20.06.2008

LES EVS N'AIMENT PAS LES VACANCES

Carmen est passée me voir, ce matin. Elle est pratiquement en vacances. Si vous la croisez, ne lui parlez surtout pas de vacances, Elle risquerait de mal le prendre. D'ailleurs, elle est d'assez mauvaise humeur. Tout ça parce que ses élèves voulaient savoir s'ils la reverront en septembre. " On continue avec vous l'année prochaine, Madame ? " C'était leur dernier cours. Tous occupés à parler de voyages, de l'Euro 2008 en avalant des olives et la tortilla de Carmen, sa spécialité, en fait le seul plat qu'elle sache préparer. Il y en a un qui a insisté " Vous ne voulez pas nous dire? On sera avec vous en B1? " Il avait la bouche pleine. Elle n'a pas répondu, et lui, il a continué à manger. Il a sûrement oublié. De toute façon, il était l'heure. Elle s'est levée pour tout remballer, les olives, les jus de fruits, les gobelets. " Bonnes vacances, Madame! Merci pour le pot ! À la rentrée ! " Carmen a fait un tour dans les couloirs. Personne pour lui serrer la main. Personne pour dire : " Bon boulot, Carmen. On compte sur toi à la rentrée". Elle est partie sans se retourner, elle n'a dit au revoir à personne.
Ce matin, comme je vous le disais, elle était chez moi. Elle m'a tendu une feuille de papier : " Tiens, c'est une lettre que ma copine EVS a envoyé au courrier des lecteurs du « Canard enchaîné », c'est pas sûr qu'ils la passent au Canard. Mais toi, il y a des centaines de gens qui lisent ton blog chaque jour, Alors sois sympa! "

Bonne lecture...



Brest le 7 juin 2008




Monsieur,


Je suis, depuis le 25 septembre 2006, en Contrat d'avenir dans l' Éducation nationale.
Mon contrat arrive à terme le 4 juillet prochain.
Nous sommes nombreux, dans mon département, dans ma région et dans la France entière à avoir été contactés par l' ANPE en juin 2006.

En effet, les directeurs d'écoles se plaignaient de la surcharge de travail qui leur était imposée (ça on ne nous l'a pas dit, bien sûr), et demandaient soit une décharge de leur classe, soit une personne pour les aider.

Comme les élections présidentielles approchaient, que le taux de chômage était élevé, il suffisait de faire appel à l' ANPE pour recruter des demandeurs d'emploi "longue durée", qui pallieraient les carences de personnel auprès des directeurs, qui ainsi n'auraient plus rien à réclamer.

Et nous voilà affublés du titre pompeux "d'assistant administratif auprès de directeur d'école", même si certains d'entre nous sont incapables d'aligner deux mots sans faire une faute, n'ont jamais approché un ordinateur et n’ont aucun don pédagogique, aucune capacité relationnelle avec les enfants.
D'autres, par contre, ont fait des études longues, sont diplômés, ont des compétences supérieures à celles requises par l'emploi occupé.

Il y a aussi les personnes en contrats d'avenir, qui eux ne sont pas assistants administratifs mais ont la charge d'un enfant handicapé, durant sa journée d'école. L' Éducation Nationale s'étant engagée à scolariser un certains nombre d'enfants handicapés.

Nous devions avoir une formation : dans une clause du contrat que nous avons signé, il était en effet stipulé que nous nous engagions à suivre une formation, et que en cas de non-respect de cet engagement, le contrat serait rompu.

Pour toute formation, nous avons "bénéficié" de trois journées dédiées à la recherche d'emploi, pour l'après contrat : comment rédiger son CV, comment écrire une lettre de motivation, comment chercher du travail, etc. Choses dans lesquelles la majorité d'entre nous excelle puisque nous sommes des demandeurs d'emploi longue durée.

Nous devions aussi continuer à percevoir nos indemnités ASSEDIC, de façon dégressive certes, mais pendant au moins 6 mois, en plus de notre salaire, nous devions pouvoir en bénéficier ainsi que de la prime "retour à l'emploi" de 1000 €.
Mais la loi ne s'appliquait pas à nous ou bien la loi avait changé, en tout cas nos indemnités ASSEDIC ne nous ont jamais été versées et quand elles l'ont été "par erreur" nous avons dû les rembourser.
Certains n'ont jamais perçu la prime tant attendue de 1000€. Je l'ai eue, tant mieux pour moi.

Mais, ce n'est pas fini : pour couronner le tout, ce mois-ci, notre salaire nous a été versé avec 6 jours de retard. L' Inspecteur Académique de la circonscription où je travaille nous a dit que nous n'avions pas à nous plaindre, car « certains employés de l'Education nationale n'ont leur salaire qu'après trois mois de travail » (dixit l'Inspecteur).

Au secrétariat du lycée qui m'emploie, quand j'ai demandé des explications, on m'a raccroché au nez. Je m'inquiétais des agios que j'aurais à payer à ma banque, car ce n'est pas avec 783€ 79 qu'on fait des économies.
Dans un mois, c'est le retour à la case chômage, alors qu'on nous avait promis qu'à la fin de notre contrat nous aurions un emploi en CDI, pas dans l'éducation Nationale c'est sûr, mais un CDI grâce à la formation que nous allions avoir et aux compétences que nous allions acquérir.

Si je vous écris tout ceci c'est pour que nous sortions de notre isolement, pour que l'information passe auprès de vos lecteurs.

Restant à votre disposition, je vous remercie de votre attention et vous prie de bien vouloir recevoir, Monsieur, mes sincères salutations.

16.06.2008

CARMEN VEUT APPRENDRE LE BRETON

Salut à toutes les lectrices et tous les lecteurs de ce blog. Sympa de venir nous rendre visite. Surtout que vous devez êtes occupés avec les matches de la coupe d'Europe, les manifs toutes les semaines, le travail dans le jardin... Bon, vous savez, ici c'est le blog de la vacataire en colère. Prof de langue virée à la suite d'un conflit avec la direction. Comme j'ai un peu de temps, je vous raconte les aventures de mon amie Carmen, prof d'espagnol dans l'enseignement supérieur. Pour que vous sachiez ce que ça fait d'être vacataire, précaire. Il paraît que l'empathie, c'est bon pour la santé. (On dit que ça irrigue certaines zones du cerveau et comme ça, on n'est pas dépressif.) Ça faisait deux semaines que je ne l'avais pas vue, mon amie Carmen. Faut dire qu'il y avait un petit malaise. On s'était un peu disputées, toutes les deux. Moi, je n'avais plus envie d'écrire. Plus d'inspiration. C'est vrai que j'étais furieuse, elle était venue me dire qu'elle avait fait toutes les démarches et qu'elle est maintenant travailleur indépendant. J'étais tellement en colère que je lui avais fait découvrir un pan du lexique français qu'elle ignorait. Des adjectifs et des substantifs du genre 'gourde', 'manche', 'andouille' et des mots que je n'écrirai pas ici parce que je n'en connais pas l'orthographe. Elle a pas dû être heureuse quand elle a vérifié dans le Robert. Vous savez, c'était juste parce que je me fais du souci pour Carmen. Elle a déjà du mal à ranger ses chaussettes alors comment voulez-vous qu'elle se débrouille avec toute cette paperasse ! Tenir une comptabilité, heureusement sans TVA ! Les rappels de la caisse de retraite, les sommations assassines de l'URSSAF, le vocabulaire du comptable de son centre de gestion... Puis, son chiffre d'affaires n'est pas extensible, elle dépend des écoles où elle travaille. C'est du salariat déguisé, vous ne réussirez pas à me convaincre du contraire. Mais Carmen n'en démordait pas : « Je veux travailler plus! » Évidemment, c'est pour gagner plus ! Pour travailler plus, il lui faut être travailleur indépendant. Comme ça, pas de souci pour son soi-disant client (en fait crypto-employeur). C'est un peu idiot de céder à ce chantage, vous ne trouvez pas ? D'où mes débordements verbaux. Mais ici soir, elle est passée me voir, on a bien discuté et on est à nouveau copines. On a parlé de tout, enfin de tout et de rien, du temps (Toujours beau à Brest !), des manifs pour le maintien de l'hôpital de Carhaix (Évidemment, chez vous, c'est Paris qui décide tout ! Alors que les péridurales dans le Centre Bretagne, a dit Carmen...), des défilés de matériel agricole au centre de Brest (Ils en ont brûlé du gazoil, ce jour-là, encore un commentaire de Carmen), des inondations en Iowa ( Bizarre, la presse française n'en parle pas, toujours Carmen), de la loi sur les OGM (No comment !). Parce qu'on est des filles, vous imaginiez qu'on parle chiffons ... Et bien, pas toujours. Et puis là, au milieu de tout, vous savez ce qu'elle me dit Carmen? Qu'elle veut apprendre le breton! Le breton? Là, après une surprise pareille, il nous faut un nouveau paragraphe !
« Oui, parce que, tu vois, j'ai toujours été jalouse des Basques et des Catalans qui ont quand même de la chance d'avoir une deuxième langue. Bilinguisme précoce, et tout ? Tu es prof de langue, je n'ai pas besoin de te dire ça. Et en plus, c'est leur langue, c'est un droit de la transmettre, faut pas oublier ça. Alors, quand je suis venue en Bretagne, j'ai cru que ce serait un peu comme en Catalogne ou au pays basque, tu vois? Qu'il y aurait des journaux, des radios, des télés en breton, des cours de breton, plein d'écoles en breton... comme dans un pays normal, quoi, comme en Espagne. J'ai été déçue, tu peux pas imaginer. Je voulais prendre des cours. Le temps a passé. Mais là, je suis décidée. Parce que tu vois, j'ai confiance pour le breton. J'aime bien apprendre les langues en plus. Et puis, tu sais, je pourrai peut-être trouver du boulot avec le breton. Un truc fixe, tu vois? Avec un CDI, un salaire tous les mois, des congés payés et peut-être même des congés de maternité... Et puis t'as vu l'équipe d'Espagne, qu'ils soient Catalans ou Andalous, ça fait quand même une belle équipe. Ils sont bons, hein ! Et ils sont mignons en plus... »

28.05.2008

CARMEN ET L'URSSAF

Je reposais le troisième volume de Millénium. Curieux sentiment de vide. Et le quatrième tome risque de se faire attendre... Si vous avez des infos à ce propos, cher lecteur (h/f), n'hésitez pas à m'en faire part et laissez un petit message sur ce blog. Je posais donc mon livre. Juste à ce moment-là, on frappe vigoureusement à la porte. C'était elle, Carmen bien-sûr, vous l'aurez deviné. (Carmen est enseignante vacataire, professeur d'espagnol dans l'enseignement supérieur. En plus, c'est ma copine. Moi, je suis la copine de Carmen, et accessoirement une vacataire virée de l'enseignement supérieur pour cause de contestation de statut. Si vous voulez en savoir plus, allez voir dans les archives d'octobre. En bas à droite.) C'était bien Carmen.
- T'as fini ton bouquin. On va pouvoir te causer maintenant?
- Je te le prête, pour les vacances.
- Me parle pas des vacances. Déjà en mai, le salaire c'était pas terrible. Mais, en juin, c'est la catastrophe avec ces examens qui sont mal payés. Et en juillet, c'est le vide absolu, plus un sou. Pour Millénium, je veux bien que tu me le prêtes. C'est pas trop noir comme histoire ?
- Non, le bien et la justice triomphent au bout du compte. C'est très moral.
- Pas comme dans la vie, hein? Enfin, je parle de la mienne. Tu crois qu'il y a une justice ? Tu as vu les retraites? Dire qu'il y en a qui manifestaient la semaine dernière pour un an de plus ou de moins de cotisation. Comment veux-tu qu'on y arrive, nous les vacataires, à cotiser suffisamment ? N'empêche qu'on travaille quand même... C'est vraiment pas juste. En plus, ça y est je me suis inscrite. Je suis travailleur indépendant... En « libéral », quoi.
- Hein, t'as fait ça ! Pourtant, je t'avais dit ...
- Dans les écoles du public, les grandes écoles, tu vois, chaque fois que je me présente pour avoir des heures, la première chose qu'on me demande, c'est pas : « Dans quelle université avez vous étudié? Sur quoi portait votre recherche ? » On s'attendrait à ça. Non, on me demande : « Vous avez un employeur principal? » Tu ne serais même pas prof, ils s'en fichent. Mais l'employeur principal, c'est important. Sans ça, c'est pas la peine d'aller plus loin. Et l'année prochaine, je voudrais travailler plus. Tu sais qu'à l'ENTA, il y a Francisco - tu sais qu'il est permanent, lui - qui prend une demi-année sabbatique. Il paraît qu'il va aux Baléares, travailler sur un projet de recherche. Pour un lexique médical. Il a une maison et des amis médecins sur une des îles, je ne sais plus laquelle... C'est pratique. L'école lui paiera juste son salaire comme d'habitude, mais pas le loyer. Il a l'air content. Normalement, il ne donne que six heures de cours. C'est pas beaucoup. C'est normal, il fait de la recherche pour son projet de lexique. Le semestre prochain, je pourrais les faire. J'espère. Six heures là et ailleurs on verra... A condition d'avoir le statut libéral, évidemment. Et si je m'entends toujours avec le chef...
Carmen, tu vas devoir tenir une comptabilité, garder tes factures. Tu vas râler contre les charges, comme le dentiste. Mais tu gagneras quand même beaucoup moins que lui ! Puis Carmen, tu ne voulais pas un bébé ? Comment tu vas faire ? Attends, pleure pas comme ça, Carmen. Je te fais un café ? Tiens, le bouquin, je te le prête tout de suite. Tu verras, c'est super. On reparlera de tes charges une autre fois, d'accord?

15.05.2008

LES AVENTURES DE CARMEN : JOUR DE GREVE

Bonjour,

Chut, ne réveillez pas les enfants. Aujourd'hui, c'est jour de grève. Carmen ne sait toujours pas : « Je fais grève, je fais pas grève. J'y vais, j'y vais pas ? » D'un côté, la grève est organisée par les syndicats. Les syndicats, vous aurez compris qu'elle ne les aime pas trop (l'inverse doit être vrai également). Dire qu'elle ne les aime pas, c'est faux d'ailleurs. Elle ne se sent pas concernée. C'est tout. Ils ne parlent pas d'elle. Ils défendent les salariés, oui. Mais elle, elle se situe dans un espace-temps différent. C'est comme si elle était sur une autre galaxie. Comment expliquer autrement les heures supprimées, les congés non payés, les emplois du temps variables, les licenciements abusifs sans préavis ? Mais, quand même, la grève d'aujourd'hui, c'est pour la défense du service public. C'est important que les enfants aillent à l'école, qu'ils aient un enseignement de qualité. Oui, mais qu'elle se dit Carmen, moi aussi je travaille pour le service public, et moi, personne ne m'aide. Les syndicats, ils font comme si les vacataires n'avaient aucun droit ! Ils devraient aller voir sur le blog de Maître Icard, il explique tout. Sûrement que pendant leur formation, le jour où on a parlé des vacataires ils étaient tous à la pêche. Alors au fond, ça sert à quoi d'avoir des droits, si personne ne les défend ? Quand même, aujourd'hui, je lui ai dit à Carmen, c'est pas une grève pour les retraites. (Ne parlez pas à Carmen de sa retraite !) C'est une grève pour le service public, contre les programmes de Darcos, contre la précarité. ..Mais, est-ce qu'ils vont parler des précaires dans les médias ? Au fond, il a raison, le président, on ne peut pas faire confiance à la presse. Et il y a une manif aussi à Brest, aujourd'hui. Carmen, ça lui fait penser aux manifs contre le CPE. Vous vous en souvenez, du CPE ? Carmen se rappelle.
Elle ne comprenait pas ce qu'ils avaient contre le CPE, les jeunes. C'était un contrat de travail, quand même, le CPE. Ils n'ont même pas remarqué que la prof de japonais et le prof d'anglais en rêvaient, eux, d'un contrat première embauche, après vingt ans de métier. Tiens ! Et à cause de la grève, on supprimait les heures de cours (notamment les heures de japonais et d'anglais) et leurs profs vacataires n'étaient pas payés. Ils n'ont pensé pas à ça, les étudiants. A l'ENTA, heureusement pour Carmen, les étudiants n'ont pas fait grève. Pas concernés ! (Pour l'élite de la nation, on prépare le tapis rouge, pas des contrats pourris... ) Quand même, un jour, ça lui a fait tout drôle à Carmen, quand une de ses collègues, une titulaire, a dit « Moi, je vais à la manif contre le CPE. Il faut se battre. Ce qu'ils veulent faire à nos jeunes...tu te rends compte, un contrat pareil, aucune garantie, la précarité ... » La défense des droits, c'est toujours pour les autres, hein Carmen ? Je vous le disais, les vacataires, c'est une autre galaxie, un espace à part. Je crois que Bourdieu explique ça. Si ça vous intéresse, il appelle ça des « champs ». Si vous faites grève, ça vous fera de la lecture. N'oubliez pas le blog de Maître Icard (recherche : vacataires en colère) et Bourdieu... Et Carmen, il faut qu'elle se décide. « J'y vais, j'y vais pas ? Si j'y vais pas, je suis pas payée... »

12.05.2008

CARMEN ET LE MONDE DE SOPHIE

"Carmen, c'est quoi un « vacataire »? C'est maman qu'a dit que t'es vacataire. C'est pas des méchants les vacataires, hein, Carmen ?"
Même Sophie, s'y met. Sophie, c'est la petite voisine de Carmen, elle a sept ans.Faut dire que depuis que le blog des vacataires en colère est le blog du jour, ça devient insupportable pour Carmen. (Voir la note précédente , cher visiteur (h/f) si c'est votre première visite sur ce site.) Elle est devenue une vraie vedette dans son immeuble. Dans l'escalier elle entend les deux ados du premier qui chantonnent « C’est le règne de l’arbitraire, du pouvoir discrétionnaire ...Tu comprends pas, ouvre le dictionnaire, t’es vacataire ».
La vieille dame au chat, celle qui a une toute petite retraite et ne mange plus qu'un repas par jour, a vu le blog chez l'étudiante du troisième. Elle m'a hélée dans l'escalier, elle trouve qu'on aurait dû mettre la photo de Carmen pour présenter le blog. « Elle est plus belle que Carla Bruni, quand même, et c'est une travailleuse ! » Le monsieur qui travaille à l'arsenal lui a dit ce matin : « Courage Carmen, ça ira! ». Je l'ai déjà dit, je le répète : elle a de la chance Carmen d'avoir des voisins pareils. Elle n'a aucune envie de partir de cet immeuble, même si c'est vrai que c'est un peu petit, un T1 bis pour deux. Et elle rêve en plus de peindre une petite chambre en rose bonbon 'ou en bleu ciel). Mais sur ce point, Bruno est inflexible. « Non, Carmen, un contrat d'abord. »
Sacré succès dans son immeuble, mais qu'est-ce que ce sera au boulot mardi ? A l'ENTA.
Vont pas être contents. J'espère qu'ils ne vont pas la virer. Ce serait une catastrophe. C'est déjà arrivé. Une vacataire, elle travaillait depuis quatre ou cinq ans. Pas très bavarde. Elle donnait des cours de français et d'espagnol. A la fin, elle n'avait pas l'air contente, elle ronchonnait. Et puis à la rentrée suivante, elle n'était plus là. Fabienne, oui, elle s'appelait Fabienne. Il paraît qu'elle était allée voir le directeur pour protester, elle avait vu le syndicat. Et d'un coup, disparue. Un jour, la secrétaire a enlevé son nom de son casier.
Il y en a dit qui ont dit que c'était scandaleux et qu'il fallait envoyer une pétition.
Il y en a qui ont dit : « Pas le temps aujourd'hui, on fera ça demain »
Il y en a dit qui ont dit qu'elle n'avait plus de cours dans aucune école, qu'elle était grillée en quelque sorte.
Il y en a qui ont dit qu'elle l'avait bien cherché.
Il y en a qui ont que c'était comme ça, quand on est vacataire.
Il y en a beaucoup qui n'ont rien dit.
Alors vous vous rendez compte si ça arrivait à Carmen à cause de ce blog ! Vous me direz, elle aurait le temps de lire les trois volumes de Millenium. Mais vaut mieux pas, quand même. On peut compter sur vous, hein? Vous enverriez une pétition, vous feriez une manif avec les voisins de Carmen?
« Pourquoi, t'es vacataire Carmen, t'as fait une bêtise, Carmen?
- Arrête, Sophie, va jouer avec tes Pokémons, c'est des histoires de grandes personnes. »

08.05.2008

CARMEN N'EST PAS A LA FÊTE

Pas drôle, le mois de mai pour Carmen. Tous ces jours fériés ! Le 1er mai, le 8 mai, la Pentecôte.
Et en plus ces 2 ponts. Le jeudi, c'est pas grave, on ne travaille pas beaucoup dans les écoles de Carmen. Le jeudi après-midi, les étudiants font du sport. Alors, elle a juste une heure. Vous vous rendez compte une heure. Se déplacer pour une heure, au prix de l'essence. Mais le vendredi, elle a quatre heures de cours. Le 2 mai et le 9 mai, ça lui fait 8 heures en moins. Plus lundi ... Carmen est payée à l'heure, alors son salaire de mai....Et en juin, les examens. Et après le 15 juin, plus rien. Elle ne l'avait imaginée pas comme ça, sa vie, Carmen, quand elle a décidé de rester à Brest. Vous vous souvenez ? Elle a passé un an ici dans le cadre des échanges Erasmus. Puis, elle est restée. Pour Bruno, évidemment. Elle se disait qu'aves toutes les écoles supérieurs à Brest, elle pourrait trouver du travail. C'est un vrai prof d'espagnol, vous savez, avec diplôme, stage. Elle a cherché : ANPE, petites annonces, rien. Ses premières vacations, elle les a eues grâce à une copine. Après, on lui a proposé des interventions dans d'autres grandes écoles de Brest. Toujours par relation. On lui a donné des heures. Bruno bondit quand il entend ça, 'donner des heures'. « Le travail, c'est pas un cadeau. On ne dit pas merci au patron, quand même ! » Les vacataires disent comme cela : « X m'a donné 6 heures. » X (h/f), c'est le/la responsable du département langue. En mai et juin, il vaut bien s'entendre avec lui/elle, parce que c'est lui/ elle qui peut décider si vous avez du boulot ou pas. On se rappelle à lui ou à elle discrètement, on lui demande des nouvelles des enfants d'un air intéressé. « Ta voiture est en panne, tu veux un lift ? Pas de problème. » On assure les remplacements au pied levé avec le sourire. « J'avais prévu d'aller au cinéma, mais si ça peut t'aider, je peux le faire. » Il n'y a pas de véritable évaluation du travail de vacataire. Tout est dans le ressenti. Il faut juste avoir le 'look' du vacataire qui assure. Le sourire et ne pas faire d'histoire. Carmen a compris tout ça. En juin, c'est important. Il faut poser la bonne question : « Tu auras des heures pour moi, l'année prochaine? Je t'appelle début septembre, c'est ça ? J'aimerais travailler plus, tu sais » En juin, il faut aussi se renseigner auprès des autres vacataires. Ce sont eux qui savent s'il y a des 'heures à donner' dans l'une ou l'autre école. Alors il vaut mieux bien s'entendre avec ses collègues, pas trop râler, pas piquer le boulot des copains, pas crâner avec de nouvelles méthodes et des idées géniales. Les collègues aussi peuvent te griller. Une petite remarque bien sentie auprès du responsable, et toi, tu quittes le vivier. Sans savoir qui t'a enfoncé ce poignard dans le dos. L'idéal du vacataire, au fond, c'est carpette et gris muraille. Carmen sait tout cela. C'est pour ça qu'à cette saison, elle n'est pas à la fête. Sympa Carmen, hein? Vous (f/h), avec tous ces jours de congés, peut-être que vous avez le temps, alors allez faire un tour dans les archives et lire ses aventures, qui paraissent sur ce blog depuis octobre 2007. Il y a le blues des vacataire, une incursion au pays des jouets, une histoire de SMS, le prix des nouilles... Entre deux épisodes, les syndicats font leur pub aussi. (On parlera des syndicats une autre fois, si vous le voulez bien.) Il est sympa le blog du Télégramme, bien aéré, bien présenté. Et en plus, vous n'êtes n'es pas agressé par la pub. Et tout cela gratuitement. Mieux que Le Monde et Libération. Et en plus, ils m'ont mis en blog du jour. Carpette, moi ? Ben, j'ai été vacataire, moi aussi, c'est vrai. Et si vous voulez savoir, comment ça s'est terminé, allez lire 'Virée'.
(Archives d'octobre)

27.04.2008

Carmen n'a plus rien à se mettre

Carmen – si vous êtes un habitué(h/f) de ce blog, vous connaissez mon amie Carmen, prof d'espagnol vacataire dans les Grandes Ecoles de Brest et région. Dans le cas contraire, pas de problème, rattrapage (gratuit) en ligne. Et si vous voulez vraiment tout savoir et tout comprendre, lisez les archives jusqu'en octobre 2007. Moi, j 'étais chez elle cet après-midi. J'ai tout de suite vu qu'elle avait un problème : elle allait de la chambre au salon (vous vous souvenez, il est petit, son appart), retournait dans la chambre, ouvrait la porte de sa penderie, prenait un vêtement, le regardait en soupirant, le roulait en boule et l'envoyait avec rage dans un coin de la pièce, où il y avait déjà un joli petit tas. Bon, vous aurez compris, Carmen n'a plus rien à se mettre.
« Une petite robe, ce serait mieux quand même, non? Mais, il me faudrait des chaussures. Pour les sandales, il fait peut-être encore froid. Et puis, t'as vu, sur ma robe, il y a une tache. Des jeans, tu dis. Un T-shirt et et un pull, au cas où ... En plus, Bruno ne veut pas venir à cette soirée. Pourquoi? Il dit qu'il n'aime pas les cumulards, qu'il va la jeter dans la piscine. Oui, il y a une piscine ... une petite pour les enfants. T'as raison, une piscine à Brest ... Si, moi je vais y aller, je l'aime bien, cette fille. Elle s'appelle Anne, d'ailleurs. On boit souvent un café ensemble le vendredi soir. C'est le seul jour où elle a un peu de temps. Sinon, elle est toujours pressée. On n'est pas nombreux à cette heure-là, 18 heures. Presque tous les permanents sont partis. C'est un horaire de vacataire, on dit comme ça, ici. C'est un peu sinistre quand on finit à 7 heures et demie ou 8 heures. D'un autre côté, on est tranquilles pour discuter un peu avant le cours. Elle travaille dans un collège, elle est titulaire et ça fait au moins 15 ans qu'elle fait des vacations à l'ENTA. C'est pour ça que Bruno dit que c'est une cumularde, mais elle est sympa. Les vacations ici et là, elle dit que c'est pour les vacances des enfants, la neige et tout. C'est cher les enfants, on dirait. Alors, c'est clair qu'elle galère un peu - jongler avec tous les emplois du temps - elle arrive pile à l'heure ou un peu après. Dans deux grandes écoles qu'elle va pour faire des heures sup. Bruno dit que c'est scandaleux, évidemment. Il est comme ça, Bruno. Mais, avant, des profs qui faisaient des heures sup, il y avait encore beaucoup plus. Mais maintenant qu'il dit, il y a plein de profs au chômage, alors voir des gens qui cumulent, ça l'énerve un peu, Bruno. D'un autre côté, je lui ai expliqué, que pour travailler dans la plupart des Grandes Ecoles publiques, il faut un employeur principal. Eux, pas de problème. Et il paraît que les profs du secondaire, comme ils travaillent déjà pour l'Etat, ils sont moins chers que nous, les vacataires. On ne doit pas payer toutes les charges. Je ne voudrais pas être méchante, mais, Anne, si on la payait vraiment pour ce qu'elle fait, avec ou sans charge, elle coûterait pas cher à l'Etat ... Je te balance une cassette vidéo. Merci Almodovar ! Ou un petit exercice de conjugaison. Merci la photocopieuse ! De temps en temps, quand elle est vraiment trop à la bourre, je lui file un cours. C'est normal, elle a pas le temps de préparer ses cours. Je vais quand même y aller à cette fête. C'est la crémaillère de sa nouvelle maison, avec (petite) piscine. Sûrement qu'il va y avoir un tas de profs. Au fond, c'est mieux que Bruno ne vienne pas, lui qui n'aime pas trop les profs. Faut pas exagérer, ils sont pas tous cumulards. Et puis, elle est sympa Anne. Et quand elle part en vacances, ou qu'elle a vraiment trop de boulot, c'est à toujours à moi qu'elle demande de la remplacer. C'est sympa de sa part, ça me fait des heures en plus. En ce moment, comme tout est cher... Bon, je mets un jeans et un pull. Mais tu sais, toi, de quoi ils causent les profs ? Ils parlent de politique, de boulot, de leurs élèves? T'aurais pas envie de venir?»
Non, j'ai rien à me mettre ! Tu me raconteras.

08.04.2008

ON EMBAUCHE !!!!

Chers visiteurs (f/h), bienvenue sur ce blog. J'allais vous parler, une fois de plus, de mon amie Carmen. Carmen, vous savez, mon amie vacataire. Souriante et sympa. Là, j'étais en train de rêver devant mon écran blanc - vous n'imaginez pas comme c'est dur d'écrire pour des lecteurs anonymes – et voilà on sonne à la porte. C'était elle, justement, Carmen.
- »Vakater, me dit-elle, j'ai pensé à toi. »
Entre nous, cela ne m'étonne pas, Carmen pense toujours aux autres. Si la discipline « empathie » était représentée aux Jeux Olympiques, elle raflerait plein de médailles, juste un peu moins que le Dalaï Lama, quand même.
« Regarde. Il y a une offre à l'ENTA . Ils veulent embaucher un prof de français langue étrangère. C'est le boulot que tu faisais avant de te faire virer, non? Tu dois postuler...
-Hein, mais Carmen... Ils m'ont virée justement parce que je demandais un poste, ou du moins un contrat de travail. Faut dire, comme ils étaient réticents, j'ai déposé ma demande au tribunal administratif. C'est pas une bonne base pour des relations amicales. Et puis, ils ont eu peur que je fasse école, que j'organise une rébellion des vacataires. Rien à craindre pourtant, les vacataires, c'est pas le genre à prendre d''assaut le Palais d'Hiver tous les matins. Enfin, résultat, virée...
- C'était une mesure disciplinaire. Et alors ... Tu as fait le boulot pour lequel ils veulent embaucher quelqu'un. Tu dois écrire, toi aussi. Evidemment, ils disent qu'ils souhaitent un doctorat. Souhaiter, c'est pas exiger... D'ailleurs, t'as vu, ils mettent même pas en quoi il faut avoir écrit une thèse. Justement, mon dentiste me disait qu'il en a marre, je vais lui dire ...
-Beaucoup de boulot, quand même, des cours, du travail administratif, recherche ...
-Je pars, je dois voir Bruno. Ecris ta lettre, toi ...
- Mais, Carmen, je n'ai aucune chance...
-Si tu n'écris pas, c'est clair. Et en plus, ils diront qu'au fond, tu n'étais pas intéressée par le poste, que tu n'avais pas envie de faire de la recherche. Tu te rends compte, ils veulent embaucher quelqu'un de l'extérieur alors que des vacataires font ce boulot d'enseignement du FLE depuis des années. C'est scandaleux, non? »
Carmen est rentrée chez elle. Moi, j'étais convaincue. Au lieu d'écrire une nouvelle note pour ce blog, j'ai répondu à l'annonce de l'ENTA ( l'ENTA est dans notre 'second life' du blog une grande école nationale où on s'occupe principalement des nouvelles technologies de la communication. Motus, j'ai pas dit ....). J'ai parlé de mes qualifications, de mes connaissances, de mes savoir-faire et savoir-être qui avaient été évalués plus d'une fois. J'ai parlé d'un projet de recherche super intéressant ... Mais honnêtement, je crois que j'ai peu de chances. Parce que, s'ils m'ont virée, c'est pour ne plus me voir. Mais vous, peut-être que ça vous intéresse. N'hésitez pas à répondre. Pour les lecteurs (f/h) de ce blog qui habitent dans d'autres régions, sachez que Brest est une ville fabuleuse. Bon, je vous donne le lien.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_04TB_1023.html

N'hésitez pas à répondre à cette annonce. Et puis, j'avais oublié. Ils cherchent aussi une perle rare pour enseigner l'anglais. Je veux dire, quelqu'un de vraiment bien, pas comme tous ces professeurs d'anglais vacataires qui travaillent dans cette école depuis des années. Tous des incapables, en fait. Je me demande pourquoi on leur donne des heures de cours, année après année. Ils n'ont pas de contrat, on pourrait les virer facilement. J'en connais un qui travaille là depuis 17 ans. Il ne sera pas embauché. Il continuera probablement à enseigner comme vacataire. Mais, vous ... Bonne chance.
http://www.institut-telecom.fr/p_fr_recrut_camp08_ensch_03TB_1021.html

Et le pire, vous savez ce que c'est, s'ils trouvent leurs super profs géniaux grâce à mon blog, qui a une sacré diffusion maintenant, ils ne penseront même pas à me dire merci.

15.03.2008

Carmen a (encore) un problème

Bonjour,
Pour en savoir plus si les origines de ce blog (encore une sombre histoire de vacataire mal luné) et les aventures de Carmen, allez faire un tour dans les archives. Vous saurez tout ou presque sur 'Carmen et le prix des nouilles', 'Carmen au pays des jouets' ... Appel aux commentaires du service public brestois ...

On ne parle plus que de ça, l’augmentation du coût de la vie. Dans l’immeuble de Carmen, ça râle à tous les étages. Employées, étudiantes, ouvriers, retraités et pères de familles ( choisissez vous-même le genre grammatical qui vous convient). Travailler pour gagner plus. Justement, on lui propose de travailler plus à Carmen. N’oubliez qu’elle est prof d’espagnol vacataire et qu’elle a perdu des heures après Noël. Avec le prix des nouilles et de l’essence… Et voilà que, jeudi, le chef de département de l’ENTA fait venir Carmen dans son bureau.
« Tu voudrais plus d’heures, non ? »
Il lui explique que B. - le chef de département d’une autre grande école publique de la région brestoise qu’il connaît bien (évidemment, ils se connaissent tous) – lui a fait part de ses besoins : un ou une vacataire qui assure 4 heures d’espagnol/semaine. Peut-être plus pour l’année prochaine. Mais pas sûr. Le problème, c’est que ce ou cette vacataire doit avoir un employeur principal. Un employeur principal, c’est super. Vous êtes sûr comme ça que votre vacataire ne va pas venir un jour vous embêter en brandissant le code du travail et en réclamant un contrat. Imaginez la pagaille : tous les vacataires qui protestent… Imaginez cette cacophonie. Tous les vacataires au Tribunal administratif . « Je travaille 6 heures/semaine depuis 10 ans, 8 heures depuis 4 ans…J’ai droit à … ». D’où l’utilité de l’employeur principal. Ouf… Heureusement qu’il est là. De toute façon, les directives sont strictes. On ne transige pas. Et puis des professeurs avec un employeur principal, on en trouve évidemment qui n’ont rien contre le cumul, une pratique pourtant réprouvée par les instances officielles de leurs syndicats. Un peu plus de beurre dans les épinards, ça ne se refuse pas, surtout avec le petit qui est à la fac et le prix des vacances à la neige. Mais cette fois, B. a beaucoup de mal, pas de cumulard pour les cours de lundi 18 heures, mardi 12 heures, mercredi 8 heures. Aucun professeur en poste n’est prêt à assurer cet emploi du temps. Comme un problème dans son vivier.
« Je sais, Carmen, tu n’as pas d’employeur principal. Mais, tu es intelligente, tu as envie de travailler. Tu pourrais t’inscrire en libéral comme Alison, la prof d’anglais. Pour elle, ça roule… C’est vrai, il y a moins de travail en espagnol. Mais réfléchis, si tu veux ces heures, tu t’inscris à l’URSSAF. D’ailleurs, c’est pareil pour la professeur d’allemand. Si elle choisit pas le statut libéral, on ne pourra pas la garder. Dommage, ça fait 7 ans qu’elle travaille ici. Mais les directives sont claires.»
Vous imaginez bien que Carmen réfléchit. Travailler plus à condition de choisir le statut libéral. C’est cornélien…
Faire des factures comme le garagiste et le plombier. Tenir une comptabilité. Se joindre à l’équipe des geignards : « Mes charges … » . Comme toutes les écoles n’accepteraient pas de la payer à la facture. Elle cotiserait donc à deux caisses de sécurité sociale. Et la retraite en libéral, ce n’est pas brillant. Tout le monde sait ça. Et l’Urssaf . L’Urssaf, le grand méchant loup dans le recueil des contes d’entreprises. Carmen sait tout cela et elle a un peu peur. Et Bruno, qui n’est pas d’accord.
« Enseigner, c’est la fonction d’une école. Non ? C’est un établissement public. Carmen, ton travail relève du service public. T’inscrire en libéral pour exécuter un travail qui relève du service public, c’est le délire.»
Ce qui dérange Carmen, c’est qu’en plus, elle ne cotisera pas au chômage. Travailler 10 , 15 ou 20 ans et n’avoir droit à rien… Et puis, le bébé, Carmen en rêve toujours. Et les congés de maternité en libéral, ce n’est pas génial. Réfléchis bien Carmen…

Je pense qu'on va la laisser réfléchir tout le week-end. Que va-t-elle faire ? Le suspens risque d’être insoutenable pour vous, je m’en doute. Pour vous détendre, allez faire un tour, peut-être dimanche dans votre bureau de vote… Bon samedi et à bientôt...

17.01.2008

LES VACATIONS DE CHRISTINE OCKRENT

VACATAIRES, PRECAIRES,JOURNALIERS DE LA PRESSE, DE L'EDUCATION, DU SPECTACLE, REJOUISSEZ-VOUS .
LA PIGE PEUT PAYER, VA PAYER


DEMANDEZ A MADAME OCKRENT



Polémique autour d'une pige de Christine Ockrent pour France 24
NOUVELOBS.COM | 16.01.2008 | 11:34

Selon Le Point, la journaliste est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire, réalisée en deux langues, pour France 24, une chaîne placée sous la tutelle du ministre des Affaires étrangères, son mari Bernard Kouchner.



Le site internet du Point rapporte, mercredi 16 janvier, que la journaliste de France 3, Christine Ockrent, est payée 120.000 euros par an pour une pige hebdomadaire pour la chaîne France 24 qui se trouve sous la tutelle de son mari, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Selon Le Point, Christine Ockrent serait payée en échange d'un billet réalisé en deux versions, en français et en anglais. Or "l'affaire vient de se compliquer la semaine dernière", avec l'annonce faite par Nicolas Sarkozy le 8 janvier que France 24 ne serait plus que francophone, divisant ainsi par 2 la "pige" de la journaliste.

Intervention de Kouchner

"Bernard Kouchner a immédiatement fait savoir son désaccord sur le fond avec Nicolas Sarkozy, et entend plaider, auprès du Président, la cause d'une France 24 multilingue", affirme Le Point, précisant, "pas de mesquinerie : ce n'est pas la pige de sa compagne qu'il entend défendre, mais bien le rayonnement du point de vue français dans le monde".

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