28.05.2008
CARMEN ET L'URSSAF
Je reposais le troisième volume de Millénium. Curieux sentiment de vide. Et le quatrième tome risque de se faire attendre... Si vous avez des infos à ce propos, cher lecteur (h/f), n'hésitez pas à m'en faire part et laissez un petit message sur ce blog. Je posais donc mon livre. Juste à ce moment-là, on frappe vigoureusement à la porte. C'était elle, Carmen bien-sûr, vous l'aurez deviné. (Carmen est enseignante vacataire, professeur d'espagnol dans l'enseignement supérieur. En plus, c'est ma copine. Moi, je suis la copine de Carmen, et accessoirement une vacataire virée de l'enseignement supérieur pour cause de contestation de statut. Si vous voulez en savoir plus, allez voir dans les archives d'octobre. En bas à droite.) C'était bien Carmen.
- T'as fini ton bouquin. On va pouvoir te causer maintenant?
- Je te le prête, pour les vacances.
- Me parle pas des vacances. Déjà en mai, le salaire c'était pas terrible. Mais, en juin, c'est la catastrophe avec ces examens qui sont mal payés. Et en juillet, c'est le vide absolu, plus un sou. Pour Millénium, je veux bien que tu me le prêtes. C'est pas trop noir comme histoire ?
- Non, le bien et la justice triomphent au bout du compte. C'est très moral.
- Pas comme dans la vie, hein? Enfin, je parle de la mienne. Tu crois qu'il y a une justice ? Tu as vu les retraites? Dire qu'il y en a qui manifestaient la semaine dernière pour un an de plus ou de moins de cotisation. Comment veux-tu qu'on y arrive, nous les vacataires, à cotiser suffisamment ? N'empêche qu'on travaille quand même... C'est vraiment pas juste. En plus, ça y est je me suis inscrite. Je suis travailleur indépendant... En « libéral », quoi.
- Hein, t'as fait ça ! Pourtant, je t'avais dit ...
- Dans les écoles du public, les grandes écoles, tu vois, chaque fois que je me présente pour avoir des heures, la première chose qu'on me demande, c'est pas : « Dans quelle université avez vous étudié? Sur quoi portait votre recherche ? » On s'attendrait à ça. Non, on me demande : « Vous avez un employeur principal? » Tu ne serais même pas prof, ils s'en fichent. Mais l'employeur principal, c'est important. Sans ça, c'est pas la peine d'aller plus loin. Et l'année prochaine, je voudrais travailler plus. Tu sais qu'à l'ENTA, il y a Francisco - tu sais qu'il est permanent, lui - qui prend une demi-année sabbatique. Il paraît qu'il va aux Baléares, travailler sur un projet de recherche. Pour un lexique médical. Il a une maison et des amis médecins sur une des îles, je ne sais plus laquelle... C'est pratique. L'école lui paiera juste son salaire comme d'habitude, mais pas le loyer. Il a l'air content. Normalement, il ne donne que six heures de cours. C'est pas beaucoup. C'est normal, il fait de la recherche pour son projet de lexique. Le semestre prochain, je pourrais les faire. J'espère. Six heures là et ailleurs on verra... A condition d'avoir le statut libéral, évidemment. Et si je m'entends toujours avec le chef...
Carmen, tu vas devoir tenir une comptabilité, garder tes factures. Tu vas râler contre les charges, comme le dentiste. Mais tu gagneras quand même beaucoup moins que lui ! Puis Carmen, tu ne voulais pas un bébé ? Comment tu vas faire ? Attends, pleure pas comme ça, Carmen. Je te fais un café ? Tiens, le bouquin, je te le prête tout de suite. Tu verras, c'est super. On reparlera de tes charges une autre fois, d'accord?
10:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : enseignement, vacataire, langue, brest, libéral, statut
15.05.2008
LES AVENTURES DE CARMEN : JOUR DE GREVE
Bonjour,
Chut, ne réveillez pas les enfants. Aujourd'hui, c'est jour de grève. Carmen ne sait toujours pas : « Je fais grève, je fais pas grève. J'y vais, j'y vais pas ? » D'un côté, la grève est organisée par les syndicats. Les syndicats, vous aurez compris qu'elle ne les aime pas trop (l'inverse doit être vrai également). Dire qu'elle ne les aime pas, c'est faux d'ailleurs. Elle ne se sent pas concernée. C'est tout. Ils ne parlent pas d'elle. Ils défendent les salariés, oui. Mais elle, elle se situe dans un espace-temps différent. C'est comme si elle était sur une autre galaxie. Comment expliquer autrement les heures supprimées, les congés non payés, les emplois du temps variables, les licenciements abusifs sans préavis ? Mais, quand même, la grève d'aujourd'hui, c'est pour la défense du service public. C'est important que les enfants aillent à l'école, qu'ils aient un enseignement de qualité. Oui, mais qu'elle se dit Carmen, moi aussi je travaille pour le service public, et moi, personne ne m'aide. Les syndicats, ils font comme si les vacataires n'avaient aucun droit ! Ils devraient aller voir sur le blog de Maître Icard, il explique tout. Sûrement que pendant leur formation, le jour où on a parlé des vacataires ils étaient tous à la pêche. Alors au fond, ça sert à quoi d'avoir des droits, si personne ne les défend ? Quand même, aujourd'hui, je lui ai dit à Carmen, c'est pas une grève pour les retraites. (Ne parlez pas à Carmen de sa retraite !) C'est une grève pour le service public, contre les programmes de Darcos, contre la précarité. ..Mais, est-ce qu'ils vont parler des précaires dans les médias ? Au fond, il a raison, le président, on ne peut pas faire confiance à la presse. Et il y a une manif aussi à Brest, aujourd'hui. Carmen, ça lui fait penser aux manifs contre le CPE. Vous vous en souvenez, du CPE ? Carmen se rappelle.
Elle ne comprenait pas ce qu'ils avaient contre le CPE, les jeunes. C'était un contrat de travail, quand même, le CPE. Ils n'ont même pas remarqué que la prof de japonais et le prof d'anglais en rêvaient, eux, d'un contrat première embauche, après vingt ans de métier. Tiens ! Et à cause de la grève, on supprimait les heures de cours (notamment les heures de japonais et d'anglais) et leurs profs vacataires n'étaient pas payés. Ils n'ont pensé pas à ça, les étudiants. A l'ENTA, heureusement pour Carmen, les étudiants n'ont pas fait grève. Pas concernés ! (Pour l'élite de la nation, on prépare le tapis rouge, pas des contrats pourris... ) Quand même, un jour, ça lui a fait tout drôle à Carmen, quand une de ses collègues, une titulaire, a dit « Moi, je vais à la manif contre le CPE. Il faut se battre. Ce qu'ils veulent faire à nos jeunes...tu te rends compte, un contrat pareil, aucune garantie, la précarité ... » La défense des droits, c'est toujours pour les autres, hein Carmen ? Je vous le disais, les vacataires, c'est une autre galaxie, un espace à part. Je crois que Bourdieu explique ça. Si ça vous intéresse, il appelle ça des « champs ». Si vous faites grève, ça vous fera de la lecture. N'oubliez pas le blog de Maître Icard (recherche : vacataires en colère) et Bourdieu... Et Carmen, il faut qu'elle se décide. « J'y vais, j'y vais pas ? Si j'y vais pas, je suis pas payée... »
10:02 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grève, éducation, vacataire, Brest, service public
12.05.2008
CARMEN ET LE MONDE DE SOPHIE
"Carmen, c'est quoi un « vacataire »? C'est maman qu'a dit que t'es vacataire. C'est pas des méchants les vacataires, hein, Carmen ?"
Même Sophie, s'y met. Sophie, c'est la petite voisine de Carmen, elle a sept ans.Faut dire que depuis que le blog des vacataires en colère est le blog du jour, ça devient insupportable pour Carmen. (Voir la note précédente , cher visiteur (h/f) si c'est votre première visite sur ce site.) Elle est devenue une vraie vedette dans son immeuble. Dans l'escalier elle entend les deux ados du premier qui chantonnent « C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire ...Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire ».
La vieille dame au chat, celle qui a une toute petite retraite et ne mange plus qu'un repas par jour, a vu le blog chez l'étudiante du troisième. Elle m'a hélée dans l'escalier, elle trouve qu'on aurait dû mettre la photo de Carmen pour présenter le blog. « Elle est plus belle que Carla Bruni, quand même, et c'est une travailleuse ! » Le monsieur qui travaille à l'arsenal lui a dit ce matin : « Courage Carmen, ça ira! ». Je l'ai déjà dit, je le répète : elle a de la chance Carmen d'avoir des voisins pareils. Elle n'a aucune envie de partir de cet immeuble, même si c'est vrai que c'est un peu petit, un T1 bis pour deux. Et elle rêve en plus de peindre une petite chambre en rose bonbon 'ou en bleu ciel). Mais sur ce point, Bruno est inflexible. « Non, Carmen, un contrat d'abord. »
Sacré succès dans son immeuble, mais qu'est-ce que ce sera au boulot mardi ? A l'ENTA.
Vont pas être contents. J'espère qu'ils ne vont pas la virer. Ce serait une catastrophe. C'est déjà arrivé. Une vacataire, elle travaillait depuis quatre ou cinq ans. Pas très bavarde. Elle donnait des cours de français et d'espagnol. A la fin, elle n'avait pas l'air contente, elle ronchonnait. Et puis à la rentrée suivante, elle n'était plus là. Fabienne, oui, elle s'appelait Fabienne. Il paraît qu'elle était allée voir le directeur pour protester, elle avait vu le syndicat. Et d'un coup, disparue. Un jour, la secrétaire a enlevé son nom de son casier.
Il y en a dit qui ont dit que c'était scandaleux et qu'il fallait envoyer une pétition.
Il y en a qui ont dit : « Pas le temps aujourd'hui, on fera ça demain »
Il y en a dit qui ont dit qu'elle n'avait plus de cours dans aucune école, qu'elle était grillée en quelque sorte.
Il y en a qui ont dit qu'elle l'avait bien cherché.
Il y en a qui ont que c'était comme ça, quand on est vacataire.
Il y en a beaucoup qui n'ont rien dit.
Alors vous vous rendez compte si ça arrivait à Carmen à cause de ce blog ! Vous me direz, elle aurait le temps de lire les trois volumes de Millenium. Mais vaut mieux pas, quand même. On peut compter sur vous, hein? Vous enverriez une pétition, vous feriez une manif avec les voisins de Carmen?
« Pourquoi, t'es vacataire Carmen, t'as fait une bêtise, Carmen?
- Arrête, Sophie, va jouer avec tes Pokémons, c'est des histoires de grandes personnes. »
16:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vacataire, prof, Brest
07.03.2008
Bienvenue sur ce blog
Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.
12:56 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : EVS, vacataires, précaires, Brest, école, langue
05.03.2008
Carmen et les EVS
Carmen a une bonne copine qui travaille dans une école primaire de Brest et fait plein de choses indispensables. Des choses prévues dans son contrat ... et d'autres pas. Donc, on n'en parle pas ici... C'est un contrat EVS, un contrat aidé. Vous connaissez? La copine de Carmen est contente d'avoir ce boulot, parce qu'à son âge... Evidemment, elle ne touche pas un gros salaire. Ce n'est pas comme si elle avait un poste de secrétaire. Je dis secrétaire, parce que c'est un peu le travail qu'elle fait. La directrice lui a dit : "Écoute, l'année prochaine ... Je ne pense pas que ton contrat..." La copine de Carmen, furieuse, a écrit une lettre au président Sarkozy, spécifiant qu'elle voulait travailler, qu'elle aimait ce travail. Voici donc la réponse qu'elle a reçue :
La réponse du Président aux EVS
Nous publions ci-dessous la réponse que reçoivent les EVS sous CAV inquiets pour leur avenir, qui écrivent au Président Sarkozy.
M ,
Vous avez appelé l’attention du Président de la République, qui a transmis votre message à M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale, sur l’arrivée à échéance de votre contrat d’avenir (CAV) ayant permis de vous recruter en qualité d’emploi vie scolaire dans les services de l’éducation nationale.
Les recrutements d’emplois vie scolaire par contrats aidés répondent à un double objectif : satisfaire certains besoins jusque là non couverts dans les établissements scolaires et constituer une première étape d’un parcours d’accès ou de retour à l’emploi. Ce dernier objectif explique que votre contrat ait eu une durée limitée, sans possibilité de renouvellement.
Néanmoins, un entretien individuel de diagnostic doit vous être proposé à son échéance par l’ANPE. Cet entretien permet d’examiner les possibilités qui s’offrent à vous en matière d’emploi. Si aucun entretien ne vous a été proposé, je vous invite à contacter un conseiller dans l’agence la plus proche de chez vous. La liste et les coordonnées des agences ANPE figurent sur leur site Internet (www.anpe.fr).
En outre, le ministère de l’Education nationale aide ses anciens agents à trouver un emploi dans les meilleures conditions possibles.
Ainsi, à la fin de votre contrat, vous recevrez une attestation de compétence sur laquelle figureront les activités et compétences que vous avez développées durant votre recrutement. Grâce à cette attestation, vous pourrez notamment accéder aux dispositifs de validation des acquis de l’expérience qui peuvent vous permettre d’obtenir un diplôme en fonction des activités et compétences développées.
Concrètement, vous pouvez vous présenter auprès des services responsables du dispositif académique de validation des acquis (DAVA) de votre rectorat. Vous trouverez la liste et les coordonnées des rectorats sur le site Internet du ministère de l’Education nationale (www.education.gouv.fr).
L’obtention éventuelle d’un diplôme grâce à ces dispositifs, ainsi que l’expérience acquise durant votre recrutement par contrat aidé, pourront ainsi faciliter vos démarches en vue d’accéder à un nouvel emploi.
Je vous prie de croire, M , en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
La réponse du Président aux EVS
mardi 19 février 2008, par *, AC ! 54. Voir leur site. http://exil.ac.eu.org/spip.php?rubrique16
La copine de Carmen est un peu triste. Elle a été embauchée parce qu'elle ne trouvait pas de travail ailleurs. "Trop vieille...", luis disait-on. Et maintenant.
09:30 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : EVS, vacataires, précaires, Brest, enseignement
25.02.2008
Appel à projet d'écriture ...
Chère lectrice, cher lecteur,
Il y a quelques mois, Carmen nous a chanté le blues des vacataires, dont vous trouverez les paroles ci-dessous.
J'avoue que je ne suis pas très satisfaite de ce texte, écrit un peu vite. Vous pourriez pas nous aider un peu, ajouter, compléter...
Figurez-vous que Bruno a trouvé des copains qui sont prêts à le chanter en public...
Donc on attend vos propositions. Merci
« Après les angoisses du début d’année
T’as travaillé trois mois, toujours pas payée
Et les heures supprimées, pas rémunérées
T’auras pas de contrat, c’est l’Etat
N’attends pas le syndicat, il est pas là
Gare à toi, sois toujours sympa
C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire
Si ça te plaît pas, tu peux rentrer chez ta mère
Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire » ;
Le refrain, si je me souviens bien, était plutôt simple :
Tu ne peux rien changer
Si tu protestes, tu te fais virer
Des bottes, tu devras lécher
Surtout, ne te fais pas détester
10:38 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blues, vacataires, enseignement, chanson, brest
14.02.2008
J'ai reçu un SMS... (Les aventures de Carmen)
Oui, un SMS de Bruno. « Carmen pas bien. Viens ! » Dans la rue, au pied de l’immeuble, je l’entends déjà, mon amie Carmen. Au premier, c’est encore plus précis. Ma doué ! Quelle voix! Loi de Murphy oblige, j’imagine le pire. Encore un drame brestois ! Et Carmen, si elle t’aime pas, prends garde à toi ! Sur le palier, j’hésite une poignée de secondes. J’entre finalement, la porte était ouverte. Carmen arpente « la grande pièce » de son T1bis, du canapé au buffet, du buffet au fauteuil, accrochée au téléphone, elle hurle. Je comprends quelques mots : «Je n’en veux pas… Crapuleux … » Suivent des propos orduriers que je ne noterai pas dans ce blog, parce que je n’en connais pas l’orthographe. Un dernier cri, elle raccroche, s’écroule sur le canapé.
- C’est quoi, cette histoire ?
- Un contrat pourri…
- On te propose un contrat ? Pourri ou pas, t’en as de la chance…
- Tu sais que je cherche un boulot stable, non ? Je te le répète tout le temps. À chaque rentrée, lire dans le marc de café pour savoir si j’ai des cours ou pas. Les heures qui sautent, pas payées. Pas de droit à la formation. C’est usant. Tu vois, j’aimerais bien déménager, pour un appart plus grand. Et puis en plus, Bruno et moi, on voudrait un bébé. Enfin, surtout moi, et Bruno trouve que c’est trop risqué. Il répète : « Tu nous imagines, tous les trois sous une tente de chez Décathlon ! » Alors, je regarde toutes les annonces. Et je réponds pour être vendeuse, traductrice, secrétaire, télé-prospectrice, même parfois prof d’espagnol, formatrice… Ils ne me répondent jamais. Un jour, je vois une annonce pour une école de langues qui cherchait un auteur/tuteur pour cours d’espagnol en ligne. J’expédie une lettre, un CV. Et là, une responsable m’appelle. On branche bien au téléphone et je commence tout de suite. 45 Euros l’heure de cours mise en ligne, c’est payé en droits d’auteur et pour le tutorat à distance 20 Euros de l’heure…à la facture.
- C’est nul. Pour une heure de cours à distance. Et tu devais payer toi-même ton matériel ?
- Ils devaient m’envoyer un micro, une webcam… Jamais eu.
- Tu as travaillé longtemps pour eux ?
- Deux mois…
- Sans contrat ?
- La fille, qui était sympa, me disait toujours : on prépare votre contrat, ne vous en faites pas … mais la secrétaire était malade, elle avait trop de travail…
- Panne informatique, papier en rupture de stock… Et là, tu l’as enfin eu, ce contrat ?
- Ce matin. Et tu vois là : le paiement des droits d’auteur est étalé sur trois ans…
- Tu pourras toujours expliquer ça à ton propriétaire …
- Et pour être payée, je dois apporter les mises à jour pendant trois ans. Pieds et poings liés pendant trois ans... C’est écrit noir sur blanc. Si mon texte et les exercices ne sont pas actuels, c’est à moi de mettre à jour.
- Tu choisis un article sur la corruption ou la pollution, tout à fait par hasard. Par miracle, pollution et corruption disparaissent l’année suivante. Pas de chance pour toi, tout le boulot est à refaire.
- D’après ce contrat, ma responsabilité est engagée … À moi de payer les frais de justice et d’avocat, au cas où…
- Je peux l’emporter, ton contrat ?
Oui, mais t’en parles à personne, hein ? Il y a aussi une clause de confidentialité...
15:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Carmen, vacataires, précaires, langues, e-learning, Brest
02.02.2008
Les profs de langue ont-ils des droits ?
Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.
Aujourd'hui Carmen se pose sérieusement cette question. "Les profs de langue ont-ils des droits en France ? Les mêmes droits que les autres ?" Violaine vient de lui poster cette réponse - qui concerne les profs de langue du privé. Une sorte d'appel à mobilisation, qu'elle me prie de vous transmettre, chers lecteurs. Si cela vous intéresse. Puisque vous venez souvent nous rendre visite sur ce blog, laissez donc un petit mot, un petit message. C'est anonyme.
"Organismes de formation: Oui, les profs de langues ont des droits aussi Vous travaillez dans une école de langues en France depuis des années, ou bien vous venez d’arriver. Vous enseignez les langues parce que vous aimez ça, ou bien vous faites ce travail par obligation. Vous aimez votre travail, mais les conditions qui vous sont faites ne vous satisfont pas. Ou, peut-être, vous n’appréciez pas trop votre travail, mais vous pensez que vous l’aimeriez davantage si les conditions étaient meilleures. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas que vous avez les mêmes droits, et le droit de demander de meilleures conditions, que les autres salariés en France. Aujourd’hui, la formation en langues est un métier hautement professionnel qui a vocation à se développer de plus en plus dans un monde de plus en plus mondialisé. Le métier de formateur (comme tous les métiers en France) est réglementé par une Convention Collective, un accord national négocié entre les syndicats et les organisations patronales. Cet accord, la Convention Collective des organismes de formation n° 3249, réglemente vos droits en ce qui concerne les contrats de travail, la rémunération, le temps de travail, l’embauche et le licenciement, la maladie, les vacances, la formation, la retraite, etc. Vous pouvez vous procurer ce document au Journal Officiel (www.legifrance.gouv.fr), sur le site du syndicat SNPEFP-CGT (Syndicat national des personnels de l’enseignement et de la formation privés) (www.snpefp-cgt.org) ou sur le site de l’organisation patronale FFP (Fédération de la formation professionnelle), www.ffp.org. Les problèmes qui préoccupent les formateurs dans la plupart des écoles de langues sont à peu près les mêmes depuis des années: les temps de disponibilité et de transport non rémunérés, les faibles salaires, le manque de promotion et, particulièrement pour les formateurs en langues dites ‘rares’, une précarité totale. Et pourtant, le secteur de la formation professionnelle est en plein essor. D’après les chiffres de la fédération patronale, l’augmentation du chiffre d’affaires des organismes de formation était de 8% en 2007, et sera de 9% en 2008. Si les organismes se restructurent, le travail ne manque pas…il n’est que de consulter les journaux spécialisés ! Mais apparemment, les employeurs sont les seuls à profiter de cette conjoncture favorable. C’est peut-être le bon moment pour les salariés du secteur d’exiger de meilleures conditions de travail. De toute manière, personne ne le fera à leur place ! De plus en plus de profs de langues se mobilisent, s’organisent, discutent de leurs problèmes ensemble, prennent contact avec un syndicat, voire se syndiquent. Les choses peuvent avancer si nous sommes plus nombreux, plus nombreuses, à exiger le respect de nos droits. Prendre contact avec un syndicat peut être un premier pas. Envoyez-nous un courriel à snpefp@ferc.cgt.fr. SNPEFP-CGT: un syndicat pour les formateurs en langues"
08:07 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : profs de langue, précaire, Brest, écoles
20.01.2008
L'AFFAIRE DU RHÔNE : FLE ATTAQUE
Quand on reparle de FLE Attaque. Merci pour le message retransmis par Violaine
L'AFFAIRE DU RHONE
Voici un article de Carole Bianchi publié dans 20 minutes qui présente la désastreuse suite de l’Affaire du Rhône
LES COURS DU PREFET CHAHUTES PAR DES PROFS
Le dispositif d'apprentissage du français aux étrangers récemment annoncé par la préfecture du Rhône ne fait pas l'unanimité. Basé sur le volontariat de cent trente-sept retraités de l'Education nationale et agents de la préfecture formés depuis hier sur le campus de Bron, ce dispositif « dévalorise » les professeurs diplômés, selon un collectif d'enseignants et le syndicat Rhône-Alpes des personnels de la formation (Syrafor).
Ce dernier, affilié à la CFDT, a fait part de ses inquiétudes dans une lettre envoyée hier au préfet, Jacques Gérault. Tout comme le collectif de professeurs de français langue étrangère (FLE) Attaque. « Des professeurs sont formés pour enseigner le français aux étrangers. Nous avons tous entre bac + 4 et bac + 8, alors que les personnes recrutées par la préfecture vont être formées en quatre jours. Notre métier est totalement ignoré », s'indigne Aurélie Tardy, 32 ans, relais du collectif FLE Attaque.
Cette professeure qui enseigne depuis 1999 dans le Rhône explique par ailleurs que sa profession, où les vacations sont nombreuses, reste très précaire et méconnue. « Pour une fois qu'un projet était mis en place, nous ne sommes pas sollicités. C'est dévaloriser le diplôme que les étrangers obtiendront à la fin », poursuit-elle.
« Cette position n'est pas fondée, assure Alain Régnier, préfet délégué pour l'égalité des chances qui a participé à l'élaboration du dispositif. Les enseignants ne vont pas être lésés, car ils seront davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Il explique d'ailleurs vouloir travailler main dans la main avec les six organismes de formation du département, qu'il doit rencontrer aujourd'hui. »
Alors que conclure après ce nouvel épisode ? Eh bien que malgré la mobilisation des profs de FLE, le préfet délégué Alain Régnier continue de se foutre de nous puisqu’il nous assure que nous ne serons pas « lésés, car [nous serons] davantage sollicités pour faire passer les épreuves du diplôme. » Je suis vraiment rassuré.
Cependant, juste une question : les profs de FLE ne sont-ils là QUE pour faire passer des examens ? Ou bien est-ce que, si ça ne dérange pas trop, on pourrait donner aussi quelques cours ? Quant aux retraités de l’Education Nationale et de la préfecture, puis-je suggérer qu’ils aillent tranquillement en retraite au lieu de nous piquer notre boulot !
21:16 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : FLE attaque, vacataires, enseignement, Brest
14.01.2008
Les vacataires s'organisent
C'est d'actualité. Les vacataires s'organisent. Voilà un nouveau message. Des vacataires d'anglais tentent de centraliser les informations sur les conditions de travail pratiquées dans la plupart des écoles pour tenter d'imposer une charte de bonne conduite. Est-ce possible? Qu'en pensez-vous? A bientôt
"For those of you in France, a wiki has been set up for comments and networking on the "vacataire" issue. The idea is to accumulate information on all the schools hiring vacataires, so we can work out a kind of "charter of good practices" (being paid monthly, having access to equipment, etc) and eventually find a way to impose it on all schools.
P.S. You don't have to be a vacataire to put your 2 cents worth in. We do hope there are some non-vacataires who will get involved as well.
http://englishsup.pbwiki.com/
19:01 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vacataires, précaires, cours de langue, Brest, municipales







