20.06.2008

LES EVS N'AIMENT PAS LES VACANCES

Carmen est passée me voir, ce matin. Elle est pratiquement en vacances. Si vous la croisez, ne lui parlez surtout pas de vacances, Elle risquerait de mal le prendre. D'ailleurs, elle est d'assez mauvaise humeur. Tout ça parce que ses élèves voulaient savoir s'ils la reverront en septembre. " On continue avec vous l'année prochaine, Madame ? " C'était leur dernier cours. Tous occupés à parler de voyages, de l'Euro 2008 en avalant des olives et la tortilla de Carmen, sa spécialité, en fait le seul plat qu'elle sache préparer. Il y en a un qui a insisté " Vous ne voulez pas nous dire? On sera avec vous en B1? " Il avait la bouche pleine. Elle n'a pas répondu, et lui, il a continué à manger. Il a sûrement oublié. De toute façon, il était l'heure. Elle s'est levée pour tout remballer, les olives, les jus de fruits, les gobelets. " Bonnes vacances, Madame! Merci pour le pot ! À la rentrée ! " Carmen a fait un tour dans les couloirs. Personne pour lui serrer la main. Personne pour dire : " Bon boulot, Carmen. On compte sur toi à la rentrée". Elle est partie sans se retourner, elle n'a dit au revoir à personne.
Ce matin, comme je vous le disais, elle était chez moi. Elle m'a tendu une feuille de papier : " Tiens, c'est une lettre que ma copine EVS a envoyé au courrier des lecteurs du « Canard enchaîné », c'est pas sûr qu'ils la passent au Canard. Mais toi, il y a des centaines de gens qui lisent ton blog chaque jour, Alors sois sympa! "

Bonne lecture...



Brest le 7 juin 2008




Monsieur,


Je suis, depuis le 25 septembre 2006, en Contrat d'avenir dans l' Éducation nationale.
Mon contrat arrive à terme le 4 juillet prochain.
Nous sommes nombreux, dans mon département, dans ma région et dans la France entière à avoir été contactés par l' ANPE en juin 2006.

En effet, les directeurs d'écoles se plaignaient de la surcharge de travail qui leur était imposée (ça on ne nous l'a pas dit, bien sûr), et demandaient soit une décharge de leur classe, soit une personne pour les aider.

Comme les élections présidentielles approchaient, que le taux de chômage était élevé, il suffisait de faire appel à l' ANPE pour recruter des demandeurs d'emploi "longue durée", qui pallieraient les carences de personnel auprès des directeurs, qui ainsi n'auraient plus rien à réclamer.

Et nous voilà affublés du titre pompeux "d'assistant administratif auprès de directeur d'école", même si certains d'entre nous sont incapables d'aligner deux mots sans faire une faute, n'ont jamais approché un ordinateur et n’ont aucun don pédagogique, aucune capacité relationnelle avec les enfants.
D'autres, par contre, ont fait des études longues, sont diplômés, ont des compétences supérieures à celles requises par l'emploi occupé.

Il y a aussi les personnes en contrats d'avenir, qui eux ne sont pas assistants administratifs mais ont la charge d'un enfant handicapé, durant sa journée d'école. L' Éducation Nationale s'étant engagée à scolariser un certains nombre d'enfants handicapés.

Nous devions avoir une formation : dans une clause du contrat que nous avons signé, il était en effet stipulé que nous nous engagions à suivre une formation, et que en cas de non-respect de cet engagement, le contrat serait rompu.

Pour toute formation, nous avons "bénéficié" de trois journées dédiées à la recherche d'emploi, pour l'après contrat : comment rédiger son CV, comment écrire une lettre de motivation, comment chercher du travail, etc. Choses dans lesquelles la majorité d'entre nous excelle puisque nous sommes des demandeurs d'emploi longue durée.

Nous devions aussi continuer à percevoir nos indemnités ASSEDIC, de façon dégressive certes, mais pendant au moins 6 mois, en plus de notre salaire, nous devions pouvoir en bénéficier ainsi que de la prime "retour à l'emploi" de 1000 €.
Mais la loi ne s'appliquait pas à nous ou bien la loi avait changé, en tout cas nos indemnités ASSEDIC ne nous ont jamais été versées et quand elles l'ont été "par erreur" nous avons dû les rembourser.
Certains n'ont jamais perçu la prime tant attendue de 1000€. Je l'ai eue, tant mieux pour moi.

Mais, ce n'est pas fini : pour couronner le tout, ce mois-ci, notre salaire nous a été versé avec 6 jours de retard. L' Inspecteur Académique de la circonscription où je travaille nous a dit que nous n'avions pas à nous plaindre, car « certains employés de l'Education nationale n'ont leur salaire qu'après trois mois de travail » (dixit l'Inspecteur).

Au secrétariat du lycée qui m'emploie, quand j'ai demandé des explications, on m'a raccroché au nez. Je m'inquiétais des agios que j'aurais à payer à ma banque, car ce n'est pas avec 783€ 79 qu'on fait des économies.
Dans un mois, c'est le retour à la case chômage, alors qu'on nous avait promis qu'à la fin de notre contrat nous aurions un emploi en CDI, pas dans l'éducation Nationale c'est sûr, mais un CDI grâce à la formation que nous allions avoir et aux compétences que nous allions acquérir.

Si je vous écris tout ceci c'est pour que nous sortions de notre isolement, pour que l'information passe auprès de vos lecteurs.

Restant à votre disposition, je vous remercie de votre attention et vous prie de bien vouloir recevoir, Monsieur, mes sincères salutations.

16.06.2008

CARMEN VEUT APPRENDRE LE BRETON

Salut à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog. Sympa de venir nous rendre visite. Surtout que vous devez êtes occupés avec les matches de la coupe d'Europe, les manifs toutes les semaines, le travail dans le jardin... Bon, vous savez, ici c'est le blog de la vacataire en colère. Prof de langue virée à la suite d'un conflit avec la direction. Comme j'ai un peu de temps, je vous raconte les aventures de mon amie Carmen, prof d'espagnol dans l'enseignement supérieur. Pour que vous sachiez ce que ça fait d'être vacataire, précaire. Il paraît que l'empathie, c'est bon pour la santé. (On dit que ça irrigue certaines zones du cerveau et comme ça, on n'est pas dépressif.) Ça faisait deux semaines que je ne l'avais pas vue, mon amie Carmen. Faut dire qu'il y avait un petit malaise. On s'était un peu disputées, toutes les deux. Moi, je n'avais plus envie d'écrire. Plus d'inspiration. C'est vrai que j'étais furieuse, elle était venue me dire qu'elle avait fait toutes les démarches et qu'elle est maintenant travailleur indépendant. J'étais tellement en colère que je lui avais fait découvrir un pan du lexique français qu'elle ignorait. Des adjectifs et des substantifs du genre 'gourde', 'manche', 'andouille' et des mots que je n'écrirai pas ici parce que je n'en connais pas l'orthographe. Elle a pas dû être heureuse quand elle a vérifié dans le Robert. Vous savez, c'était juste parce que je me fais du souci pour Carmen. Elle a déjà du mal à ranger ses chaussettes alors comment voulez-vous qu'elle se débrouille avec toute cette paperasse ! Tenir une comptabilité, heureusement sans TVA ! Les rappels de la caisse de retraite, les sommations assassines de l'URSSAF, le vocabulaire du comptable de son centre de gestion... Puis, son chiffre d'affaires n'est pas extensible, elle dépend des écoles où elle travaille. C'est du salariat déguisé, vous ne réussirez pas à me convaincre du contraire. Mais Carmen n'en démordait pas : « Je veux travailler plus! » Évidemment, c'est pour gagner plus ! Pour travailler plus, il lui faut être travailleur indépendant. Comme ça, pas de souci pour son soi-disant client (en fait crypto-employeur). C'est un peu idiot de céder à ce chantage, vous ne trouvez pas ? D'où mes débordements verbaux. Mais ici soir, elle est passée me voir, on a bien discuté et on est à nouveau copines. On a parlé de tout, enfin de tout et de rien, du temps (Toujours beau à Brest !), des manifs pour le maintien de l'hôpital de Carhaix (Évidemment, chez vous, c'est Paris qui décide tout ! Alors que les péridurales dans le Centre Bretagne, a dit Carmen...), des défilés de matériel agricole au centre de Brest (Ils en ont brûlé du gazoil, ce jour-là, encore un commentaire de Carmen), des inondations en Iowa ( Bizarre, la presse française n'en parle pas, toujours Carmen), de la loi sur les OGM (No comment !). Parce qu'on est des filles, vous imaginiez qu'on parle chiffons ... Et bien, pas toujours. Et puis là, au milieu de tout, vous savez ce qu'elle me dit Carmen? Qu'elle veut apprendre le breton! Le breton? Là, après une surprise pareille, il nous faut un nouveau paragraphe !
« Oui, parce que, tu vois, j'ai toujours été jalouse des Basques et des Catalans qui ont quand même de la chance d'avoir une deuxième langue. Bilinguisme précoce, et tout ? Tu es prof de langue, je n'ai pas besoin de te dire ça. Et en plus, c'est leur langue, c'est un droit de la transmettre, faut pas oublier ça. Alors, quand je suis venue en Bretagne, j'ai cru que ce serait un peu comme en Catalogne ou au pays basque, tu vois? Qu'il y aurait des journaux, des radios, des télés en breton, des cours de breton, plein d'écoles en breton... comme dans un pays normal, quoi, comme en Espagne. J'ai été déçue, tu peux pas imaginer. Je voulais prendre des cours. Le temps a passé. Mais là, je suis décidée. Parce que tu vois, j'ai confiance pour le breton. J'aime bien apprendre les langues en plus. Et puis, tu sais, je pourrai peut-être trouver du boulot avec le breton. Un truc fixe, tu vois? Avec un CDI, un salaire tous les mois, des congés payés et peut-être même des congés de maternité... Et puis t'as vu l'équipe d'Espagne, qu'ils soient Catalans ou Andalous, ça fait quand même une belle équipe. Ils sont bons, hein ! Et ils sont mignons en plus... »

08.04.2008

ON EMBAUCHE !!!!

Chers visiteurs (f/h), bienvenue sur ce blog. J'allais vous parler, une fois de plus, de mon amie Carmen. Carmen, vous savez, mon amie vacataire. Souriante et sympa. Là, j'étais en train de rêver devant mon écran blanc - vous n'imaginez pas comme c'est dur d'écrire pour des lecteurs anonymes – et voilà on sonne à la porte. C'était elle, justement, Carmen.
- »Vakater, me dit-elle, j'ai pensé à toi. »
Entre nous, cela ne m'étonne pas, Carmen pense toujours aux autres. Si la discipline « empathie » était représentée aux Jeux Olympiques, elle raflerait plein de médailles, juste un peu moins que le Dalaï Lama, quand même.
« Regarde. Il y a une offre à l'ENTA . Ils veulent embaucher un prof de français langue étrangère. C'est le boulot que tu faisais avant de te faire virer, non? Tu dois postuler...
-Hein, mais Carmen... Ils m'ont virée justement parce que je demandais un poste, ou du moins un contrat de travail. Faut dire, comme ils étaient réticents, j'ai déposé ma demande au tribunal administratif. C'est pas une bonne base pour des relations amicales. Et puis, ils ont eu peur que je fasse école, que j'organise une rébellion des vacataires. Rien à craindre pourtant, les vacataires, c'est pas le genre à prendre d''assaut le Palais d'Hiver tous les matins. Enfin, résultat, virée...
- C'était une mesure disciplinaire. Et alors ... Tu as fait le boulot pour lequel ils veulent embaucher quelqu'un. Tu dois écrire, toi aussi. Evidemment, ils disent qu'ils souhaitent un doctorat. Souhaiter, c'est pas exiger... D'ailleurs, t'as vu, ils mettent même pas en quoi il faut avoir écrit une thèse. Justement, mon dentiste me disait qu'il en a marre, je vais lui dire ...
-Beaucoup de boulot, quand même, des cours, du travail administratif, recherche ...
-Je pars, je dois voir Bruno. Ecris ta lettre, toi ...
- Mais, Carmen, je n'ai aucune chance...
-Si tu n'écris pas, c'est clair. Et en plus, ils diront qu'au fond, tu n'étais pas intéressée par le poste, que tu n'avais pas envie de faire de la recherche. Tu te rends compte, ils veulent embaucher quelqu'un de l'extérieur alors que des vacataires font ce boulot d'enseignement du FLE depuis des années. C'est scandaleux, non? »
Carmen est rentrée chez elle. Moi, j'étais convaincue. Au lieu d'écrire une nouvelle note pour ce blog, j'ai répondu à l'annonce de l'ENTA ( l'ENTA est dans notre 'second life' du blog une grande école nationale où on s'occupe principalement des nouvelles technologies de la communication. Motus, j'ai pas dit ....). J'ai parlé de mes qualifications, de mes connaissances, de mes savoir-faire et savoir-être qui avaient été évalués plus d'une fois. J'ai parlé d'un projet de recherche super intéressant ... Mais honnêtement, je crois que j'ai peu de chances. Parce que, s'ils m'ont virée, c'est pour ne plus me voir. Mais vous, peut-être que ça vous intéresse. N'hésitez pas à répondre. Pour les lecteurs (f/h) de ce blog qui habitent dans d'autres régions, sachez que Brest est une ville fabuleuse. Bon, je vous donne le lien.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_04TB_1023.html

N'hésitez pas à répondre à cette annonce. Et puis, j'avais oublié. Ils cherchent aussi une perle rare pour enseigner l'anglais. Je veux dire, quelqu'un de vraiment bien, pas comme tous ces professeurs d'anglais vacataires qui travaillent dans cette école depuis des années. Tous des incapables, en fait. Je me demande pourquoi on leur donne des heures de cours, année après année. Ils n'ont pas de contrat, on pourrait les virer facilement. J'en connais un qui travaille là depuis 17 ans. Il ne sera pas embauché. Il continuera probablement à enseigner comme vacataire. Mais, vous ... Bonne chance.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_03TB_1021.html

Et le pire, vous savez ce que c'est, s'ils trouvent leurs super profs géniaux grâce à mon blog, qui a une sacré diffusion maintenant, ils ne penseront même pas à me dire merci.

15.03.2008

Carmen a (encore) un problème

Bonjour,
Pour en savoir plus si les origines de ce blog (encore une sombre histoire de vacataire mal luné) et les aventures de Carmen, allez faire un tour dans les archives. Vous saurez tout ou presque sur 'Carmen et le prix des nouilles', 'Carmen au pays des jouets' ... Appel aux commentaires du service public brestois ...

On ne parle plus que de ça, l’augmentation du coût de la vie. Dans l’immeuble de Carmen, ça râle à tous les étages. Employées, étudiantes, ouvriers, retraités et pères de familles ( choisissez vous-même le genre grammatical qui vous convient). Travailler pour gagner plus. Justement, on lui propose de travailler plus à Carmen. N’oubliez qu’elle est prof d’espagnol vacataire et qu’elle a perdu des heures après Noël. Avec le prix des nouilles et de l’essence… Et voilà que, jeudi, le chef de département de l’ENTA fait venir Carmen dans son bureau.
« Tu voudrais plus d’heures, non ? »
Il lui explique que B. - le chef de département d’une autre grande école publique de la région brestoise qu’il connaît bien (évidemment, ils se connaissent tous) – lui a fait part de ses besoins : un ou une vacataire qui assure 4 heures d’espagnol/semaine. Peut-être plus pour l’année prochaine. Mais pas sûr. Le problème, c’est que ce ou cette vacataire doit avoir un employeur principal. Un employeur principal, c’est super. Vous êtes sûr comme ça que votre vacataire ne va pas venir un jour vous embêter en brandissant le code du travail et en réclamant un contrat. Imaginez la pagaille : tous les vacataires qui protestent… Imaginez cette cacophonie. Tous les vacataires au Tribunal administratif . « Je travaille 6 heures/semaine depuis 10 ans, 8 heures depuis 4 ans…J’ai droit à … ». D’où l’utilité de l’employeur principal. Ouf… Heureusement qu’il est là. De toute façon, les directives sont strictes. On ne transige pas. Et puis des professeurs avec un employeur principal, on en trouve évidemment qui n’ont rien contre le cumul, une pratique pourtant réprouvée par les instances officielles de leurs syndicats. Un peu plus de beurre dans les épinards, ça ne se refuse pas, surtout avec le petit qui est à la fac et le prix des vacances à la neige. Mais cette fois, B. a beaucoup de mal, pas de cumulard pour les cours de lundi 18 heures, mardi 12 heures, mercredi 8 heures. Aucun professeur en poste n’est prêt à assurer cet emploi du temps. Comme un problème dans son vivier.
« Je sais, Carmen, tu n’as pas d’employeur principal. Mais, tu es intelligente, tu as envie de travailler. Tu pourrais t’inscrire en libéral comme Alison, la prof d’anglais. Pour elle, ça roule… C’est vrai, il y a moins de travail en espagnol. Mais réfléchis, si tu veux ces heures, tu t’inscris à l’URSSAF. D’ailleurs, c’est pareil pour la professeur d’allemand. Si elle choisit pas le statut libéral, on ne pourra pas la garder. Dommage, ça fait 7 ans qu’elle travaille ici. Mais les directives sont claires.»
Vous imaginez bien que Carmen réfléchit. Travailler plus à condition de choisir le statut libéral. C’est cornélien…
Faire des factures comme le garagiste et le plombier. Tenir une comptabilité. Se joindre à l’équipe des geignards : « Mes charges … » . Comme toutes les écoles n’accepteraient pas de la payer à la facture. Elle cotiserait donc à deux caisses de sécurité sociale. Et la retraite en libéral, ce n’est pas brillant. Tout le monde sait ça. Et l’Urssaf . L’Urssaf, le grand méchant loup dans le recueil des contes d’entreprises. Carmen sait tout cela et elle a un peu peur. Et Bruno, qui n’est pas d’accord.
« Enseigner, c’est la fonction d’une école. Non ? C’est un établissement public. Carmen, ton travail relève du service public. T’inscrire en libéral pour exécuter un travail qui relève du service public, c’est le délire.»
Ce qui dérange Carmen, c’est qu’en plus, elle ne cotisera pas au chômage. Travailler 10 , 15 ou 20 ans et n’avoir droit à rien… Et puis, le bébé, Carmen en rêve toujours. Et les congés de maternité en libéral, ce n’est pas génial. Réfléchis bien Carmen…

Je pense qu'on va la laisser réfléchir tout le week-end. Que va-t-elle faire ? Le suspens risque d’être insoutenable pour vous, je m’en doute. Pour vous détendre, allez faire un tour, peut-être dimanche dans votre bureau de vote… Bon samedi et à bientôt...

20.02.2008

CARMEN AU PAYS DES JOUETS

C’était un matin comme les autres. J’ai mis ma ceinture. Je me suis arrêtée au feu qui était rouge. J’ai respecté les limitations de vitesse et je me suis garée sur le parking d’un hyper. Comme d’habitude, j’ai poussé mon caddie tout droit, sans tourner la tête ni à droite ni à gauche. J’ai évité le rayon des magazines, j’ai ignoré les vêtements, chaussures, housses de couette, jouets… Mais là, …
- Qu’est-ce que tu fais là, Carmen ?
Carmen au rayon des playmobils ! Je croyais que Bruno avait dit que … Pas question avant qu’elle ait un boulot fixe. Et puis, les playmobils, c’est pas pour les bébés. Pas avant 36 mois…
- Je cherche du matériel pédagogique…
- Hein ?
- Tu vois, c’est formidable. Pour des petits de 8 ans. Tu viens dans une classe avec tes figurines et tu as tous les objets de la vie quotidienne. Tu leur apprends le nom des objets en les montrant, le nom des couleurs… Ensuite, tu inventes avec eux des dialogues. Ils créent des histoires et les font vivre aux personnages de playmobil. Tu vas dire, c’est cher… D’accord, mais il y a un copain de Bruno qui va m’en faire en bois, et je les peindrai. Super, hein ? Et puis, j’ai demandé à ma sœur de m’envoyer des CD de musique de chansons pour enfants en espagnol et des dessins animés… Des films sympa. Je vais développer une méthode géniale, apprendre l’espagnol aux petits en stimulant la créativité. Les enfants apprennent tellement vite. C’est important, les langues, non ? Et puis avec toutes mes observations, j’écrirai une thèse. Pas une thèse qui reste dans les rayons parce qu ‘elle n’intéresse personne. Un vrai travail de terrain avec des conseils pour l’enseignement des langues aux enfants. On pourrait ensuite fabriquer du matériel pour les autres langues sur la base de ce travail. C’est passionnant, l’apprentissage des langues aux petits. J’ai lu deux ou trois bouquins sur des expériences en Catalogne.
- Mais, Carmen…
- C’est vrai, je n’ai jamais travaillé avec les enfants. Mais je les aime. Et puis, tu sais bien que j’en ai marre des vacations. Alors, j’aimerais avoir un poste dans l’enseignement primaire. Et je voudrais devenir une vraie pro, faire une vraie carrière…
- C’est pas possible, Carmen !
- Tu sais, je vais m’inscrire à la formation du CNED …
- C’est pas ça, Carmen. On ne demande aucune formation particulière, ni aucun talent pédagogique aux profs qui donnent les cours de langues étrangères dans le primaire. Mais on ne les embauche pas plus de deux ans consécutifs. Pour des questions de statut…
- Deux ans ! Alors, quand on a appris le boulot, on doit partir !
- C’est vrai, ils ont du mal à recruter dans ces conditions.
En France, enseigner les langues, ce n’est pas un métier. On a besoin d’un certificat d’aptitude professionnelle pour laver les cheveux dans un salon de coiffure ou repeindre une façade, mais pas pour enseigner l’espagnol ou l’allemand aux enfants… Dans la plupart des cas, il suffit de dire que tu es ‘native speaker’ et tu as du travail. Du travail, oui… Presque toujours précaire. Souvent comme vacataire.
- T’es déçue, Carmen ?

02.02.2008

Les profs de langue ont-ils des droits ?

Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.



Aujourd'hui Carmen se pose sérieusement cette question. "Les profs de langue ont-ils des droits en France ? Les mêmes droits que les autres ?" Violaine vient de lui poster cette réponse - qui concerne les profs de langue du privé. Une sorte d'appel à mobilisation, qu'elle me prie de vous transmettre, chers lecteurs. Si cela vous intéresse. Puisque vous venez souvent nous rendre visite sur ce blog, laissez donc un petit mot, un petit message. C'est anonyme.





"Organismes de formation: Oui, les profs de langues ont des droits aussi Vous travaillez dans une école de langues en France depuis des années, ou bien vous venez d’arriver. Vous enseignez les langues parce que vous aimez ça, ou bien vous faites ce travail par obligation. Vous aimez votre travail, mais les conditions qui vous sont faites ne vous satisfont pas. Ou, peut-être, vous n’appréciez pas trop votre travail, mais vous pensez que vous l’aimeriez davantage si les conditions étaient meilleures. Quoi qu’il en soit, n’oubliez pas que vous avez les mêmes droits, et le droit de demander de meilleures conditions, que les autres salariés en France. Aujourd’hui, la formation en langues est un métier hautement professionnel qui a vocation à se développer de plus en plus dans un monde de plus en plus mondialisé. Le métier de formateur (comme tous les métiers en France) est réglementé par une Convention Collective, un accord national négocié entre les syndicats et les organisations patronales. Cet accord, la Convention Collective des organismes de formation n° 3249, réglemente vos droits en ce qui concerne les contrats de travail, la rémunération, le temps de travail, l’embauche et le licenciement, la maladie, les vacances, la formation, la retraite, etc. Vous pouvez vous procurer ce document au Journal Officiel (www.legifrance.gouv.fr), sur le site du syndicat SNPEFP-CGT (Syndicat national des personnels de l’enseignement et de la formation privés) (www.snpefp-cgt.org) ou sur le site de l’organisation patronale FFP (Fédération de la formation professionnelle), www.ffp.org. Les problèmes qui préoccupent les formateurs dans la plupart des écoles de langues sont à peu près les mêmes depuis des années: les temps de disponibilité et de transport non rémunérés, les faibles salaires, le manque de promotion et, particulièrement pour les formateurs en langues dites ‘rares’, une précarité totale. Et pourtant, le secteur de la formation professionnelle est en plein essor. D’après les chiffres de la fédération patronale, l’augmentation du chiffre d’affaires des organismes de formation était de 8% en 2007, et sera de 9% en 2008. Si les organismes se restructurent, le travail ne manque pas…il n’est que de consulter les journaux spécialisés ! Mais apparemment, les employeurs sont les seuls à profiter de cette conjoncture favorable. C’est peut-être le bon moment pour les salariés du secteur d’exiger de meilleures conditions de travail. De toute manière, personne ne le fera à leur place ! De plus en plus de profs de langues se mobilisent, s’organisent, discutent de leurs problèmes ensemble, prennent contact avec un syndicat, voire se syndiquent. Les choses peuvent avancer si nous sommes plus nombreux, plus nombreuses, à exiger le respect de nos droits. Prendre contact avec un syndicat peut être un premier pas. Envoyez-nous un courriel à snpefp@ferc.cgt.fr. SNPEFP-CGT: un syndicat pour les formateurs en langues"

17.01.2008

LES VACATIONS DE CHRISTINE OCKRENT

VACATAIRES, PRECAIRES,JOURNALIERS DE LA PRESSE, DE L'EDUCATION, DU SPECTACLE, REJOUISSEZ-VOUS .
LA PIGE PEUT PAYER, VA PAYER


DEMANDEZ A MADAME OCKRENT



Polémique autour d'une pige de Christine Ockrent pour France 24
NOUVELOBS.COM | 16.01.2008 | 11:34

Selon Le Point, la journaliste est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire, réalisée en deux langues, pour France 24, une chaîne placée sous la tutelle du ministre des Affaires étrangères, son mari Bernard Kouchner.



Le site internet du Point rapporte, mercredi 16 janvier, que la journaliste de France 3, Christine Ockrent, est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire pour la chaîne France 24 qui se trouve sous la tutelle de son mari, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Selon Le Point, Christine Ockrent serait payée en échange d'un billet réalisé en deux versions, en français et en anglais. Or "l'affaire vient de se compliquer la semaine dernière", avec l'annonce faite par Nicolas Sarkozy le 8 janvier que France 24 ne serait plus que francophone, divisant ainsi par 2 la "pige" de la journaliste.

Intervention de Kouchner

"Bernard Kouchner a immédiatement fait savoir son désaccord sur le fond avec Nicolas Sarkozy, et entend plaider, auprès du Président, la cause d'une France 24 multilingue", affirme Le Point, précisant, "pas de mesquinerie : ce n'est pas la pige de sa compagne qu'il entend défendre, mais bien le rayonnement du point de vue français dans le monde".

15.01.2008

Contrat : Le CDD n'est pas la règle

Un message qui donne de plutôt bonnes nouvelles. Un arrêté condamne en effet une pratique courante dans la formation : la succession de CDD ...

"Des bonnes et des mauvaises....

Les patrons de la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle) et les Formateurs

A la question : ‘Comment résoudre la difficulté des formateurs-consultants soumis à des pics et des creux d’activité qui peuvent les mettre en difficulté ?’ Jean Wemaere, Président de la FFP, répondait : ‘’Un formateur-consultant doit pouvoir travailler pour 5 ou 6 organismes différents et avoir un volant d’affaires auprès de chaque organisme.’ ‘Profession formateur-consultant, n° 2, 4 ème trimestre 1998 CDD d’usage

La Cour de Cassation a condamné le procédé utilisé par un centre de formation qui consiste à engager un formateur avec plusieurs contrats en CDD pour dispenser des formations de même nature dans le même domaine.
La Cour de Cassation a rappelé que selon l’article 5-4-1 de la Convention Nationale des Organismes de Formation (N° 3249), les contrats de travail sont, de façon générale, conclus à durée indéterminée. La Cour de Cassation a précisé en outre que les contrats interrompus régulièrement, pour les périodes de congés qui sont présumées correspondre à l’activité normale et permanente de l’organisme, ne relèvent pas de l’article 5-4-3 de la Convention Nationale (éventuels CDD). Elle a donc condamné le Centre de Formation aux dépens. Arrêté rendu en février 2006 (N° du pourvoi 04-41015)"

Message envoyé par Christine Garcia
Avec les remerciements de vakater

13.01.2008

REVENDICATIONS....

Bonjour,

Quand j'ai créé le blog "vacataire(s) en colère" j'avais l'ambition de créer un lieu d'échanges de vacataires et précaires. On dirait que ça marche. J'ai plaisir à laisser la place à vos notes.
Lisez donc les revendications du personnel d'un organisme de formation linguistique.
Bon dimanche ....





Le personnel d’un organisme parisien de formation linguistique dans lequel une collègue prof' de langues travaille (Convention Collective des Organismes de Formation) s’est mobilisé pour envoyer sa liste de Voeux 2008 aux Rois Mages


SALAIRES, REMUNERATIONS, AVANTAGES
Recevoir le salaire à la fin du mois et au plus tard le 8 du mois
Recevoir son salaire par virement
Porter les tickets restaurants à 7€
Recevoir les tickets restaurants sans retard
Bénéficier d’un ticket restaurant à partir de 4 heures de travail (AC)
Bénéficier d’une augmentation ou d’une réévaluation de salaire tous les ans
Bénéficier du 13ème mois pour tous
Définir des objectifs annuels avec versement de primes de réalisation
Bénéficier de la participation aux bénéfices
Etablir l’égalité des salaires
Rembourser le pass Navigo (Carte Orange) à 100%

PLANNING, TEMPS DE TRAVAIL, TEMPS DE DEPLACEMENT, CONGES, RTT
Faire apparaître les RTT sur la fiche de salaire en tant que congés
Rémunérer les heures supplémentaires
Installer 1 badgeuse
Bénéficier d’un logiciel planning plus performant
Recevoir un récapitulatif trimestriel des heures effectuées
Communiquer le règlement pour les congés payés : un(e) célibataire est-il / elle régi(e) par le même calendrier ?
Définir un temps de réponse maximum à respecter de la part de la direction pour les congés
Améliorer le respect du temps de déplacements
Laisser le temps du déjeuner…
Rémunérer les trajets en dehors de Paris le matin et le soir
Prendre en compte l’adresse du domicile pour planifier les déplacements
Limiter le nombre de déplacements dans la journée
Régler les déséquilibres de masse horaire dans les plannings des formateurs
Organiser des réunions d’équipe régulières et payées (e.g. tous les 2 mois)
Recevoir son planning en ligne ou par mail électronique


FORMATION, DEVELOPPEMENT DE CARRIERE
Etre informés en temps et en heure sur les offres d’emploi et les postes à pouvoir en interne
Avoir un descriptif de nos postes
Avoir une grille salariale
Savoir clairement quels sont les critères de promotion et du développement de carrière
Mettre en place des entretiens annuels
Je devrais monter de catégorie après 5 ans – pourquoi ce n’est pas le cas?
Avoir une réunion d’information sur le DIF et un décompte des heures dues
Avoir une meilleure réponse aux demandes DIF (tout simplement une réponse)
Proposer des ateliers ‘gestion de stress’ et de bien-être ou de développement personnel
Pouvoir bénéficier de cours de langues
Avoir plus de reconnaissance

GESTION ADMINISTRATIVE, ORGANISATION GENERALE, COMMUNICATION
Avoir des ‘portes ouvertes’ multiculturelles
Créer un site Internet permettant des échanges entre formateurs
Avoir un responsable des Services Généraux
Améliorer la communication en général
Créer un esprit d’équipe
Présenter un organigramme
Avoir une meilleure visibilité sur la facturation – avoir un interlocuteur ‘facturation’
Avoir un vrai accueil
Recevoir un compte-rendu de la réunion générale si absent
Instaurer l’égalité entre les langues (ressources pédagogiques, coordination)

CADRE, ENVIRONNEMENT ET CONDITIONS DE TRAVAIL
Avoir un espace de travail pédagogique pour les formateurs (salle) ainsi que de rangements (e.g. casiers)
Gérer et renouveler les équipements (magnétophones, magnétoscopes, PC, fournitures…)
Améliorer la propreté en général
Avoir un bureau pour chacun
Désencombrer la cuisine
Avoir 2 formateurs ‘pompiers’ pour faire face aux urgences (démissions, maladies…)
Disposer d’un salle de pause / cafétéria
Disposer d’un 2ème photocopieuse
Avoir le café gratuit à volonté
Améliorer l’esthétique des locaux avec plus de décoration
Améliorer les conditions de travail quotidiennes (meilleure aération, nouveaux fauteuils, plus de place…)
Faire face au manque des salles de formation : Est-il prévu de louer de nouveaux locaux ?

Ecrit par : Sidonie | 12.01.2008


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06.12.2007

CARMEN N'ARRÊTE PAS DE SE PLAINDRE ....

Chers visiteurs du site, bonjour.
Ce blog n’est ni humoristique, ni poétique, ni surtout consensuel. C’est le blog d’une emmerdeuse, d’une râleuse, d’une vacataire virée. Si vous voulez plus d’infos, allez donc chercher dans les archives. Le 8 octobre, encore sous le choc, j’ai longuement expliqué comment j’ai été ‘blacklistée’ pour avoir tenté de défendre mes droits de manière légale (Virée). Depuis, rien de nouveau car le GET, celui que j’appelle mon ex-employeur et qui prétend, lui, être mon client, n’a toujours pas répondu au juge du Tribunal Administratif. La patience est une vertu. Au cours des notes suivantes, je vous ai beaucoup parlé de ma copine Carmen, espagnole vous l’aurez deviné, qui est venue vivre à Brest avec Bruno, son amoureux. Vous avez sûrement aimé Les aventures de Carmen. (Vous pouvez les relire) . Depuis lors, Carmen, prof de langue, travaille comme vacataire dans quelques grandes écoles de Brest, notamment à l’ENTA. Je vous ai déjà raconté tout cela. Les années ont passé et elle a découvert la réalité de sa situation de précaire. C’est alors qu’elle a commencé à chanter « le blues des vacataires ». S’il vous prenait l’envie d’en faire un tube, pensez à moi pour les droits d’auteur.
Et Carmen maintenant n’arrête pas de râler. Dès la fin du mois d’août, chaque année, elle a peur. « J’aurai des cours? J’aurai pas de cours ? Ils vont me donner combien d’heures ? - Donner, donner. Le boulot, ce n’est pas un cadeau, répond Bruno. – Mais il faut bien travailler plus pour gagner plus. Le salaire horaire des profs vacataires a à peine augmenté depuis 15 ans. » Après une période de stress, elle a enfin, début septembre, son emploi du temps. Quand on l’a appelée pour lui proposer des heures, elle a dit oui à tout par peur du manque. Résultat : un horaire pas du tout aménagé. Beaucoup de périodes d’attente. Beaucoup de cours du soir. A la maison, quand elle rentre près de son Bruno, elle râle. A l’école, elle sourit, elle n’ose rien dire, sa position n’est pas stable et elle veut travailler, hein ? Octobre. Elle remarque, cette année encore, que ses tickets de cantine, elle les paie plus cher que ses collègues permanents. C’est vexant. Elle en parle à la secrétaire qui en parle au directeur, qui promet comme chaque année de faire quelque chose. La bronchite en novembre, une mauvaise blague, un coup tordu. La faute à pas de chance. Elle va au boulot malade, parce qu’elle tient à son salaire. Et puis elle veut faire bonne impression. C’est fou ce que c’est important de faire bonne impression dans ce métier. Il n’y a pas d’évaluation objective du travail des profs. Alors ramener le chef de département en voiture, ça tient lieu finalement d’évaluation positive. Toujours veiller à donner une impression de sérieux. Ne rien dire qui fâche. Être toujours prête pour un remplacement au pied levé. « Le cinéma, ce soir, je peux pas. Pas le choix ». Et évidemment, pas le droit d’être malade. Décembre. Les collègues permanents parlent sans vergogne de leur treizième mois. Sans ce petit cadeau, ils ne pourraient pas s’en sortir, c’est clair. Et c’est tellement bien en ce moment, disent-ils, avec le Comité d’Entreprise, on a des tickets de cinéma, des places au cirque beaucoup moins chères. La fête de Noël des enfants du personnel, c’est bientôt. « Quand j’aurai des enfants, ils ne seront pas invités... », qu’elle se dit Carmen. Enfin Carmen, des enfants, c’est pas raisonnable. Bruno dit oui ? Il est inconscient et toi tu plaisantes. Imagine que tu aies une grossesse difficile. Absente 6 mois, on t’aura complètement oubliée. A la rigueur, si tu pouvais accoucher fin juillet. On en parlera une autre fois. A +

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