20.01.2008

Livre noir de l'animation culturelle

Merci à Violaine qui attire notre attention sur le livre noir de l'animation culturelle. Que faut-il conclure de cette lecture ? Que les rapports de pouvoir peuvent corrompre? Que chacun de nous peut se transformer en méchant patron exploiteur ? Que le code du travail qui protège les salariés n'est pas un luxe mais une nécessité?



Le livre noir de l’animation socioculturelle
Sous la direction de Marion Peyre, Collection ‘Questions contemporaines’
L’Harmattan, 267 pages, 23,50€

Un livre noir ? N’est-ce pas exagéré ? Non, car la réalité est parfois pire !
Il ne s’agit pas pour les auteurs, membres du syndicat USPAOC-CGT d’intenter un procès aux mouvements d’éducation populaire. Les syndicalistes qui ont écrit ces pages viennent tous du monde de l’économie sociale et défendent l’Education populaire.

Ce livre analyse la situation dans maintes entreprises socio-éducatives associatives se réclamant d’une démarche de transformation sociale et affichant des valeurs qu’elles bafouent ; des dirigeants associatifs, militants de leurs propres syndicats, se comportant comme des patrons et balayant les droits de salariés ; des pratiques condamnables et loin d’être isolées que l’on imagine plutôt réservées aux patrons de l’industrie ou du commerce. Rien n’est laissé au hasard. De très nombreux témoignages montrent le harcèlement moral, la répression anti-syndicale, l’utilisation importante de personnels précaires et, entre autres, le non respect du code du travail.

Tous pourris ? Heureusement, non ! Mais de nombreuses associations d’éducation populaire devraient réfléchir aux contradictions qui les minent.

Il faut défendre l’éducation populaire : contre la politique de ce gouvernement qui veut l’asphyxier mais aussi contre ces formes de management.

Le collectif auteur de ce livre analyse les raisons qui conduisent à de telles dérives. En voici une, parmi d’autres : « Qu’il s’agisse de fédérations ou de mouvements éducatifs devenus des machines à vendre des stages, des chantiers, des centres de loisirs, des activités de loisirs, ou qui se positionnent concurrentiellement sur toutes les délégations de services publics possibles dans les villes, la liste est longue, et peu de fédérations peuvent se vanter, démonstration à l’appui, d’avoir su garder la flamme militante, d’avoir résisté à l’institutionnalisation dans l’appareil d’Etat et à son cortège de pratiques commerciales, déguisées sous les bons sentiments des valeurs. »

Bon dimanche à tous ....