02.02.2008
Les profs de langue ont-ils des droits ?
Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.
Aujourd'hui Carmen se pose sérieusement cette question. "Les profs de langue ont-ils des droits en France ? Les mêmes droits que les autres ?" Violaine vient de lui poster cette réponse - qui concerne les profs de langue du privé. Une sorte d'appel à mobilisation, qu'elle me prie de vous transmettre, chers lecteurs. Si cela vous intéresse. Puisque vous venez souvent nous rendre visite sur ce blog, laissez donc un petit mot, un petit message. C'est anonyme.
"Organismes de formation: Oui, les profs de langues ont des droits aussi Vous travaillez dans une école de langues en France depuis des années, ou bien vous venez d’arriver. Vous enseignez les langues parce que vous aimez ça, ou bien vous faites ce travail par obligation. Vous aimez votre travail, mais les conditions qui vous sont faites ne vous satisfont pas. Ou, peut-être, vous n’appréciez pas trop votre travail, mais vous pensez que vous l’aimeriez davantage si les conditions étaient meilleures. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas que vous avez les mêmes droits, et le droit de demander de meilleures conditions, que les autres salariés en France. Aujourd’hui, la formation en langues est un métier hautement professionnel qui a vocation à se développer de plus en plus dans un monde de plus en plus mondialisé. Le métier de formateur (comme tous les métiers en France) est réglementé par une Convention Collective, un accord national négocié entre les syndicats et les organisations patronales. Cet accord, la Convention Collective des organismes de formation n° 3249, réglemente vos droits en ce qui concerne les contrats de travail, la rémunération, le temps de travail, l’embauche et le licenciement, la maladie, les vacances, la formation, la retraite, etc. Vous pouvez vous procurer ce document au Journal Officiel (www.legifrance.gouv.fr), sur le site du syndicat SNPEFP-CGT (Syndicat national des personnels de l’enseignement et de la formation privés) (www.snpefp-cgt.org) ou sur le site de l’organisation patronale FFP (Fédération de la formation professionnelle), www.ffp.org. Les problèmes qui préoccupent les formateurs dans la plupart des écoles de langues sont à peu près les mêmes depuis des années: les temps de disponibilité et de transport non rémunérés, les faibles salaires, le manque de promotion et, particulièrement pour les formateurs en langues dites ‘rares’, une précarité totale. Et pourtant, le secteur de la formation professionnelle est en plein essor. D’après les chiffres de la fédération patronale, l’augmentation du chiffre d’affaires des organismes de formation était de 8% en 2007, et sera de 9% en 2008. Si les organismes se restructurent, le travail ne manque pas…il n’est que de consulter les journaux spécialisés ! Mais apparemment, les employeurs sont les seuls à profiter de cette conjoncture favorable. C’est peut-être le bon moment pour les salariés du secteur d’exiger de meilleures conditions de travail. De toute manière, personne ne le fera à leur place ! De plus en plus de profs de langues se mobilisent, s’organisent, discutent de leurs problèmes ensemble, prennent contact avec un syndicat, voire se syndiquent. Les choses peuvent avancer si nous sommes plus nombreux, plus nombreuses, à exiger le respect de nos droits. Prendre contact avec un syndicat peut être un premier pas. Envoyez-nous un courriel à snpefp@ferc.cgt.fr. SNPEFP-CGT: un syndicat pour les formateurs en langues"
08:07 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : profs de langue, précaire, Brest, écoles
20.10.2007
vakater blues (suite)
Je suis revenue vous parler de Carmen. Vous ne l’avez pas oubliée ? Elle a apporté cette semaine sa modeste, mais méritoire, contribution à la formation intellectuelle de l’élite de la nation : 5 heures d’espagnol à l’ENTA. Elle était toute fière, toute contente, comme un gamin qui aurait décroché … Mais la rencontre avec les autres vacataires a mis un sacré bémol à son enthousiasme juvénile. Oui, elle a rencontré les professeurs d’allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, français, japonais, portugais, russe (voyez, pour ne blesser aucune susceptibilité, je respecte l’ordre alphabétique), qui travaillent à l’école. Des femmes majoritairement. Et, comme on dit poliment, d’un certain âge. « Moi, ça ne m’arrivera jamais, a pensé Carmen, à cet âge-là, moi, j’aurai un emploi stable. » Le pire, c’est que, comme elle est nouvelle, à la pause autour d’un café imbuvable servi dans un gobelet en plastique, les collègues ont voulu lui faire entendre le « blues du vacataire». Ce n’est pas un chant révolutionnaire qui vous mène au combat, c’est une chanson clandestine qu’on chante entre soi sans surtout élever la voix. Vous avez de la chance, j’ai noté le texte.
« Après les angoisses du début d’année
T’as travaillé trois mois, toujours pas payée
Et les heures supprimées, pas rémunérées
T’auras pas de contrat, c’est l’Etat
N’attends pas le syndicat, il est pas là
Gare à toi, sois toujours sympa
C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire
Si ça te plaît pas, tu peux rentrer chez ta mère
Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire » ;
Le refrain, si je me souviens bien, était plutôt simple :
Tu ne peux rien changer
Si tu protestes, tu te fais virer
Des bottes, tu devras lécher
Surtout, ne te fais pas détester
Quand Carmen a voulu introduire une note plus positive, on lui a répondu avec toujours les variations du même thème : T’as aucun droit, ici c’est chacun pour soi.
Si j’ai mal noté les paroles, si j’ai oublié une ligne, vous pouvez me contacter. Le blues, elle est en train d’en faire un rap.
09:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brest, écoles, enseignement, rap, vacataires
12.10.2007
LES AVENTURES DE CARMEN
Mon objectif, en créant ce blog, n'était pas de régler des comptes personnels, mais de contribuer à faire connaître la situation des vacataires, de devenir - en toute modestie - la "porte-parole" d'un groupe dont les revendications légitimes ne sont jamais relayées par la presse. Je veux parler de la situation des enseignants vacataires. La situation que je connais le mieux, c'est celle des professeurs de langues étrangères. Si ça vous intéresse.
Alors imaginez : Vous avez fait des études de langue, puis vous avez séjourné à l'étranger, vous avez une formation pédagogique. Non je me trompe, vous êtes madrilène, vous avez fait des études de français et d'espagnol, vous avez choisi de vivre à Brest, parce que pour vous, c'est la plus belle ville du monde. Vous aurez certainement envie d'enseigner l'espagnol, votre langue maternelle. Vu le nombre d'écoles supérieures, vous vous dites que cela ne doit pas être si difficile, si on a les diplômes requis. Vous allez appliquer bien sûr les techniques de recherche d'emploi classiques. D'abord, vous allez être surpris, car il n'y a aucune offre de ce genre à l'ANPE, ni dans les journaux. Mais justement, par chance, vous connaissez quelqu'un qui connaît quelqu'un qui s'entend bien avec un responsable dans une école et ils ont besoin de quelqu'un en espagnol. La première question que l'on vous posera lors de l'entretien vous étonnera sans doute : "Vous avez un employeur principal. Vous ne pouvez pas travailler chez nous sans employeur principal." Un employeur principal ? Je vous explique : la présence d'un employeur principal garantit que vous n'allez pas, après quelques années, réclamer indûment un poste. De plus dans certains cas, si vous avez un poste à temps plein, votre nouvel employeur n'aura pas à payer la totalité des charges. Dans ce secteur d'activité, on donnera donc de préférence du travail aux personnes qui n'en ont pas besoin. Cela ne vous arrange guère, évidemment. Mais on trouvera une solution. Peut-être, le portage salarial. Pas très répandu évidemment, car c'est un service payant. On suggèrera aussi que vous deveniez votre propre employeur en créant votre petite entreprise. Vous deviendrez donc prestataire de service du service public. Vous trouvez que c'est bizarre. Votre prestation, l'enseignement, relève du service public, surtout dans une école publique. Les mauvaises langues vous diront bien sûr que c'est un cas de salariat déguisé, qu'il y a un lien de subordination. Ne les écoutez pas, vous voulez travaillez, non? Certaines écoles, heureusement, n'ont pas cette exigence. Bon, pour vous tout s'arrange, vous avez des heures. Bienvenue au vivier ! Sachez quand même que le nombre d'heures que vous pourrez faire dans une école est plafonné. Toujours pour éviter toute velléité de titularisation. Si vous avez de la chance, vous aurez assez de travail en partageant votre temps entre 2 ou 3 écoles. Ecolo ou pas, tant pis, vous consommerez pas mal de carburant. J'oubliais de vous dire que vous serez payé pour les heures de cours réellement donnée. Donc pas de grippe cet hiver et évitez le ski, trop dangereux. D'ailleurs les vacances, comme vous ne serez pas payé, évitez les grosses dépenses. Et puis question sécurité de l'emploi, ce n'est pas idéal. C'est ce que répondra le banquier quand vous lui demanderez un prêt (pour acheter une voiture moins polluante). Mais quand on a du travail aujourd'hui... A bientôt. Votre nom, c'est Carmen ?
15:15 Publié dans Enseignement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Brest, écoles, enseignement, presse







