07.03.2008

Bienvenue sur ce blog

Bonjour, bienvenue sur le site des vacataires en colère. Si vous voulez connaître l'origine de ce site, allez faire un tour dans les archives. On commence par "Virée". Si vous voulez faire la connaissance de mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire depuis quelques années dans le monde fictif de ce blog, lisez aussi "Les aventures de Carmen". Attention, elle n'arrête pas de râler et se plaint même du prix des nouilles.

05.03.2008

Carmen et les EVS

Carmen a une bonne copine qui travaille dans une école primaire de Brest et fait plein de choses indispensables. Des choses prévues dans son contrat ... et d'autres pas. Donc, on n'en parle pas ici... C'est un contrat EVS, un contrat aidé. Vous connaissez? La copine de Carmen est contente d'avoir ce boulot, parce qu'à son âge... Evidemment, elle ne touche pas un gros salaire. Ce n'est pas comme si elle avait un poste de secrétaire. Je dis secrétaire, parce que c'est un peu le travail qu'elle fait. La directrice lui a dit : "Écoute, l'année prochaine ... Je ne pense pas que ton contrat..." La copine de Carmen, furieuse, a écrit une lettre au président Sarkozy, spécifiant qu'elle voulait travailler, qu'elle aimait ce travail. Voici donc la réponse qu'elle a reçue :


La réponse du Président aux EVS

Nous publions ci-dessous la réponse que reçoivent les EVS sous CAV inquiets pour leur avenir, qui écrivent au Président Sarkozy.

M ,

Vous avez appelé l’attention du Président de la République, qui a transmis votre message à M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale, sur l’arrivée à échéance de votre contrat d’avenir (CAV) ayant permis de vous recruter en qualité d’emploi vie scolaire dans les services de l’éducation nationale.

Les recrutements d’emplois vie scolaire par contrats aidés répondent à un double objectif : satisfaire certains besoins jusque là non couverts dans les établissements scolaires et constituer une première étape d’un parcours d’accès ou de retour à l’emploi. Ce dernier objectif explique que votre contrat ait eu une durée limitée, sans possibilité de renouvellement.

Néanmoins, un entretien individuel de diagnostic doit vous être proposé à son échéance par l’ANPE. Cet entretien permet d’examiner les possibilités qui s’offrent à vous en matière d’emploi. Si aucun entretien ne vous a été proposé, je vous invite à contacter un conseiller dans l’agence la plus proche de chez vous. La liste et les coordonnées des agences ANPE figurent sur leur site Internet (www.anpe.fr).

En outre, le ministère de l’Education nationale aide ses anciens agents à trouver un emploi dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, à la fin de votre contrat, vous recevrez une attestation de compétence sur laquelle figureront les activités et compétences que vous avez développées durant votre recrutement. Grâce à cette attestation, vous pourrez notamment accéder aux dispositifs de validation des acquis de l’expérience qui peuvent vous permettre d’obtenir un diplôme en fonction des activités et compétences développées.

Concrètement, vous pouvez vous présenter auprès des services responsables du dispositif académique de validation des acquis (DAVA) de votre rectorat. Vous trouverez la liste et les coordonnées des rectorats sur le site Internet du ministère de l’Education nationale (www.education.gouv.fr).

L’obtention éventuelle d’un diplôme grâce à ces dispositifs, ainsi que l’expérience acquise durant votre recrutement par contrat aidé, pourront ainsi faciliter vos démarches en vue d’accéder à un nouvel emploi.

Je vous prie de croire, M , en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
La réponse du Président aux EVS
mardi 19 février 2008, par *, AC ! 54. Voir leur site. http://exil.ac.eu.org/spip.php?rubrique16


La copine de Carmen est un peu triste. Elle a été embauchée parce qu'elle ne trouvait pas de travail ailleurs. "Trop vieille...", luis disait-on. Et maintenant.

14.02.2008

J'ai reçu un SMS... (Les aventures de Carmen)

Oui, un SMS de Bruno. « Carmen pas bien. Viens ! » Dans la rue, au pied de l’immeuble, je l’entends déjà, mon amie Carmen. Au premier, c’est encore plus précis. Ma doué ! Quelle voix! Loi de Murphy oblige, j’imagine le pire. Encore un drame brestois ! Et Carmen, si elle t’aime pas, prends garde à toi ! Sur le palier, j’hésite une poignée de secondes. J’entre finalement, la porte était ouverte. Carmen arpente « la grande pièce » de son T1bis, du canapé au buffet, du buffet au fauteuil, accrochée au téléphone, elle hurle. Je comprends quelques mots : «Je n’en veux pas… Crapuleux … » Suivent des propos orduriers que je ne noterai pas dans ce blog, parce que je n’en connais pas l’orthographe. Un dernier cri, elle raccroche, s’écroule sur le canapé.
- C’est quoi, cette histoire ?
- Un contrat pourri…
- On te propose un contrat ? Pourri ou pas, t’en as de la chance…
- Tu sais que je cherche un boulot stable, non ? Je te le répète tout le temps. À chaque rentrée, lire dans le marc de café pour savoir si j’ai des cours ou pas. Les heures qui sautent, pas payées. Pas de droit à la formation. C’est usant. Tu vois, j’aimerais bien déménager, pour un appart plus grand. Et puis en plus, Bruno et moi, on voudrait un bébé. Enfin, surtout moi, et Bruno trouve que c’est trop risqué. Il répète : « Tu nous imagines, tous les trois sous une tente de chez Décathlon ! » Alors, je regarde toutes les annonces. Et je réponds pour être vendeuse, traductrice, secrétaire, télé-prospectrice, même parfois prof d’espagnol, formatrice… Ils ne me répondent jamais. Un jour, je vois une annonce pour une école de langues qui cherchait un auteur/tuteur pour cours d’espagnol en ligne. J’expédie une lettre, un CV. Et là, une responsable m’appelle. On branche bien au téléphone et je commence tout de suite. 45 Euros l’heure de cours mise en ligne, c’est payé en droits d’auteur et pour le tutorat à distance 20 Euros de l’heure…à la facture.
- C’est nul. Pour une heure de cours à distance. Et tu devais payer toi-même ton matériel ?
- Ils devaient m’envoyer un micro, une webcam… Jamais eu.
- Tu as travaillé longtemps pour eux ?
- Deux mois…
- Sans contrat ?
- La fille, qui était sympa, me disait toujours : on prépare votre contrat, ne vous en faites pas … mais la secrétaire était malade, elle avait trop de travail…
- Panne informatique, papier en rupture de stock… Et là, tu l’as enfin eu, ce contrat ?
- Ce matin. Et tu vois là : le paiement des droits d’auteur est étalé sur trois ans…
- Tu pourras toujours expliquer ça à ton propriétaire …
- Et pour être payée, je dois apporter les mises à jour pendant trois ans. Pieds et poings liés pendant trois ans... C’est écrit noir sur blanc. Si mon texte et les exercices ne sont pas actuels, c’est à moi de mettre à jour.
- Tu choisis un article sur la corruption ou la pollution, tout à fait par hasard. Par miracle, pollution et corruption disparaissent l’année suivante. Pas de chance pour toi, tout le boulot est à refaire.
- D’après ce contrat, ma responsabilité est engagée … À moi de payer les frais de justice et d’avocat, au cas où…
- Je peux l’emporter, ton contrat ?
Oui, mais t’en parles à personne, hein ? Il y a aussi une clause de confidentialité...

20.01.2008

Livre noir de l'animation culturelle

Merci à Violaine qui attire notre attention sur le livre noir de l'animation culturelle. Que faut-il conclure de cette lecture ? Que les rapports de pouvoir peuvent corrompre? Que chacun de nous peut se transformer en méchant patron exploiteur ? Que le code du travail qui protège les salariés n'est pas un luxe mais une nécessité?



Le livre noir de l’animation socioculturelle
Sous la direction de Marion Peyre, Collection ‘Questions contemporaines’
L’Harmattan, 267 pages, 23,50€

Un livre noir ? N’est-ce pas exagéré ? Non, car la réalité est parfois pire !
Il ne s’agit pas pour les auteurs, membres du syndicat USPAOC-CGT d’intenter un procès aux mouvements d’éducation populaire. Les syndicalistes qui ont écrit ces pages viennent tous du monde de l’économie sociale et défendent l’Education populaire.

Ce livre analyse la situation dans maintes entreprises socio-éducatives associatives se réclamant d’une démarche de transformation sociale et affichant des valeurs qu’elles bafouent ; des dirigeants associatifs, militants de leurs propres syndicats, se comportant comme des patrons et balayant les droits de salariés ; des pratiques condamnables et loin d’être isolées que l’on imagine plutôt réservées aux patrons de l’industrie ou du commerce. Rien n’est laissé au hasard. De très nombreux témoignages montrent le harcèlement moral, la répression anti-syndicale, l’utilisation importante de personnels précaires et, entre autres, le non respect du code du travail.

Tous pourris ? Heureusement, non ! Mais de nombreuses associations d’éducation populaire devraient réfléchir aux contradictions qui les minent.

Il faut défendre l’éducation populaire : contre la politique de ce gouvernement qui veut l’asphyxier mais aussi contre ces formes de management.

Le collectif auteur de ce livre analyse les raisons qui conduisent à de telles dérives. En voici une, parmi d’autres : « Qu’il s’agisse de fédérations ou de mouvements éducatifs devenus des machines à vendre des stages, des chantiers, des centres de loisirs, des activités de loisirs, ou qui se positionnent concurrentiellement sur toutes les délégations de services publics possibles dans les villes, la liste est longue, et peu de fédérations peuvent se vanter, démonstration à l’appui, d’avoir su garder la flamme militante, d’avoir résisté à l’institutionnalisation dans l’appareil d’Etat et à son cortège de pratiques commerciales, déguisées sous les bons sentiments des valeurs. »

Bon dimanche à tous ....

14.01.2008

Les vacataires s'organisent

C'est d'actualité. Les vacataires s'organisent. Voilà un nouveau message. Des vacataires d'anglais tentent de centraliser les informations sur les conditions de travail pratiquées dans la plupart des écoles pour tenter d'imposer une charte de bonne conduite. Est-ce possible? Qu'en pensez-vous? A bientôt

"For those of you in France, a wiki has been set up for comments and networking on the "vacataire" issue. The idea is to accumulate information on all the schools hiring vacataires, so we can work out a kind of "charter of good practices" (being paid monthly, having access to equipment, etc) and eventually find a way to impose it on all schools.

P.S. You don't have to be a vacataire to put your 2 cents worth in. We do hope there are some non-vacataires who will get involved as well.

http://englishsup.pbwiki.com/

CDII, à nouveau....

Un nouveau commentaire vient d'être posté sur votre blog à la suite de la note Le CDII. Un nouvel épisode dans la lutte pour l'amélioration des conditions de travail des précaires. Merci de nous informer

"Convention Collective Nationale des Organismes de Formation Le CDII (Contrat de Travail Intermittent à Durée Indéterminée) Nouveau Groupe de travail paritaire entre représentants des employeurs et des salariés Réflexions sur la pratique de l’intermittence dans les organismes de formation linguistique * Quelle était la vocation initiale du CDII lorsqu’il a été inclus dans la CCN OF ? Il s’agissait d’encadrer les rapports jusque-là informels entre un vacataire et un employeur. * De quelle manière ? Par la conclusion d’un contrat écrit supposé déterminer les droits et devoirs de chacun, cela, dans un contexte où il n’existe aucune prévisibilité dans les interventions. * Quel était l’objectif du groupe de travail CDII exploratoire réuni en 2005 et 2006 ? L’instauration d’un échange entre les membres de la CPN afin d'éviter la recrudescence des dossiers de saisine concernant les CDII. I. Le besoin de clarté et de cadrage de l'intermittence Pour ce nouveau groupe de travail, moins informel, les attentes communes sont de faire œuvre pédagogique. 1. clarification de l'article 6 Objectifs : sécuriser les pratiques = éviter les interprétations hasardeuses dues aux ambigüités du texte, les dérives et abus, les litiges qui en découlent 2. clarification de l’art. 14 Objectif : rédiger de façon plus équitable les garanties du régime de prévoyance des CDII, qui, pour l’instant, est atypique. Les dispositions concernant les CDII doivent être alignées sur les dispositions concernant les CDI prévues à l'article 14 de la CCNOF. La CPNP (Prévoyance) est chargée de préparer la rédaction de l’article 14 et l’harmonisation d’une partie de l’article 6 relatif au CDII pour une pratique homogène. 3. réflexion sur les accords dérogatoires (dans les organismes non linguistiques) Objectif : étudier la perspective d’une procédure formelle qui obligerait les entreprises à soumettre à la CPN leur désir d’accord d'intermittence. II. L’intermittence vue par les employeurs des organismes de formation linguistique a) Le caractère particulier de la formation linguistique est que 1. l’on ne preste pas des journées mais des heures 2. le client commande ou annule ses cours souvent la veille pour le lendemain b) Le caractère particulier du CDII est que 1. c’est un CDI et non un CDD ; les contrats conclus avec les salariés sont certains et pérennes. 2. l’équilibre est délicat entre la disponibilité offerte par le salarié et le volume d’heures annuel que l’employeur peut garantir (l’anglais emporte 80 % du marché par rapport aux autres langues). Même si le formateur consent une ou plusieurs journées fixes de disponibilité à son employeur, les heures de travail au sein de ces journées ne peuvent pas être déterminées à l’avance ; leur exécution est irrégulière et imprévisible. 3. la mise en place des refus (art. 6-2) permet une certaine souplesse. Certains formateurs souhaitent conserver la liberté de choix des cours. La liberté réciproque de chacun -proposition de cours vs. refus- est essentielle. Un organisme linguistique est ouvert potentiellement 70 hs / semaine (12 h x 6 jours) ; un formateur bon gestionnaire de son temps peut parfaitement, en cumulant 2 ou plusieurs CDIIs, atteindre ou même dépasser le temps plein. ‘La majorité des formateurs en CDII refusent un CDI temps complet lorsqu’il leur est proposé. L’intermittence en langues n’est donc pas du tout la précarité institutionnalisée que certains s’obstinent à dénoncer’. c) Le caractère particulier de la loi est que 1. quand bien même le texte serait clarifié, les organismes récalcitrants s’ingénieront à ne pas appliquer les dispositions conventionnelles ou même le droit du travail. 2. les abus ne doivent pas conduire à produire des textes toujours plus coercitifs. La multiplication des contraintes dans l’art. 6 ne nuirait qu’aux organismes sérieux, respectueux des dispositions conventionnelles, qui risquent d’être confrontés à des « usines à gaz » ou des effets pervers non prévus. ‘Si le toilettage de l’article 6 doit éviter les abus et les interprétations divergentes, il ne doit pas être une fin en soi’. Par ailleurs, inlassablement, la FFP poursuit son but : retoquer le ratio d'intervention FFP/ PRAA de 70/30 ou AF/ PR de 72/28 des formateurs. II. L’intermittence vue par les salariés en CDII qui la vivent au quotidien Les salariés, à l’unanimité, souhaitent de vraies contreparties et compensations à l’imprévisibilité des changements d’horaire ; leur intérêt de salarié doit être préservé. Il faut revenir à la base légale du concept d'intermittence : s’il y a une régularité périodes travaillées / non travaillées, l'intermittence ne doit pas être autorisée. Le CDII à garantie annuelle haute et importante (plus de 1000 hs / an) doit être privilégié car il cumule les quasi-avantages du CDI temps complet tout en permettant au salarié de refuser certaines prestations pour convenance personnelle. Il est plus humain que le CDII à garantie d’heure annuelle ridiculement basse qui implique précarité, zéro Assedic, insécurité et cumul de plusieurs employeurs pour accéder à un temps plein. Le SNPEFP-CGT souligne que les réflexions du Groupe de Travail ne peuvent en aucun cas être disjointes des autres travaux paritaires relatifs à la prévoyance ou à l’étude-diagnostic en cours sur ‘le temps de travail des formateurs D et E. Une définition très précise des cas de recours à l'intermittence évitera l'intermittence sauvage. Les salariés intermittents ne doivent pas être la variable d'ajustement des organismes de formation. Le groupe de travail se réunira toutes les 6 semaines jusqu'en juin 2008."

Ce commentaire a été posté par Violaine.