25.10.2007

Courrier des lecteurs

Julie a raison, pas beaucoup de messages sur mon blog et aucun message de vacataire relatant son expérience.
Cela me paraît relativement normal. Les vacataires sont des précaires qui vivent dès lors en permanence dans la crainte de perdre leur moyen de subsistance. Vous vous rappelez les manifestations des stagiaires? Les vacataires eux aussi, quand ils protestent, avancent masqués. L'anonymat du blog ne semble pas les protéger de manière suffisante... Que Julie se rassure. Je ne suis pas si seule : j'ai reçu beaucoup de messages de soutien, mais en live.

A bientôt

08.10.2007

VIRÉE...

Licenciée, congédiée, mise à la porte, renvoyée, lourdée, vidée, jetée, saquée, écartée, virée…

… Mais pas remerciée pour mes 14 années de travail à l'Ecole Nationale des Télécommunications. Privée de mes revenus, sans aucun droit à des allocations de chômage, puisqu'en 1994 - pour faciliter la vie de mon employeur, qui a déjà tant de soucis avec la législation du travail et les charges patronales - j'ai adopté le statut libéral. Me voilà en plus dépossédée de mon identité professionnelle, car un prof sans école et sans élèves, ce n'est plus un prof, non? D'ailleurs est-ce que j'étais vraiment un prof ? Car, pour tout dire, j'étais vacataire.

Oui, je faisais partie de l'armée des professeurs vacataires, qui, année après année, assurent, dans les établissements publics, les cours de langues de nos étudiants. Ils sont certes compétents et qualifiés, néanmoins intermittents de l'éducation sans contrat de travail et payés à la tâche. Ils sont privés de toute initiative pédagogique et soumis à l'arbitraire d'un chef de département. Ils travaillent en marge du code du travail, dans l'indifférence des syndicats, pourtant si prompts à intervenir quand il s'agit de défendre d'autres catégories.

Cette précarité, je m'en suis lassée. Les entretiens, les courriers n'ont pas donné de résultats. Alors, transgression des transgressions, avec l'aide d'un avocat, qui assure que ma situation est absolument scandaleuse au regard du droit, j'ai déposé une plainte au Tribunal Administratif. La réponse (plutôt la non-réponse) du Groupement des Ecoles de Télécommunication est arrivée en septembre : je me suis fait écarter, blacklister, priver d'emploi.

Ma situation n'est hélas pas unique, loin s'en faut. Cependant, la précarité que subissent les vacataires et l'absence de statut reconnu n'encouragent pas vraiment l'expression de leurs revendications. J'aimerais donc que ce blog puissse devenir un lieu de discussion et d'information pour les vacataires de l'enseignement, pour les travailleurs précaires en général ainsi que pour tous ceux qui se sentent concernés.