'.
(Archives d'octobre)